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Authentification : vers la fin des mots de passe ?
« Le mot de passe reste quelque chose d’universel pour la majorité des entreprises et assure toujours un niveau de sécurité », rappelle Bruno Caille, directeur technique de Cisco. En effet, le mot de passe est toujours très répandu même si la majorité des solutions a été conçue pour les cacher ; à l’origine, il y en a toujours un. Pour Jean Noël Galzain, le président directeur générale de Wallix, c’est de la science-fiction de se passer définitivement des mots de passe : « Je ne connais pas un système qui n’utilise pas de mot de passe, le sujet n’est pas là, il est sur comment j’améliore l’expérience de l’utilisateur pour que l’ergonomie soit la plus intuitive et efficace possible ». Par exemple, avec l’authentification unique SSO (Single Sign-On) fortement généralisée dans les entreprises aujourd’hui, on ne retient finalement qu’un seul mot de passe pour toute la durée d’une session comme le rappelle Cyril Patou, sales manager France chez Ping Identity.
L’importance de l’authentification multifacteur
A cela, l’idée est aussi de renforcer le niveau de sécurité de l’utilisateur. Comment ? En misant sur l’authentification forte ou multifacteur (MFA), une tendance très en vogue aujourd’hui. « Environ 30 % des entreprises ont déjà déployé des solutions MFA, certes, il y a encore fort à faire mais la prise de conscience est réelle », indique Olivier Morel, directeur général adjoint d’ilex. Il faut dire que les réglementations en vigueur pour certains secteurs comme la santé (ASIP) ou encore la finance avec le DPSP2 ont permis directement et indirectement l’accélération de l’authentification multifacteur dans toutes les entreprises. Ainsi, l’utilisateur va s’identifier avec un mot de passe puis se confirmer via un deuxième code à taper reçu par SMS sur son smartphone par exemple, via une clé privée ou directement en sans contact par le smartphone comme le propose Entrust Datacard. C’est d’ailleurs vers cette dernière option, le smartphone, que s’oriente la majorité des fournisseurs mettant en cause le manque de sécurité du code par SMS. En outre, cette authentification à deux niveaux prend tout son sens car elle confirme l’identité de l’utilisateur, en quelque sorte, il apporte la preuve de son identité. Avec une authentification unique, le pirate peut voler le nom d’utilisateur et le mot de passe, mais lorsqu’un autre facteur, via une MFA, leur est demandé pour accéder aux applications et aux données, le pirate est théoriquement bloqué et ne peut plus avancer. Résultat : une sécurité accrue notamment pour les accès à distance très répandus avec la mobilité et le télétravail durant le confinement.
Fin des mots de passe en associant des protocoles nouveaux à de la biométrie
Et si l’authentification forte servait de tremplin pour basculer vers une fin définitive du mot de passe, du moins physiquement ? « Il existe de nombreux travaux pour supprimer le mot de passe, ce dernier est devenu une faille puisque 80 % des attaques l’impliquent », juge Cyril Patou. De même, pour Arnaud Jumelet, Cloud & Security Advisor chez Microsoft France, la gestion des mots de passe coûte cher. « Si nous prenons l’exemple de Microsoft en interne, le reset des mots de passe nous coûte chaque année en frais fixe 3 millions de dollars et 6 millions en productivité, ce dernier chiffre est dû entre autres aux appels téléphoniques incessants au support IT. » Pour Xavier Plattard, responsable des activités Web Access Management d’Atos, la suppression des mots de passe entraîne 30 % de réduction de coûts pour le helpdesk.
L’un des travaux est notamment soutenu par l’alliance Fido (alliance regroupant plus de 250 sociétés dont Amazon, Microsoft, Google, Facebook, Ping Identity, etc.) avec l’API Web Authentification (WebAuthn) et le protocole Client to Authenticator Protocol (CTAP) regroupés au sein du projet Fido2. Un exemple concret de l’utilisation de Fido2 est donc celui de Microsoft avec Windows Hello, ce dernier permet effectivement de se connecter aux ordinateurs équipés d’un dispositif approprié (lecteur d’empreinte digitale et/ou faciale, clé privée biométrique, etc.) sans taper un mot de passe. Chez Okta, le mot de passe pourrait également vivre ses derniers jours avec FastPass, toujours en l’associant à la biométrie et en lui ajoutant de l’intelligence ou comment analyser les comportements des utilisateurs lorsqu’ils se connectent à leurs applications. En effet, l’intelligence artificielle sert de plus en plus de support à la suppression des mots de passe en contextualisant les accès en temps réel.
Vers une adoption progressive des plateformes de gestion des identités
Il n’est pas rare de rencontrer des utilisateurs dans les entreprises qui doivent retenir plus de 10 mots de passe qu’ils notent sur des post-it ou dans un fichier Excel. Et face à ce constat, les DSI se doivent de garantir la sécurité de leurs accès d’autant que les collaborateurs évoluent aujourd’hui dans des environnements hybrides. Les grands comptes, au départ réticents de par leur investissement historique sur des solutions anciennes de type best of breed mais aussi, pour certains, leur aversion au cloud, s’équipent désormais de plateformes de gestion des accès et des identités (IAM) à l’instar d’Engie qui a déployé la plateforme Okta auprès de plus de 120 000 utilisateurs dans 60 pays en moins de six mois. Pour faciliter l’adoption de ce type de plateforme, l’un des chantiers les plus importants aujourd’hui dans les grandes entreprises est de faire monter en compétences les équipes IT selon Bruno Caille, directeur technique de Cisco. C’est bien sûr moins vrai dans les ETI et les grandes PME où les compétences sécurité sont moins étoffées, de ce fait, cette typologie d’entreprises se tourne en priorité vers des solutions packagées. « En effet, dans les PME et ETI, la notion des identités est vue comme un service avec un contrat adapté », confirme Nicolas Petroussenko, vice-président de l'Europe du Sud et Country Manager France chez Okta.