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La datavisualisation : un regain d'intérêt dans l'entreprise
Lors de notre IT Tour 2017, notre rédaction a pu constater ce regain d’intérêt des solutions de datavisualisation dans les entreprises. En effet, un débat sur cette thématique a permis de constater les nombreux projets déjà opérationnels ou en cours comme celui des aéroports de Lyon où Vincent Voinot, son DSI, avait exposé les grandes lignes de son projet sous DigDash Enterprise, relié à Business Object, et apportant des indicateurs temps réel. Un centre de commandement regroupant sur un mur d'écran des données temps réel était même dans les cartons. Autre exemple, celui de la société N.Schlumberger qui conçoit des machines de production pour l’industrie du textile, la société a remplacé son ancienne application décisionnelle par la solution datavisualisation de Qlik, plus légère et plus simple à prendre en main par les métiers. Après un POC de trois jours, Qlik a été choisie et adaptée pour répondre aux besoins de 200 utilisateurs. Pour Antoine Buat, CEO de DigDash, ce regain d’intérêt s’explique essentiellement par la quantité de données existantes à traiter : « Il y a quelques années, nous parlions de big data, de datalake, toutes ces données stockées, il faut pouvoir les exploiter et les visualiser en toute simplicité. »
De son côté, Rémi Griveau, responsable business solutions chez SAS France, constate toujours qu’Excel est encore massivement utilisé pour créer des tableaux de bord, ces offres de dataviz représentent donc une réelle alternative. Un exemple, celui du conseil régional du Centre-Val de Loire : « Nous avions pas mal d'Excel en interne, le problème c'est que ce n'était pas adapté pour du reporting car les métiers avaient du mal à identifier et faire remonter les indicateurs pertinents », reconnaît Frédéric Daudin, le DSI. Désormais, le conseil régional du Centre-Val de Loire exploite Qlik. Un avis que partage Rémi Griveau qui évoque l’importance d’offres capables de répondre aux besoins des métiers avec plus de simplicité. Le porte-parole de SAS admet notamment que l’apparition des nouveaux outils a permis de répondre au manque de souplesse des traditionnels outils de BI. « Les acteurs traditionnels de la BI capitalisent toujours sur leur parc existant, il y a peu d’innovations et ces outils sont difficiles à piloter », enchérit Antoine Buat. Il faut dire que les rachats successifs des différentes plateformes existantes (Business Objects par SAP, Cognos par IBM ou Hyperion par Oracle) ont stoppé net leur innovation dans un premier temps. Dans ce temps, de nombreux autres acteurs (Qlik, Tableau, Microsoft, DigDash, Toucan Toco, etc.) ont su en profiter pour proposer des solutions très visuelles et simples à utiliser. « Dans notre étude BI Survey 2018, l’analyse visuelle et le self-service sont les deux fonctionnalités prioritairement recherchées en 2018 avec respectivement 60 % et 58 % des répondants. Par analyse visuelle, il faut que le graphique parle de lui-même, les yeux, c’est-à-dire les formes et les couleurs, plus que la compréhension et l’analyse des chiffres. Et pour le self-service, cela signifie que la conception du tableau de bord et sa maintenance évolutive doivent être confiées aux utilisateurs métiers et non plus aux informaticiens », constate Emmanuel Lartigue, analyste consultant chez teknowlogy Group (ex CXP).
Et les acteurs français ? Plutôt bien présents
Si on se réfère uniquement au Magic Quadrant du Gartner, la domination du marché de la dataviz est américaine : les leaders Tableau, Microsoft et Qlik, sans oublier le challenger MicroStrategy. Toutefois, selon Emmanuel Lartigue, analyste consultant chez teknowlogy Group (ex CXP), face aux poids lourds américains, les acteurs français, qui ne disposent pas des mêmes moyens fonctionnels et financiers, peuvent malgré tout rivaliser sur certaines attentes des utilisateurs, notamment dans la BI embarquée (Embedded), la BI Analytics ou encore l’accessibilité en mode SaaS. « Pour la BI embarquée, l’idée est de placer dans une application métier (un CRM, un portail web client ou fournisseur, une solution ITSM de gestion des moyens informatiques) une datavisualisation pertinente et contextuelle soit complètement incrustée dans l’application, soit dans une fenêtre à côté sur le même écran. Pour cela, des solutions françaises comme DigDash, Report One, Biboard sont particulièrement pertinentes », indique Emmanuel Lartigue. Pour le cabinet d’études, la BI Analytics est la deuxième catégorie qui prend de l’ampleur en France. « Cette tendance concerne des produits avec des fonctionnalités poussées en mathématiques et en analyse des données, éventuellement à usage des data scientists. Sur ce créneau-là, certains acteurs français comme Coheris, Dataiku, ISoft et Serenytics sont très bien positionnés ». Enfin, la dernière tendance concerne la cloudification des offres et, là aussi, teknowlogy Group met en lumière quelques acteurs français précurseurs : « En effet, les applications, en mode SaaS et la mobilité qui va avec, pensées à la manière des apps pour smartphones, sont recherchées. Sur le marché français, des acteurs comme Toucan Toco, Captain Dash ou encore Bime (désormais filiale de Zendesk) sont bien placés », conclut Emmanuel Lartigue.
La préparation des données, un prérequis obligatoire à tout projet dataviz
Romain Bottan, CISO de BoostAerospace et membre du Cesin, alerte sur la nécessité de bien classifier les données (sensibles, non sensibles, personnelles) avant toute injection pour traitement dans des systèmes analytiques et/ou de reporting. « La donnée c’est comme une pierre brute, il faut la tailler pour lui donner une forme. Les données arrivent dans un format précis, prenons l’exemple des coordonnées GPS, l’application doit comprendre ces données pour associer celles-ci à une ville, il en est de même pour les séries temporelles », souligne Rémy Grivaux, responsable business solutions chez SAS France.
Selon Emmanuel Lartigue, analyste consultant chez teknowlogy Group, la préparation des données est une fonctionnalité très recherchée dans les outils de dataviz par les utilisateurs métiers. « La préparation des données s’effectue souvent par des ETL ou via des applications dédiées que proposent entre autres de nombreux pure-players. En 2018, nous avons constaté une forte demande de la part des utilisateurs métiers sur des outils de data préparation qui soient directement intégrés dans l’offre dataviz pour plus d’efficacité et surtout de simplicité. En soi, nous retombons dans du datamanagement où les utilisateurs doivent être capables de manipuler eux-mêmes de plus en plus de données, de les nettoyer, les redresser, les épurer avant de les traduire sous forme de graphiques et pouvoir les présenter. Il faut aussi laisser la data preparation dans les mains des métiers ». Bien sûr, de nombreux éditeurs n’ont pas la prétention de devenir des spécialistes de l’ETL comme savent le faire les spécialistes du secteur, ils proposent généralement des systèmes d’ETL légers.