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Avec Oracle, Sun vise Dell dans sa quête de réduction des coûts

La rédaction

Sun et Oracle ont conjointement annoncé, lundi 19 mai, une série d'initiatives visant à réduire les coûts d'exploitation des infrastructures informatiques. Des annonces dans la lignée de l'idée "faire plus avec moins", que le constructeur a faite sienne il y a un an et que toute l'industrie reprend en choeur aujourd'hui, et qui permettent au deux sociétés de renforcer un partenariat qui dure depuis une vingtaine d'années. En grande forme, Scott McNealy, patron de Sun et Larry Ellison, son alter ego chez Oracle, ont passé en revue les principaux volets de leur entente :

  • le lancement par Sun de deux serveurs au format 2U, les Fire V60x et V65x, des modèles animés par un ou deux processeurs Intel Xeon, sous Solaris x86 ou Linux (particulièrement Red Hat), qui débuteront à environ 2 500 ¤ ;

  • un engagement d'Oracle pour faire fonctionner toutes ses gammes sur l'ensemble des serveurs Sun, qu'ils soient sous Solaris (x86 ou Sparc) ou Linux. Oracle affirme que 35 % de ses installations se font sur du matériel Sun ;

  • l'intégration de Star Office, la suite bureautique de Sun, à Oracle Collaboration Suite, l'outil de travail collaboratif du Californien ;

  • une "tournée mondiale commune", où Sun et Oracle présenteront l'intérêt de la consolidation des infrastructures ;

  • un rapprochement des sites Web des développeurs Sun et Oracle, afin de créer une communauté virtuelle forte de plus de cinq millions de développeurs ;

  • une campagne publicitaire commune avec pour principal slogan "Sun + Oracle = incassable".

Avec les derniers compléments de sa gamme de serveurs Fire, jusqu'à 25 % moins chers que des modèles IBM, HP ou Dell équivalents, Sun se voit en fournisseur de grappes de machines faisant fonctionner Oracle 9i RAC, la version en cluster de la base de données de son partenaire californien. Sun nage à contre-courant d'une grande partie de l'industrie, qui ne jure plus que par la consolidation sur des moyens et grands systèmes. Mais il vient faire quelques brasses dans des eaux occupées par Dell, autre partenaire d'Oracle pour 9i RAC. "Qu'est-ce qu'un gros serveur ? Hormis le plastique des boîtiers, quelle différence y a-t-il entre un cluster et un système multiprocesseur ?" demande Scott McNealy, qui oublie toutefois l'importance du système d'interconnexion entre les noeuds d'une grappe, gage de réussite ou d'échec de fonctionnement d'une grappe. Pour lui et pour Larry Ellison, pas de doute : une armoire de petits serveurs peut être aussi puissante, voire plus, qu'un serveur monolithique. Et même si Sun vient chasser sur les terres de Dell, Larry Ellison tient à préciser que son partenariat avec le constructeur texan ne souffrira pas de l'entente entre Sun et Oracle.

Autre point sur lequel Sun veut se démarquer : Unix sur la plate-forme Intel. Scott McNealy reconnait que Sun a mis du temps à faire de Solaris x86 un OS valable. Mais il poursuit fièrement : « Nous sommes les seuls à mettre notre Unix sur des serveurs x86 économiques ». Il n'a pas tort : HP réserve HP-UX à son haut de gamme 64 bit (puces PA-Risc ou Itanium), IBM a laissé tombé le projet Monterey et ne conserve AIX que sur ses processeurs Power... SCO est un des derniers à fournir des Unix pour Intel... mais SCO n'est pas constructeur. Cette désaffection des grands acteurs est avant tout économique, le coût du maintien d'un Unix sur plusieurs plates-formes étant élevé alors que le marché Unix se tasse. Pour la plupart des fabricants, l'Unix idéal sur Intel, c'est Linux. Pas pour Sun, qui préfère offrir le choix à ses clients entre Solaris et Linux.

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