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L'IA, déjà bien présente dans les solutions de sécurité et les SOC
« Nous exploitons le machine learning depuis plus de 20 ans dans les solutions Cisco et dans notre centre de renseignements Talos », indique Éric Vedel, directeur activités conseils en cybersécurité chez Cisco. Même écho chez l’éditeur ESET qui utilise le machine learning (ML) depuis 1997 selon Benoit Grunemwald, directeur des affaires publiques. Et pour John Shier, Field CISO Threat Intelligence chez Sophos, l’usage des algorithmes IA, dont le deep learning, dans la détection des malwares a déjà fait ses preuves. Rappelons que ces algorithmes intelligents peuvent détecter - à partir de grandes quantités de données - des anomalies et des vulnérabilités qui pourraient passer inaperçues pour les analystes humains. Ils permettent aussi d'automatiser quotidiennement de nombreuses tâches répétitives, notamment dans la gestion des habilitations, libérant ainsi du temps et des ressources pour les équipes de sécurité. Dans la réponse aux incidents, ces algorithmes ML garantissent aussi de mieux contenir une menace avant même qu'elle ne se propage, cette rapidité d'action étant cruciale pour minimiser l'impact des cyberattaques.
L’arrivée des assistants IA pour épauler les analystes
A ces formes d’IA, se sont ajoutés depuis deux ans, l’IA générative et son assistant conversationnel. « Depuis 2024, année de la création de notre agent conversationnel AI Advisor, les analystes dans les SOC peuvent désormais discuter en posant les bonnes questions en langage naturel. Par exemple : que se passe-t-il dans le réseau ? Quelle est la réponse à apporter ? Cet agent représente un véritable gain de temps pour les analystes de niveau 1 car il leur permet d’éliminer beaucoup de bruit. Pour les analystes de niveau 2 et 3, AI Advisor va permettre de rentrer plus dans les détails avec rapidité et profondeur. C’est grâce à cet assistant que l’utilisateur va remonter le fil des événements et affiner une éventuelle remédiation », explique Benoit Grunemwald. Et pour être le plus pertinent dans ses réponses, AI Advisor s'appuie sur ses nombreuses données collectées partout dans le monde pour analyser et classer les menaces potentielles en temps réel. « Plus cet agent sera exploité, plus il sera efficace, nous en sommes qu’au début mais déjà une centaine de nos clients exploite AI Advisor en France », indique le porte-parole d’ESET. Bien sûr, ces assistants IA existent chez les éditeurs concurrents d’ESET comme Sophos avec son assistant qui aide à conseiller les analystes pour neutraliser les adversaires plus rapidement. Citons aussi Companion chez Trend Micro, là aussi, les analystes de tous les niveaux peuvent agir plus rapidement et mieux comprendre des scénarios complexes. Idem chez WithSecure avec Luminem ou encore Cisco avec AI Assistant. « Notre assistant, présent dans nos différentes plateformes, a été conçu pour aider les analystes, les augmenter en quelque sorte. Ils peuvent ainsi le questionner en lui demandant : est-ce que le flux 443 est bloqué et comment je peux le désactiver ? Et ainsi obtenir les bonnes réponses instantanément », conclut sur ce point Eric Vedel.
Vers une suppression des analystes de niveau 1 dans les SOC
L’intégration de ces assistants IA dans les solutions de cybersécurité répond aussi à la pénurie de compétences dans ce secteur. Evidemment, hors de question pour John Shier, Field CISO Threat Intelligence chez Sophos, d’imaginer un SOC entièrement autonome où l’humain n’aurait plus sa place avec l’arrivée de ces assistants, du moins pour les analystes de niveau 2 et 3. En revanche, pour les analystes de niveau 1, en gros toutes les ressources de bas niveau qui gèrent essentiellement le bruit, l’IA associé au ML les remplace progressivement. De nombreux SOC fonctionnent déjà sans analystes de niveau 1, c’est le cas du SOC de Nomios qui s’est appuyé, dès sa création il y a quatre ans, sur l’automatisation pour offrir un temps de détection, de triage et d’analyse extrêmement rapide et qualitatif. Depuis, le SOC de Nomios s’est même enrichi de Qevlar AI, une plateforme d'investigation autonome boostée à l’IA Gen ; Eric Bohec, CTO de Nomios, parle d’ailleurs d’analystes augmentés qui se focalisent davantage sur des missions critiques et à plus forte valeur ajoutée. En effet, l’IA de Qevlar a permis de libérer les 60 analystes de niveau 2 de Nomios d'une partie des tâches telles que l'investigation initiale des alertes. Par exemple, un rapport d'investigation, qui nécessitait jusqu'à 30 minutes d'analyse manuelle, peut désormais être produit en 3 minutes. En conséquence, les analystes de niveau 2 peuvent approfondir leurs compétences pour évoluer vers l’analyse de niveau 3 (certification BTL2) selon le CTO de Nomios.