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Le mythe du PGI a vécu

La rédaction

"Le miracle du PGI n'a pas eu lieu." C'est la conclusion de Jean-Pierre Corniou, président du Cigref et DSI de Renault, au colloque (*) sur les progiciels de gestion intégrés organisé par l'Ecole des mines de Paris. Une journée à laquelle ont assisté 180 personnes (dont 80 % d'industriels) dont la plupart ont salué le pragmatisme des interventions. "On se retrouve dans les témoignages des intervenants. Cela donne du crédit à nos propos vis-à-vis de nos patrons", ont commenté des participants.

Ainsi Jean-Pierre Corniou témoigne que "les PGI ont été survendus, présentés comme capables de tout faire et à des coûts plus bas que les développements spécifiques, l'argument étant que les entreprises bénéficiaient de la R&D des éditeurs". Et d'ajouter que "le produit miracle couvrant tous les besoins n'existe pas", pour conclure que "le PGI s'est révélé très coûteux à l'usage". Une pique à usage des fournisseurs dont Jean-Pierre Corniou stigmatise régulièrement les pratiques depuis décembre 2001.

En clair, ceux qui ont déjà essuyé les plâtres mettent en garde les autres : il s'agit de ne pas céder aux sirènes des éditeurs et de tirer des leçons des cas pratiques.Maîtrise du projet et personnalisation des outilsCar un constat s'impose chez chaque intervenant : "Le PGI est un mal nécessaire". Autrement dit, tout le monde reconnaît son intérêt pour modéliser et maîtriser ses processus. Mais tous les intervenants ont également insisté sur la nécessité de garder la maîtrise de la conduite de ces projets. "Il faut l'appréhender comme un projet global ayant un impact considérable sur les structures et les effectifs d'une société pendant des années", a rappelé Michel Raschas, consultant au CXP.

Côté témoignage, Aro (entreprise de soudage par résistance) a montré que seul un très fort degré de personnalisation avait permis au groupe de tirer profit de son PGI et de s'assurer une croissance annuelle moyenne de 23 % de 1995 à 2001.

Pour Pechiney, une bonne solution est d'envisager le déploiement du PGI en deux temps. Onze systèmes SAP ont été installés de 1996 à 1999 chez le producteur d'aluminium. Le chantier de fédération de tous les systèmes a ensuite été lancé en 2001. Un moyen de limiter le "big bang", vécu par certains. Et Danone insiste pour sa part sur la nécessité de discerner "la standardisation efficace de la normalisation destructrice lors de la mise en place d'un PGI". Et de mettre en garde sur les limites de l'extension du PGI généraliste : "Il faut garder le PGI comme socle pour les données de base (clients, produits, ordres de fabrication) et l'envisager comme un tremplin vers d'autres projets, éventuellement avec d'autres systèmes : MES (Manufacturing Execution Systems, système de gestion industrielle), gestion de la relation client, décisionnel".

Selon Jean-Pierre Corniou, après "avoir beaucoup travaillé sur les outils, il faut maintenant travailler sur les usages".

Beaucoup de résistance au changement

Problèmes rencontrés (plusieurs réponses possibles)Fréquence
Peur ou refus d'utiliser le logiciel42,6 %
L'échange de données entre le nouveau progiciel et le système d'information existant33 %
Choix des fichiers et des messages à échanger entre le progiciel et le système existant17 %
Choix des données conceptuellement et physiquement partagées entre progiciel et système existant16 %
Des redondances d'information12,8 %
Inutilité de fonctions, de postes, ou de métiers8,5 %
Aucun3,2 %
Conflits, problèmes sociaux3,2 %
Autres24,5 %

Source : Enquête sur l'implantation et l'utilisation des ERP en France (Ensam)Les projets PGI coûtent jusqu'à 45 M¤

Dépenses engagées (M¤)Fréquence
Moins de 0,3 M¤28 %
De 0,3 M¤ à 0,61 M¤20 %
De 0,61 M¤ à 1,5 M¤18,67 %
De 1,6 M¤ à 7,6M¤ MF25,33 %
De 7,7 M¤ à 15,2 M¤2,67 %
De 15,3 M¤ à 30,5 M¤1,33 %
De 30,6 M¤ à 45,7 M¤4%

Source : Enquête sur l'implantation et l'utilisation des ERP en France (Ensam)Plus de 10 % des coûts liés aux développements spécifiques

Coûts relatifs des différentes composantes du projetFréquence
Achats des licences21,37%
Frais d'installation (paramétrage, prototypage, ...)17,72%
Achat d'équipement16,63%
Développements spécifiques et interfaces12,3%
Conseil11%
Equipe de projet7,82%
Formation7,06%
Maintenance du système2,07%
Exploitation du système0,91%
Divers3,12%

Source : Enquête sur l'implantation et l'utilisation des ERP en France (Ensam)(*) "Propos raisonnables sur les ERP", organisée en collaboration avec l'Insa de Lyon.

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Le mythe du PGI a vécu