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L'Etat perfuse de nouveau Bull

La rédaction

Selon Tilman Lueder, le porte-parole de la Commission européenne chargé de la concurrence, le gouvernement français vient de présenter un nouveau plan de restructuration du constructeur informatique Bull à l'exécutif européen. Le dernier d'une longue série depuis les premiers plans de restructuration et réorganisations des années 90.

Ce plan, qui vise à assainir la situation financière du constructeur, prévoit l'injection de 500 M¤ dans Bull afin de lui permettre de rembourser l'avance de trésorerie de... 450 M¤ effectuée par le gouvernement Jospin ! En principe cette avance aurait dû être remboursée à la mi-juin 2003, mais Bull n'en a pas été capable, faute d'une recapitalisation suffisante. La Commission a donc attaqué la France cet automne devant la cour de justice européenne pour obtenir ce remboursement.

Pour résoudre le conflit, le nouveau plan proposé par Paris revient à tirer définitivement un trait sur la dette de Bull par un subtil jeu d'écritures financières : en fait, l'Etat apporte 500 M¤ à Bull qui les utilise pour rembourser sa créance (y compris les intérêts). Ce plan devrait être accompagné d'une augmentation de capital souscrite par les dirigeants de la firme et plusieurs de ses actionnaires. Si elle est validée par Bruxelles, l'opération ne pourra pas s'effectuer avant le 1er janvier 2005. Selon Tilman Lueder, il faut en effet au minimum dix ans entre deux plans de restructuration impliquant des aides d'Etat. Le dernier grand plan de sauvetage de Bull date de 1994 avec un apport total de près de 11 MdF de l'époque (1,6 Md¤).

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