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Big data, un nouveau défi pour les entreprises
Ce n'est plus une surprise, le concept de big data devrait avoir la part belle des investissements en 2012. Et pour cause, ce phénomène est la réponse à la multiplication des données à traiter, surtout celles qui ne sont pas ou peu structurées en provenance des réseaux sociaux, des sites de vidéos en ligne, des emails, etc. «La consumérisation IT a fortement contribué à l'explosion des données dans les entreprises et donc du big data » indique à juste titre Fabrice Endlicher, directeur des ventes Europe du Sud et Benelux du distributeur à valeur ajoutée Stordis.
En 2011, 1,8 zétabytes de données se sont échangés selon le cabinet d'études américain IDC, ce qui équivaut à remplir 57,5 milliards d'iPad d'une capacité de 32 Go. L'augmentation effrénée des volumes de données est aussi à mettre en parallèle avec l'explosion de la data mobile (usage intensif des smartphones), des usages convergents et multi-terminaux en entreprise. Bref, selon IDC, d'ici à 2020, l'accroissement du volume d'information à gérer sera 50 fois supérieur.
Fort de ce constat, on comprend mieux le phénomène du big data. Mais, cette croissance exponentielle des données interpelle sur la gestion de leur cycle de vie, leur qualité, leur sécurité et surtout leur traitement. Selon une étude menée par l'éditeur LogLogic et le cabinet de conseil Echelon One en janvier-février auprès d'un panel international de 207 entreprises, 67% de ces dernières avouent que la gestion de toutes ces données représente un enjeu important voire sensible. Sensible car les données semi-structurées et non structurées sont problématiques à exploiter contrairement aux informations transactionnelles du système d'information.
Les entreprises sont et seront confrontées aux limites des systèmes existants de base de données relationnelles qui ne sont plus à même de traiter et d'être ainsi rentables pour faire face à ces volumes énormes de données non structurées. « Il y a 10 ans, les données étaient à 70% structurées pour 30% d'informations non structurées. Demain ça serait l'inverse. Cela signifie que le datawarehouse risque de s'isoler de plus des 2/3 des données. Ce n'est donc plus acceptable » s'alarme Gilles André, directeur général de Polyspot. De plus, le poids de la donnée non structurée est extrêmement important ce qui dégrade les performances. Par exemple, l'exécution de certaines ressources et requêtes (plusieurs milliards de lignes) critiques pour l'activité de l'entreprise peut réclamer plusieurs heures à partir des systèmes traditionnels alors qu'il faut au mieux quelques secondes sur des plateformes nouvelles générations très évolutives de type «big data ».
Parallèlement à la vétusté des systèmes déjà existants en interne, les entreprises font aussi face à un déficit en compétences nécessaires pour exploiter les possibilités qu'offre le croisement des big data avec l'analyse de données. Il faut dire que les opérations à réaliser (chargement de données, extraction, transformation, traitement, etc.) réclament une certaine expertise dans ce domaine. D'ailleurs, selon les résultats d'une enquête effectuée par le groupe EMC auprès d'environ 500 data scientists, un spécialiste du big data, au niveau mondial, la majeure partie des entreprises aujourd'hui souffrent de cette carence en compétences. Ainsi, 32% des personnes interrogées estiment qu'elles manquent de compétences et de formation, 32% d'entre elles confient un manque de budget ou de ressources, 14% des entreprises avouent qu'elles n'ont pas une structure organisationnelle adaptée et 10% des personnes relèvent une pénurie d'outils et de technologies.
Un nouvel eldorado pour les éditeurs
Globalement, le big bata reprend les mêmes problématiques que le décisionnel (Business Intelligence) même si, théoriquement, la BI se concentre davantage à l'exploitation de données à des fins de monitoring et d'aide à la décision, alors que le big data, s'ouvrant en plus à des informations présentes à l'extérieur de l'entreprise, est plus focalisé sur l'utilisation d'outils d'analyse et d'algorithmes afin de générer des données prospectives devant mener à l'innovation. Cela dit, big data ou Business Intelligence, tous deux ont pour objectif des analyses de données pertinentes et en temps réel de préférence.
Ainsi, tous les acteurs spécialisés dans l'analytique, l'intégration, l'extraction et l'analyse de données s'intéressent à ce nouvel eldorado pour pousser leurs offres. On peut citer Japersoft, Pentaho ou Quantum 4D pour leur solution décisionnel mais aussi Terradata avec Aster Data Analytic Platform, EMC avec Greenplum Data Appliance Computing, Oracle avec Exadata, HP avec Vertica Analytics Platform, IBM avec Netezza et BigInsights, SAS avec Business Analytics, SAP avec Sybase IQ VLDP, Talend Open Studio for big data, etc.
Du côté des entreprises, elles se montrent attentives. « Nos clients confirment leur intérêt pour le big data, avec des Business Cases confirmés par les pilotes en cours dans les secteurs du retail, de la logistique et autour des usages du social média qui va constituer une vraie rupture technologique. Néanmoins, les technologies sont toutes encore assez récentes, et il est encore tôt pour confirmer qu'elles seront les solutions majeures dans 3-5 ans » reconnait Eric Blum, le CTO de BMC Software pour l'Europe et le Moyen Orient.