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Omnissa veut étendre la gestion des terminaux aux agents IA

Nommé CEO d'Omnissa en septembre dernier, Amit Singh entend positionner l'éditeur sur la sécurisation des environnements de travail à l'heure des agents IA. Pour lui, les outils de gestion des terminaux doivent désormais permettre de découvrir, contrôler et encadrer ces nouveaux utilisateurs logiciels.

· 3 min de lecture

L'arrivée des agents capables d'exécuter des tâches de manière autonome modifie les règles de sécurité des systèmes d'information. Alors que les salariés multiplient les assistants IA, parfois sans validation de leur DSI, les entreprises perdent progressivement de la visibilité sur les outils qui accèdent à leurs données. C'est l'un des sujets abordés avec Amit Singh, le nouveau CEO d'Omnissa, lors d'un entretien réalisé dans le cadre de sa venue en Europe. En parallèle, l'éditeur a profité de l'événement Omnissa ONE EMEA, organisé le 4 novembre à Amsterdam, pour annoncer l'extension de son offre souveraine à de nouveaux marchés. Passé par Google Cloud et Palo Alto Networks, le dirigeant entend faire de la gestion des terminaux un point de contrôle central de cette nouvelle génération d'usages.

Des dizaines d'agents par terminal

Pour Amit Singh, l'évolution est déjà engagée, l'IA ne se limite plus à un chatbot auquel un collaborateur soumet une question avant de récupérer une réponse. Les agents commencent à prendre en charge des missions complètes, de façon synchrone ou asynchrone. « On va passer d'une personne utilisant un agent à une personne orchestrant plusieurs agents », anticipe-t-il.

Le dirigeant cite son propre environnement de travail, dans lequel il utilise déjà une dizaine d'agents. Il estime que leur nombre pourrait rapidement atteindre plusieurs dizaines sur un ordinateur portable ou un smartphone. Certains se répartiraient les étapes d'un même processus comme retranscrire une réunion, rédiger un premier compte rendu, puis vérifier les informations produites.

« Ce n'est pas techniquement difficile à mettre en place », souligne-t-il, en évoquant la possibilité d'enchaîner ces opérations sans intervention humaine entre chaque étape. « Un autre agent pourrait ensuite relire ce brouillon afin d'en détecter les éventuelles hallucinations ou erreurs. », ajoute t-il. Cette autonomie accrue soulève néanmoins des questions de sécurité. Les agents fonctionnent avec des identifiants, des droits d'accès et des ressources qui peuvent dépasser ceux dont ils ont réellement besoin.

Du shadow AI au contrôle des agents

Lors de notre échange, Amit Singh a également détaillé les travaux d'Omnissa autour de la gestion des agents IA sur les terminaux. Le dirigeant considère que les outils de gestion des postes de travail et des smartphones peuvent jouer un rôle dans leur encadrement, puisque les utilisateurs interagissent avec ces agents depuis leurs équipements, même lorsque ceux-ci s'exécutent dans le cloud.

« La première étape de la gestion des agents consiste à les découvrir », explique Amit Singh. Cette phase d'inventaire peut réserver des surprises, certaines organisations découvrent des centaines, voire des milliers d'instances sur leur parc informatique. Une fois cet état des lieux réalisé, les équipes IT peuvent appliquer des politiques adaptées. Il devient par exemple possible d'autoriser un assistant personnel sans lui donner accès aux fichiers professionnels, ou de bloquer le transfert de données sensibles vers un service externe.

Le contrôle doit aussi porter sur les capacités accordées aux agents, notamment  l’accès à Internet, la durée d'exécution, les répertoires accessibles ou les applications autorisées. Pour les tâches les plus sensibles, Omnissa travaille sur des environnements isolés, hébergés dans les centres de données des entreprises. L'agent n'y disposerait que des applications et identifiants nécessaires à sa mission, avant que cet environnement soit supprimé une fois le travail terminé.

Cette approche privilégie la prévention plutôt que la seule détection des incidents. « La détection et la réponse restent nécessaires, mais elles peuvent être trop lentes lorsque les attaques se déroulent à la vitesse des machines », estime le dirigeant. Il insiste également sur la nécessité de conserver une supervision humaine : « Nous voulons que la sagesse, et pas seulement l'efficacité, reste une partie du processus. »

La souveraineté étendue jusqu'aux terminaux

Cette volonté de mieux encadrer les agents IA se retrouve également dans la stratégie de souveraineté numérique d'Omnissa. L’entreprise a annoncé l'extension de son offre Sovereign Solution à huit marchés en Europe et en Asie, dont la Slovaquie, la Corée du Sud et l'Inde. La France figure parmi les sept prochains pays visés.

Cette offre repose sur quatre principes : hébergement local des données, exploitation du service par une entité locale certifiée, support technique sur place et contractualisation avec un partenaire du pays. Elle s'appuie notamment sur Workspace ONE et Horizon, avec des possibilités de déploiement dans les centres de données des clients.

Pour Amit Singh, la souveraineté ne se résume plus à choisir le pays dans lequel sont stockées les données. « Il faut aussi savoir où les agents s'exécutent, quelles ressources ils peuvent utiliser et qui contrôle l'infrastructure sous-jacente. » Une évolution qui place les terminaux au cœur de la gouvernance de l'IA en entreprise.

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