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Marché 2000 : Les télécoms en France : baisse du fixe et explosion du Net
En 2000, le marché français des télécoms a connu des évolutions contrastées : la téléphonie fixe a perdu sa prééminence tandis que les mobiles progressaient relativement peu et que l'accès Internet explosait.
La téléphonie fixe représente désormais moins de la moitié du CA des opérateurs en France, à 96,5 MdF, selon le rapport d'activité 2000 publié par l'ART. Officiellement, selon l'organisme de régulation des télécoms, les utilisateurs bénéficient de l'effet concurrence.
Il est notable sur les appels longue distance. Alors que le volume des communications longue distance a augmenté (+6%, à 40,1 milliards de minutes), les opérateurs ont vu leur CA baisser de 1,6% à 37,3 MdF. En revanche, les tarifs des abonnements ont encore augmenté en 2000 de 5,8%. Ils avaient déjà été réévalués de 13,3% en 1999.
Ménages et entreprises pâtissent directement de cette hausse. En 1997, l'abonnement pour les particuliers représentait 31,4% du panier de référence établi par l'ART. En 2000 il atteignait près de 45%. Effet encore plus net sur la facture des entreprises qui ont vu le poids de l'abonnement dans leur propre panier de référence augmenter de 68% sur la même période.
En avril, une étude http://www.weblmi.com/daily/2001/0402/telecom.htm de Pierre Audoin Conseil commanditée par l'ART démontrait que les entreprises se plaignaient de ne pas tirer profit de la concurrence dans les télécoms.
De même, si l'ART met l'accent sur la baisse relative des tarifs locaux, il faudra attendre les effets réels du changement de tarification http://www.weblmi.com/daily/2000/1110/ftracketlocal1.htm opéré en novembre par France Télécom, toujours en situation de monopole.
Enfin, les chiffres produits par l'ART s'avèrent difficiles à comparer. Il semblerait qu'en 2000, les données sur la téléphonie fixe ne prennent que partiellement en compte l'activité cartes prépayées / publiphonie.
Au niveau de la téléphonie mobile, l'ART constate un net ralentissement de la progression du nombre d'abonnés (+44% contre +84% en 1999) avec un Français sur deux désormais équipé d'un téléphone cellulaire. Ce qui fait toutefois de la France la lanterne rouge européenne (taux de pénétration moyen de 62,6%). En 2000, les services mobiles ont généré un CA de 55,1 MdF, en hausse de 48,6%. Le volume des communications connaît une augmentation encore plus forte (+71,1% à 35,3 milliards de minutes), les abonnés téléphonant en moyenne 117 minutes par mois, soit près de 10 minutes de plus qu'en 1999. Le revenu mensuel moyen par abonné s'établit à 176,4 F, en recul de 7,3%. En parts de marché, Bouygues Télécom (17,6%) grignote un point à France Télécom Mobiles (48,2%) et un autre à SFR (34,2%).
Les communications Internet ont explosé (+162%) pour atteindre 33 milliards de minutes en 2000. L'ensemble du CA généré par les connexions au réseau des réseau a plus que doublé à 4,7 MdF. Selon l'ART, le marché Internet grand public a connu une intensification de la concurrence, une diversification des formules d'accès et une baisse des prix. En 2000, la plupart des FAI ont pratiqué l'abonnement gratuit (hors communication). Seul AOL a maintenu son offre forfaitaire d'accès illimité malgré de nombreuses difficultés http://www.weblmi.com/daily/2001/0703/internet.htm . L'ART estime à 16% le taux de connexion des foyers en France en décembre 2000.
Evolution du CA des télécoms en France par secteur en 2000
| Secteur | CA 2000 (en MF) | Croissance |
| Téléphonie fixe (hors Internet) | 96 545 | -2,3% |
| Dont accès, abonnements et services | 33 795 | +5,8% |
| Dont communications | 62 750 | -6,1% |
| Téléphonie mobile (y compris SMS) | 55 152 | +48,6% |
| Internet | 4 725 | +109,3% |
| Dont accès | 815 | +172,7% |
| Dont communications | 3 910 | +99,6% |
| Liaisons louées | 13 354 | +38,5% |
| transport de données | 3 616 | +36,4% |
| Autres services | 25 317 | +7,2% |
| Total | 198 341 | +14,2% |
Source : ART
