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Bercy achève la privatisation de France Télécom
Il n'aura fallu qu'une journée à l'Etat pour céder à des investisseurs institutionnels 9,6 % du capital de France Télécom et refaire basculer l'opérateur public dans le giron du privé. De quoi satisfaire largement le ministre des Finances, Nicolas Sarkozy, qui s'est « félicité du grand succès » de l'opération, dans un communiqué. Selon lui, le prix concédé aux investisseurs, de 19,05 ¤ par action, ne constitue qu'une « très faible » décote par rapport aux conditions du marché. L'opération devrait rapporter au minimum 4,5 Md¤ à l'Etat, un montant qui pourrait monter à 5,3 Md$ en cas d'exercice de l'option de surallocation : selon la demande exprimée, le ministère des Finances a prévu de céder jusqu'à 12,1 % du capital de France Télécom, soit 299 millions d'actions contre 236 millions pour l'offre initiale.
Bercy entend affecter les sommes de cette privatisation à la réduction de la dette de l'Etat. Cette cession, sans état d'âme, de 9,6 % du capital de France Télécom par l'Etat fait toutefois grincer quelques dents : elle consacre en effet le passage définitif de l'opérateur historique dans la sphère du privé, l'Etat ne détenant plus, directement et indirectement, qu'entre 41 % et 43,5 % du capital de France Télécom. Une situation qui inquiète fortement les syndicats : CGT, SUD, FO, CFDT, CFTC et CFG « condamnent unanimement le passage de l'Etat en dessous des 50 % du capital de France Télécom » . Dans un communiqué la traditionnellement discrète CFTC se dit révoltée "de voir un Etat renier ses propres engagements". Selon le syndicat, "le prétexte évoqué pour privatiser France Télécom, la réduction de l'endettement de la Nation (...) ne peut pas masquer la volonté du gouvernement de livrer les télécoms aux seuls intérêts privés. (...) Encore une fois, c'est au mépris de l'intérêt publique et de l'emploi des salariés". L'ensemble des syndicats appelle à la grève les salariés et agents de l'opérateur le mardi 7 septembre et profitent de l'occasion pour demander au groupe l'ouverture de négociations sur l'emploi. La rentrée commence décidemment fort...
