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GPRS : Les opérateurs français à l'heure des promesses
Le GPRS (General Packet Radio Service, transmission de données par paquets sur les réseaux mobiles) est au centre des débats du 3GSM World Congress, le congrès annuel des technologies mobiles qui se tient du 19 au 22 février à Cannes. Grâce à lui, les opérateurs espèrent relancer la consommation en généralisant l'échange de données.
Au moins deux des trois opérateurs mobiles français promettent un "déploiement à 100%" d'ici le début de l'été. Mais sans plus de détails.
La mise en place d'un réseau totalement GPRS capable d'assurer des débits réels optimisés (allant jusqu'à 50 Kbit/s, contre 9,6 Kbit/s pour le GSM) nécessite de multiplier par 7 le nombre de relais au sol par rapport à une infrastructure GSM de qualité et de les équiper de passerelles (1).
En décembre, SFR annonçait que son réseau était désormais 100% GPRS. Pour Itinéris, c'est Ericsson, chargé de l'infrastructure GPRS qui déclare à Cannes avoir achevé l'équipement du réseau. Avec un bémol de taille : il reste à optimiser son fonctionnement, en particulier - selon des sources proches de France Télécom - pour les communications GPRS en déplacement...
Mais aucun des deux opérateurs n'ose communiquer un seul chiffre, hormis un "100%" qui ne veut, du coup, plus rien dire.
Par ailleurs, outre la qualité de l'infrastructure GPRS, les caractéristiques des terminaux ont aussi leur importance. Notre confrère helvétique le Matin trace un tableau peu enthousiaste du premier réseau GPRS installé en Suisse http://www.lematin.ch/home/multimedia/index.php?Page_ID=1047 : les échanges GPRS sont défavorisés par rapport à la voix et la réception de données est presque aussi lente qu'en technologie GSM. Sur ce dernier point, les terminaux sont aussi en cause, selon le nombre de "time slots par trame" qu'ils peuvent utiliser simultanément. Le Motorola Timeport GPRS 260, qui fait pourtant figure de référence, ne peut supporter que deux time slots, comparables à des canaux. L'Ericsson GPRS R520 devrait atteindre quatre, mais son autonomie en souffrirait... Et, là encore, il faut que l'infrastructure dispose des ressources suffisantes.
La cohabitation entre réseau GSM et GPRS va engendrer des frictions. La voix, toujours transmise par un réseau à commutation de circuit et les données, acheminées par un réseau à commutation de paquets, devront se partager une bande passante commune. Il est évident qu'en cas de saturation de l'infrastructure, les opérateurs donneront la priorité à la voix. Et c'est la qualité de service (vitesse, diligence et fiabilité) qui en pâtira.
Que l'on ne se fasse aucune illusion. Les réseaux GPRS - promis pour la fin du printemps en France - seront, au début, d'une qualité aussi déplorable que les premiers services WAP. Souhaitons que leur échec aura appris aux opérateurs à investir d'abord dans la qualité de service plutôt que dans le marketing.
(1) Deux types de passerelle sont implantés pour l'évolution GPRS d'un réseau GSM : un équipement GGSN (Gateway GPRS Support Node) entre le réseau IP et le réseau GPRS ; un équipement SGSN (Serving GPRS Support Node) entre celui-ci et le réseau GSM.
