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Télécoms : La concurrence sans effet sur la facture des entreprises
Les grandes entreprises en France font jouer la concurrence entre opérateurs télécoms sans en tirer de réels bénéfices. La faute à des tarifs qui ont, en réalité, peu diminué et à des domaines qui s'ouvrent trop lentement à la compétition. Selon une étude réalisée par Pierre Audoin Conseil pour le compte de l'ART, les entreprises, dans leur majorité, considèrent que seules les communications interurbaines et internationales ainsi que les services Internet offrent réellement un cadre concurrentiel satisfaisant. Ce sont aussi les seuls secteurs dont l'évolution tarifaire est à la baisse. Ils représentaient 35% des dépenses, en 1999, à 2 Md d'euros.
Par ailleurs, si la concurrence existe bien sur les communications mobiles, elle ne se traduit que par une baisse des prix jugée mineure par 38% des grandes entreprises interrogées.
Enfin, les entreprises stigmatisent l'absence de véritable concurrence dans les transmissions de données et sur le poste abonnement fixe ou mobile (40% des dépenses en 1999).
Des dépenses qui progressent et des tarifs trop stagnants
La large majorité des entreprises interrogées dénoncent la tendance à la hausse des dépenses télécoms (5,7 Md d'euros facturés en 1999 par les opérateurs) qui s'explique par l'absence de baisse des abonnements (pour 73% des sondés) et des frais d'accès (pour 46%) dans la téléphonie fixe. Une tendance qui se confirme au 3e trimestre 2000 selon l'étude de l'ART sur l'activité télécoms http://www.weblmi.com/daily/2001/0309/telephone2.htm .
Concernant les communications locales, les manipulations http://www.weblmi.com/daily/2000/1110/ftracketlocal1.htm du crédit temps par France Télécom aurait entraîné une hausse des tarifs ou pour le moins une absence de diminution des coûts (pour 69% des entreprises). De plus, 44% déclarent que la diminution des tarifs d'appels de fixes à mobiles, trop faible par rapport à l'augmentation du trafic, a un effet mineur. Pour le mobile toujours, les entreprises dénoncent les prix élevés des communications hors forfaits et internationales. Quel que soit le secteur, les critères d'achat de services télécoms par les entreprises sont en priorité les tarifs (pour 57%), devant la qualité de service (pour 46%).
Le choix de multiples opérateurs pour le fixe
Pour leurs communications à partir de postes fixes, 66% des entreprises interrogées utilisent plusieurs opérateurs. Les autres sont uniquement abonnées à France Télécom qui profite de son ancien statut de monopole, notamment dans le secteur public où seuls 33% des utilisateurs ont de multiples opérateurs. Le secteur financier et des assurances a été le plus prompt à faire jouer la concurrence, dès 1998. 77% de ses acteurs utilisent plusieurs opérateurs. Ils sont 61% dans les autres services et 59% dans l'industrie. En terme de notoriété : 13 noms d'opérateurs sont cités (1). Les plus fréquents : France Télécom, Cegetel, Worldcom.
Le paradoxe concurrence / concentration pour le mobile
Le recours à différents opérateurs est encore plus fréquent sur les mobiles, concurrentiels dès le départ. 72% des entreprises ont plusieurs fournisseurs parmi les trois opérateurs du marché français, Bouygues, SFR et Itinéris. Cependant, la tendance est à la restriction de leur nombre dans les entreprises ayant plusieurs filiales. Lorsqu'une entreprise n'utilise qu'un opérateur SFR est à la lutte avec Itinéris mais la filiale de France Télécom demeure le numéro 1 du marché.
Externalisation des réseaux de transmission de données
Au niveau de la gestion des réseaux de données, la tendance est à l'externalisation, notamment dans l'industrie et les assurances. Au total, 33% des entreprises présentes en France font appel à des opérateurs ou à des sociétés de services télécoms pour la gestion de leur réseau de données. Ceux-ci sont pour 37% de dimension française, pour 5% européenne et pour 58% de dimension mondiale. Les motivations relevées par l'étude : la réduction des coûts (38%), les compétences (18%), la flexibilité (15%) et la globalité du service offert (13%).
Le recours à plusieurs prestataires est moins fréquent (54%) pour la transmission de données que pour la voix. Autre particularité, les grands acteurs du secteur des transports (SNCF, RATP ou Aéroport de Paris) disposent souvent de leur réseau interne.
Internet entre méfiance et concurrence
Près de la moitié des sociétés préfèrent héberger leurs sites Internet ou intranet elles-mêmes. Raison invoquée : le manque de sécurité lié à une externalisation. Les hébergeurs les plus fréquemment cités : Atos, Colt, France Télécom, IBM, Integra, Imaginet, ISDNet, MGS, Siemens et Worldcom.
Concernant l'accès, France Télécom arrive en tête mais Worldcom, Colt et Equant (acquis par France Télécom en novembre 2000 http://www.weblmi.com/daily/2000/1120/telecoms.htm ) sont fréquemment cités. Worldcom est particulièrement implanté dans l'industrie, la finance et les services. AT&T, Equant et Cegetel sont bien présents dans l'industrie tandis que MGS s'octroie une large part du marché des assurances. Enfin, les entreprises de transports choisissent des acteurs internationaux (British Telecom, Sita, KPN Qwest).
(1) 9 Telecom, ADP, Cegetel, Colt, Completel, Equant (acquis par France Télécom en novembre 2000), France Télécom, GTS / Omnicom, Kaptech, Siris, Teleglobe, TMI, Worldcom
