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SunNetwork 2002 : Sun parie sur le poste de travail sous Linux
"Le réseau est toujours l'ordinateur" ("The network is still the computer"). Le credo de Sun est toujours d'actualité et Scott McNealy l'a rappelé en ouverture de la première conférence SunNetwork, du 18 au 20 septembre à San Francisco. La présentation du PDG de Sun a pris des allures de bilan après 20 ans d'existence de la société, avec un rappel des annonces les plus récentes : Solaris 9 et ses logiciels serveurs intégrés (un effort qui sera poursuivi avec la prochaine addition de Sun One Portal Server, entre autres), un serveur d'authentification basé sur les travaux du projet Liberty Alliance, le serveur biprocesseur Intel LX 50 sous Linux... Cerise sur le gâteau : IDC crédite Sun de la première place en valeur sur le marché des systèmes de stockage pour serveurs Unix. Une percée due en grande partie à l'accord de revente des baies haut de gamme de HDS, qui a également tiré les ventes des systèmes de stockage maison T3.
Mais plutôt que de se reposer sur ses lauriers, Sun a décidé de pousser plus loin ses efforts en direction de l'Unix libre, et pas de la manière la plus évidente. Le Californien prépare un poste de travail à base de processeur x86 et fonctionnant sous Linux, très largement inspiré de son client léger Sun Ray et dont la livraison est prévue l'an prochain.
Côté matériel, très peu de détails : ni Scott McNealy, ni Jonathan Schwartz, vice-président en charge des logiciels - qui présentait la machine - n'ont détaillé les choix de composants pour ce projet, baptisé Project Mad Hatter (en référence au chapelier fou d'Alice au pays des merveilles). La plate-forme sera la plus standard et la moins coûteuse possible. Sun ne se chargera pas de sa fabrication. Ce poste de travail sera fourni avec un lecteur de carte à puce JavaCard, permettant aux utilisateurs en entreprise d'utiliser n'importe quel PC Sun et d'y retrouver son environnement de travail et ses données, stockés sur des serveurs. Mais contrairement au client Sun Ray (qui n'a été livré qu'à 20 000 exemplaires depuis le début de sa carrière il y a tout juste trois ans), le PC Sun sera utilisable même s'il n'est pas connecté au réseau. Jonathan Schwartz s'est montré plus disert sur l'environnement logiciel : suite bureautique Open Office (version libre de Star Office), navigateur Mozilla, client de messagerie Evolution de Ximian et interface graphique Gnome font partie de l'offre.
Objectif : réduire les coûts de revient par tous les moyens. Sun martèle qu'un tel environnement ne prend tout son sens qu'avec des déploiements à l'échelle de l'entreprise, et non poste par poste comme avec les PC traditionnels. Le coût de revient total sur cinq ans d'une centaine de ces stations serait un peu inférieur à 300 000 $ (49 $ par mois et par utilisateur), selon Jonathan Schwartz, contre plus d'un million de dollars pour des PC classiques (170 $ par mois et par utilisateur). Sun vise des secteurs bien particuliers, comme l'éducation, les centres d'appels, les banques et plus généralement les entreprises où la majorité des tâches quotidiennes sont effectuées sur des outils bureautiques ou au travers d'un navigateur. "Des marchés certes limités mais attirants", selon Scott McNealy.
