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Des IA génératives adaptées aux besoins métiers
Les projets autour de l’IA générative se multiplient et répondent désormais à de vrais besoins métiers. « Nous travaillons surtout sur des projets permettant d’augmenter les collaborateurs. Par exemple dans l’assurance, un téléconseiller va se servir d’un assistant pour mieux répondre, le gain et le ROI sont vites perceptibles. Ainsi, un client qui souscrit à une police d’assurance peut le faire en 7 minutes avec un téléconseiller augmenté alors qu’il lui aurait fallu 25 minutes en temps normal par téléphone. Nous allégeons la charge mentale du téléconseiller, n’oublions pas que ces modèles d’IA générative sont prescriptifs, c’est-à-dire qu’ils vous donnent une solution, mais aussi l’explication », donne en exemple Stéphane Roder, président d'AI Builders, un cabinet de conseil spécialisé dans l’IA et enseignant spécialiste de l’IA. Cet exemple en suit bien d’autres comme l’accès au parcours client, Cdiscount exploite l'IA générative pour conseiller ses clients sur ses produits et ça marche, l’entreprise fait état d'un taux de satisfaction de 70 % sur le nouveau chatbot, c'est ainsi trois fois plus que les générations précédentes de chatbots n'intégrant pas l'IA générative. De son côté, Amazon exploite l’IA générative pour la mise en ligne d’un nouveau produit. Amazon facilite donc le processus de création de fiches-produits et permet ainsi à ses vendeurs de générer un titre, une description et d’autres précisions sur le produit en partageant quelques lignes descriptives ou une photo du produit. Selon Amazon, plus de 30 000 vendeurs partenaires européens vendant sur Amazon ont déjà utilisé un ou plusieurs de ces outils d’IA générative. En outre, l’IA générative facilite aussi la vie des techniciens SAV, c’est d’ailleurs dans ce contexte que le groupe de distribution IT à valeur ajoutée Alliance-Com a créé Alliance-Com.ai, un chatbot qui permet à un technicien de résoudre plus facilement un problème technique lié au réseau par exemple. Pour obtenir la meilleure réponse, Matthieu Chessari, directeur marketing du groupe, explique que l’assistant Alliance-Com.ai a été entraîné, d’une part, avec les informations techniques des fournisseurs certifiés et, d’autre part, avec les tickets émis et résolus du support technique du groupe Alliance-Com. « C’est d’ailleurs le point fort de notre modèle, les tests que nous avions effectués avant sa mise en service nous ont réconfortés. En effet, en soumettant les mêmes types de requêtes à ChatGPT et à Alliance-Com.ai, les réponses sont fiables et justes concernant notre service, contrairement à celles de ChatGPT. La clé de la réussite de notre projet est justement de livrer la bonne réponse et au bon moment pour les techniciens de nos partenaires intégrateurs », explique Matthieu Chessari.
Mesurer le ROI en interne avant un déploiement chez le client
« Il n’y a pas une seule IA générative, mais des IA génératives en fonction des besoins métiers. Ces IA génératives, nous les appliquons d’abord en interne avant de les déployer chez nos clients, nos 5000 collaborateurs les utilisent d’ailleurs au quotidien. Ces IA, nous les testons pour obtenir les meilleurs résultats quitte à en écarter certaines », tient à préciser Guillaume Réjou, directeur marketing produit au sein de la BU Finance chez Cegid dont le groupe travaille sur ses IA génératives depuis 2022. Toutes ces IA génératives chez Cegid sont packagées sous l’offre Pulse. Par exemple, les micro-entrepreneurs peuvent s’aider d’un assistant vocal multilingue pour générer une cotation en temps réel, une IA générative peut aussi servir l’utilisateur dans son parcours de personnalisation au travers des outils de gestion des voyages (travel management) de l’éditeur, etc. À l’instar de Cegid, IBM applique aussi à lui-même ses projets d’IA génératives avant de les déployer chez ses clients. Cette stratégie appelée client zéro par Xavier Vasques, VP et CTO au sein d’IBM France Technology et R&D, permet de mieux percevoir et mesurer les bénéfices. « Par exemple, sur un projet d’IA générative lié au support au sein d’IBM (avec 25 000 agents résolvant plus de 3 millions de cas par an, dont une variété complexe de cas de support), nous avons gagné du temps. En effet, la rédaction manuelle de résumés prenait auparavant 35 minutes par cas, limitant l'analyse des données. Avec Watsonx, les résumés sont automatisés, permettant de traiter 214 000 cas en moyenne par trimestre économisant environ 124 861 heures par trimestre. IBM a utilisé watsonx.ai pour automatiser cette tâche, en intégrant une API pour extraire et formater les textes des cas de support permettant ainsi de faire une économie de 86 millions de dollars et d’augmenter la satisfaction de nos clients de +25 points. » Dernier exemple, celui de l’éditeur Salesforce où l’IA générative est intégrée au sein d’Einstein depuis deux ans. Son moteur sert par exemple à aider le conseiller dans un centre d’appels à apporter la meilleure réponse à son client ou permet encore d’apporter plus de personnalisation dans une campagne marketing. Pour ce faire et s’adapter au mieux aux besoins métiers de ses clients, Salesforce propose Data Cloud, une plateforme qui permet d’accéder, via des connecteurs, à toutes les données de l’entreprise et les exploiter. La compagnie aérienne Air France exploite notamment Data Cloud pour collecter et gérer ses données, lesquelles seront par la suite augmentées par la puissance de l’IA.
De même, l’éditeur ne se limite pas à un seul modèle et comme le précise Kheira Boulhila, vice-présidente senior, technologies et avant-ventes chez Salesforce, on peut appeler une multitude de modèles y compris les modèles choisis par le client, c’est la stratégie du Bring Your Own LLM menée par l’éditeur. A ce titre, Salesforce a annoncé l’un des premiers LLM Benchmark afin d'aider les entreprises à évaluer le nombre croissant de LLM à utiliser dans leurs CRM ; et ce benchmark mesure les performances des LLM par rapport à quatre critères clés : précision, coût, rapidité, confiance et sécurité.