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IA : phase 2 de la transformation numérique
« L’objectif de la transformation numérique est bien d’améliorer l’efficacité opérationnelle des entreprises », rappelle en introduction Marcien Amougui, directeur de la practice transformation digitale au sein de l’ESN Umanis (en illustration principale). Pour cet expert du conseil IT, il ne suffit pas de tout bousculer et déployer des solutions technologies qui remplacent un existant, bien au contraire, sa mission est de répondre à une problématique posée par les entreprises clientes, puis de trouver la solution adéquate en prenant aussi en compte le legacy. Pour illustrer ses propos, Marcien Amougui cite l’exemple d’un projet réalisé pour le compte d’une filiale d’EDF spécialisée dans la valorisation des déchets. « Dans ces usines de retraitement et de transformation des déchets en chauffage urbain, il existe de nombreux équipements industriels qui réclament de la maintenance, des contrôles et des relevés. Jusqu’à présent, toute cette collecte d’information s’effectuait manuellement par des techniciens travaillant en trois-huit. Ensuite, les informations étaient ressaisies dans un ERP central. Le souhait de l’entreprise était donc de digitaliser ce processus pour supprimer ces tâches manuelles et améliorer l’expérience de l’utilisateur. Grâce au travail de nos équipes, les techniciens équipés de tablettes effectuent ces relevés, lesquels sont, par la suite, automatiquement synchronisés dans l’ERP ».
De l’automatisation à l’IA, le véritable moteur de la transformation numérique
En soi, ce projet de transformation par le numérique n’a rien d’exceptionnel, il en existe des dizaines mais il a clairement permis d’améliorer la productivité. Car c’est bien là le nerf de la guerre des entreprises d’améliorer cette fameuse productivité, souvent par cette automatisation des tâches en s’aidant par exemple de RPA (Robotic Process Automation). Et la majorité des projets de transformation numérique en cours vont dans ce sens, à savoir un recours massif à l’automatisation. Passée cette première phase d’automatisation, les entreprises veulent aller plus loin aidées en cela par l’IA. « Si je reprends l’exemple du projet de la filiale d’EDF, la phase 2 consiste donc à s’orienter vers une usine intelligente et connectée en s’aidant d’objets connectés situés sur les équipements industriels, ces objets permettront ainsi d’envoyer directement et de manière autonome les informations à l’ERP et de fournir, via des jeux d’algorithmes, des analyses plus poussées pour optimiser un peu plus ces équipements et améliorer davantage le parcours du technicien », poursuit Marcien Amougui. Vous l’aurez compris au travers de cet exemple illustré, l’IA apporte cette valeur ajoutée de la transformation numérique moderne.
Deux exemples français
L’éditeur français SideTrade, spécialisé dans les solutions prédictives à destination des services financiers, marketing et commerciaux, a pu mesurer l’apport de l’IA dans le développement de ses solutions depuis son introduction en 2016, notamment avec l’outil Aimie qui permet de comprendre le comportement des paiements des entreprises, de recommander la meilleure action de relance de paiement et d’engager chaque client via le meilleur canal de relance. «Lors de nos tests effectués sur plus de 40 millions d’actions de relance, Aimie s’est ainsi avérée 53% plus efficace dans ses recommandations que les actions suggérées par des solutions traditionnelles de workflows, en supprimant dans le même temps plus de 51% des tâches inutiles réalisées par les équipes, améliorant ainsi fortement leur productivité et l’intérêt de leur travail au quotidien », se réjouit Olivier Novasque, PDG de SiteTrade. Aimie puise son intelligence dans l’immense base de données de l’éditeur composée de 40 millions de relances clients. Cette IA, SiteTrade l’a aussi intégrée dans sa solution de prospection commerciale dont l’objectif est, in fine, de transformer un prospect en business avec un taux de réussite trois fois supérieur aux outils traditionnels, en puisant, là aussi, dans des bases de données privées mais aussi publiques (Insee) ainsi que dans le web via les réseaux sociaux entres autres. Olivier Novasque préfère d’ailleurs parler d’intelligence augmentée car l’éditeur, au travers de ses solutions, augmente la capacité de l’utilisateur. Ce savoir-faire, SideTrade l’a acquis dans ses équipes de R&D composées de datascientists et par des acquisitions. Quant à Thomas Bourgeois, CEO de l’éditeur français Dhatim qui a conçu Conciliator, un moteur IA d’automatisation des processus achat, finance et RH, l’IA représente une vraie disruption technologique et qui nécessite un haut niveau d’exigence et de compréhension.
A ce titre, l’éditeur s’est associé au cabinet Groupe EPSA (rentré au capital de Dhatim), spécialisé dans le conseil en organisation et en performance opérationnelle. Avec Conciliator, Dhatim automatise le traitement des factures mais l’IA (Machine Learning), permet, grâce à une extraction et une analyse très fine des informations contenues dans les factures, de les auditer, de cartographier les achats en temps réel à la ligne ou à l’article près, et ainsi de découvrir des gisements d’optimisation de coûts insoupçonnés. Grâce au Machine learning la technologie de cette plateforme est auto-apprenante, chaque expertise ajoutée, vient l’enrichir. Ces deux exemples montrent parfaitement le savoir-faire français dans ce domaine qui n’est pas seulement réservé aux américains et aux chinois comme nous le concédons trop souvent.
L’IA, nouveau cheval de bataille des fournisseurs
D’ailleurs, l’IA est devenue l’attrait de toutes les entreprises du numérique, le nombre de startups a explosé autour de l’IA et la France occupe une bonne place avec ses 130 entreprises recensées (chiffre issu d’une étude réalisée par Capgemini et Ecap Partner, http://www.barometre-startups.org/), 75 % de ces startups exploitant les technologies de machine learning et de deep learning. Selon le site de recrutement Indeed, la France serait même le 7e pays mondial qui recruterait le plus de profils IA. A l’instar des startups, l’IA fait aussi partie de l’ADN des ESN, des éditeurs et même des fabricants d’imprimantes comme Kyocera Document Solutions qui, via l’application intelligente Fleet Services, permet d’effectuer de la maintenance prédictive à distance sur les imprimantes. « Avec cette solution, nous sommes effectivement capables de superviser un certain nombre de sous-alertes et d’anticiper des pannes comme les bourrages papier ou de donner des informations plus précises, par exemple, sur la date à laquelle va se vider la cartouche et non plus un simple pourcentage. Ces actions ont été rendues possibles par l’exploitation de nombreuses données et de l’apprentissage », conclut Benjamin Claus, responsable marketing produits chez Kyocera Document Solutions.