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Des données mieux gouvernées pour des résultats garantis
Dans les entreprises, plus question d’ignorer les données, il faut les exploiter et leur donner de la valeur. Lors du dernier salon Big Data & AI, qui s’était déroulé en octobre dernier, une multitude d'entreprises utilisatrices, de Kiloutou à Euromaster en passant par le Crédit Mutuel Arkéa et le Groupement des Mousquetaires, avaient témoigné de leur expérience dans la valorisation de leurs données. Pour cela, elles exploitent des plateformes de data science d’acteurs reconnus comme Databricks, Snowflake, Starburst ou encore d’Alteryx et de Microsoft, boostées à la GenAI et au machine learning et reliées à un entrepôt de données unifié. Non seulement ces outils facilitent l’agilité organisationnelle et l’accessibilité de la donnée aux équipes métiers mais ils répondent aussi aux enjeux liés à la conformité et à la régulation, notamment le RGPD et l’AI Act européen. Bien sûr, dans ces projets de data science, l’efficacité du datalake ou du data hub est essentielle dans la préparation et l'analyse des données, de pouvoir se connecter à toutes les données sans les déplacer. Ces plateformes permettent ainsi une gouvernance des données intégrée et proactive. « Notre plateforme chez Databricks fonctionne avec des API ouvertes justement pour faciliter l’interaction avec des outils tiers car nous sommes qu’un maillon parmi tant d’autres d’un écosystème très large. Nous multiplions aussi les partenariats pour faciliter le partage des données. Il faut bien comprendre que la gouvernance des données est un travail permanent car le business évolue et les réglementations aussi », explique Nicolas Maillard, AVP technical general manager field engineering pour la région SEMEA chez Databricks.
Sur le terrain, les entreprises avancent et multiplient les projets, prenons l’exemple du groupe Legrand qui a récemment témoigné dans un séminaire organisé en ligne par Microsoft sur la thématique « Passez vos cas d’usage IA à l’échelle avec Azure AI Foundry ». L’entreprise, spécialisée dans les infrastructures et matériels électriques, s’est ainsi alliée à Microsoft et son partenaire Artefact pour améliorer son support client. En effet, le groupe cherche à optimiser la gestion de ses 300 000 références produit à l’échelle mondiale en améliorant la qualité, leur descriptif, la traduction et la mise à jour des informations pour ses clients. Pour ce faire, la société a développé Gaia et Elia, deux outils IA, en s’appuyant sur Azure OpenAI Service, Azure AI Search et Azure Data Lake Storage où se concentrent toutes les données et qui allient la puissance d'un système de fichiers (HDFS) compatible avec Hadoop.
Apporter de la valeur aux données
Ainsi, depuis ce lac de données, Legrand, via ses outils IA, va mieux gérer et analyser ses données pour in fine améliorer son support. Les résultats sont visibles pour Christophe Sirieix, Data & AI Manager chez Legrand : « Grâce à Gaia, un client peut facilement rechercher une documentation produit spécifique ou trouver une référence dans la description d'un produit. L'outil guide aussi le client pas à pas dans l'installation des produits. » Gaia a ainsi réduit de 60 % le temps de génération des données sur les produits. Pour Julien Ho Tong, managing partner chez Artefact, Gaia a même obtenu un taux de 83 % de satisfaction sur son contenu généré par rapport au contenu préalable généré manuellement. De son côté, Elia est un assistant IA qui facilite l'accès à l'information sur les produits et simplifie leur installation pour les utilisateurs (détaillants, techniciens, installateurs et consultants). Elia couvre actuellement 10 % du catalogue de produits Legrand. L'objectif est de couvrir 100 % du catalogue d'ici la fin de l'année. Autre exemple dans cette approche de gouvernance des données et de création de valeur, c’est celui de Proxiserve qui déploie des services à l’habitat. L’entreprise a opté, cette fois-ci, pour l’implémentation de Snowflake en partenariat avec Orange Business. Sylvain Bourdette, DSI de Proxiserve, et Nicolas Saumande, expert Conseil chez Orange Business, ont d’ailleurs expliqué en détail ce projet lors du dernier événement de Snowflake à Paris en mars dernier. En résumé, Proxiserve a migré sa plateforme de remontée d’information existante basée sur Hadoop/Cloudera - qui s’est révélée vieillissante et de moins en moins fiable (un incident par jour) et qui ne crée pas de valeur - vers celle de Snowflake pour profiter de fonctionnalités plus avancées afin de transformer les données en un levier stratégique de décision. Dans cet article, Sylvain Bourdette revient ainsi sur les vrais gains de performance et donne en exemple les alertes pour une fuite qui prenaient deux jours auparavant et qui sont désormais traitées en quasi temps réel.
50 % d’échecs à cause d’une mauvaise préparation des données ?
Dans ces deux témoignages, la préparation des données reste donc stratégique mais à en croire l’étude menée au premier trimestre 2025 par le cabinet Redpoint Content pour le compte de l’éditeur Fivetran spécialisé dans la centralisation des données, près de 50 % des projets d’IA en entreprise échouent en raison d’une préparation insuffisante de leurs données. Pourquoi un tel résultat ?
Virginie Brard, directrice régionale de Fivetran pour la France et le Benelux, explique que les données ne sont pas entièrement centralisées, gouvernées ou accessibles en temps réel pour les modèles d’IA : « Les entreprises font ainsi face à des goulets d’étranglement lors de l’intégration jusqu’aux contraintes liées à la maintenance des pipelines. Bref, elles se retrouvent à gérer l’infrastructure plutôt qu’à générer de la valeur grâce à l’IA. » Avec sa plateforme, Fivetran s’efforce justement de rassembler toutes les données en temps réel provenant de différentes sources via ses multiples connecteurs et des API. De son côté, Jennifer Bellissent, Principal Data Strategist de Snowflake, reconnaît effectivement que les entreprises ne sont pas toutes au même niveau : « L’enjeu est surtout d’avoir accès aux données, dans une étude que nous avons menée récemment chez Snowflake, nous avons appris que seulement 11 % des répondants avaient accès à plus de 50 % de leurs données non-structurées. » Pour Cyrille Chausson, research manager, chez IDC Europe, l’accessibilité des données est effectivement primordiale : « Bien sûr, la préparation et la qualité des données font partie intégrante de la gouvernance mais la gestion des accès l’est tout autant, de savoir qui a accès à ce flux de données. » Enfin, Stéphane Roder, PDG de AI Builders, affirme que c’est le côté opérationnel de la gouvernance qui fait défaut : « Le data management prend du temps, on demande aux métiers de produire des données et de les qualifier mais les métiers n’ont pas ce temps. »