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Tarifs télécoms : quand la baisse des prix, camoufle la hausse des appels

La rédaction

Dans un communiqué, Tele2 annonce pour le 3 mai l'abolition du crédit temps et la baisse de ses tarifs à la minute, désormais ramenés à un montant unique de 1 centime d'euro, que l'appel soit local ou national. Cette "baisse des prix", qui selon l'opérateur rend les tarifs plus simples et plus transparents, cache toutefois l'apparition d'une taxe d'établissement d'appel de 12,2 centimes (pudiquement appelée charge de mise en relation), qui vient grever le coût des appels courts.

En quête de nouveaux arguments marketing, les opérateurs alternatifs comme 9Telecom ou Tele2 ont de plus en plus recours à cette astuce, qui permet d'afficher une forte baisse faciale de leur tarif à la minute, tout en maintenant des tarifs appel par appel relativement élevés. La dernière manoeuvre en date confirme l'évolution des tarifs des opérateurs. Les nouveaux tarifs "moins chers" de Tele2 viennent ainsi plomber le coût des communications courtes en local de moins de 3 minutes. Pire, Tele 2 devient plus cher que France Télécom en heure creuse pour tous les appels locaux de moins de 5 minutes 30 et pour les appels locaux en heure pleine de moins de 2 minutes 30. En national en revanche, la baisse est réelle et Tele2 est quasiment systématiquement moins chère que France Télécom (tarif national catalogue).

Autre conséquence de la taxe d'établissement d'appel, les tarifs d'appels fixe vers mobile de Tele2 augmentent pour les conversations de moins de 1 minute 30, mais baissent au-delà. Bref, comme nombre d'opérateurs ces derniers temps, ce que Tele2 donne d'une main, il le récupère de l'autre. Les données nationales montrent en effet que les communications locales représentent 60 % des appels des Français et qu'elles sont souvent courtes. De même, la part des appels fixe vers mobile des particuliers est en augmentation et une large partie de ces appels est brève. Or ce sont justement les tarifs des appels courts que la plupart des opérateurs augmentent depuis deux ans soit en réduisant la durée du crédit temps, soit en recourant à l'arme de la taxe d'établissement d'appel.

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