Article 1 sur 5
Big Data : 2014, une année de transition qui ouvre la voie vers une industrialisation des offres
« En 2012, le Big Data en France, c'était d'abord comment ça marche ? En 2013, c'était aidez-nous à trouver des cas d'utilisation ! Et en 2014, nous avons quelques cas d'utilisation et les clients veulent aller plus loin dans les projets pilotes », lance Laurent Ridoux, responsable big data chez HP. Contrairement aux Etats-Unis où les projets big data sont en cours d'industrialisation, en France (à l'exception de précurseur comme le Crédit Mutuel, c'est à partir de l'année dernière que nous avons commencé à voir les banques, les grands acteurs des télécommunications, la grande distribution, le tourisme et le secteur du e-commerce s'intéressaient aux solutions big data. « Pour avoir une vue à 360 degrés de leurs clients, la France est effectivement très en retard dans le traitement des données. Mais ça bouge, Orange, par exemple, a signé un partenariat avec le Comité du tourisme Côte-d'Azur pour analyser les déplacements et les comportements des touristes afin de mieux les orienter dans leurs choix (accueil, hôtels, restaurants, achats, etc.) ou encore EDF qui déploie ses compteurs intelligents », cite Emmanuel Brochard, responsable des ventes de Pentaho en France. Précisons que Pentaho, présent sur le salon Big Data les 1er et 2 avril au CNIT à La Défense, a d'ailleurs invité l'un de ses clients TravelTaiment (société du groupe Amadeus qui propose une plateforme permettant de comparer les offres de voyage en ligne mais aussi celles des agences) à venir témoigner sur le traitement des données dans un projet de big data. En effet, pour accélérer l'analyse des données et fournir un meilleur service à ses clients, TravelTaiment a déployé Pentaho Business Analytics. Résultat : un traitement deux à trois fois plus rapide dans la génération de rapports clients.
Des projets concrets...
Autre exemple, celui de Conexance, une société spécialisée dans le marketing digital créée en 2006 et qui a mis au point une base de données mutualisée à destination des enseignes qui ont des relations à distance avec leurs clients. Cette base centralisée contient 300 bases d'enseignes (environ 700 millions de transactions), lesquelles contiennent toutes les données clients. Ainsi, Conexance peut accompagner ces enseignes, via des modèles prédictifs, dans des phases de conquête et de fidélisation de nouveaux clients. La société a donc déployé Visual Analytics de SAS pour faire tourner plus rapidement les modèles d'exécution et pour fournir à ces enseignes une connaissance plus approfondie de leurs clients finaux. Conexance va plus loin que le simple reporting, l'objectif est de rendre les données issues de ces différents reporting plus opérationnelles pour que derrière les enseignes puissent créer de nouvelles opportunités.
...mais encore sensibles et confidentiels
On le voit les projets autour du big data se multiplient en France, l'un des plus médiatisés étant celui de Criteo, le spécialiste du ciblage publicitaire qui s'était livré, lors des Techdays 2013, à expliquer ses problématiques liées à la fois au volume (un trafic quinze fois plus important que celui d'eBay chaque jour) et au temps réel (création de bannières en 6 millisecondes en tenant compte des actions antérieures de l'internaute). Pour mener à bien son activité, Criteo a donc déployé une plateforme Hadoop associée à HP Vertica (traitement massivement parallèle) et la technologie In-memory pour gérer des gros volumes. Ces quelques témoignages (voir partie 4 pour le cas du groupe Le Nouvel Observateur) que nous avons pu remonter dans notre enquête restent assez rares. Et pour cause, selon Laurent Ridoux, les projets sont encore très sensibles en France. De plus, le responsable du big data chez HP admet que si les projets sont plus nombreux en dehors de notre pays, notamment aux Etats-Unis ou en Angleterre, cela s'explique aussi par un cadre réglementaire français sur la protection des données bien plus contraignant par rapport à certains pays.