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Lloyd Carney, Brocade : « Devenir le numéro un mondial de l'Ethernet Fabric
Lloyd Carney, le nouveau CEO de Brocade était présent lors du récent sommet partenaires EMEA de l'équipementier qui a réuni 90 revendeurs à Pragues. L'occasion de faire le point sur les ambitions de la société dans le domaine des Ethernet Fabric et des SDN.

Il y a quelques mois, la presse s'est largement faite l'écho d'une dépêche de l'agence Reuters qui indiquait que Brocade était à vendre. Quel est votre commentaire sur ce sujet ?
Tout simplement que Brocade n'est pas à vendre. Si je suis à la tête de cette société depuis 6 mois maintenant c'est parce que je pense qu'elle a un futur. Il y a toujours de la place sur le marché IT pour un fabricant spécialisé dans les technologies réseaux. Nos résultats financiers le prouvent. Lors du premier trimestre 2013, nous avons dégagé un chiffre d'affaires record de 588 millions de dollars, en croissance de 5% [Ndlr : les revenus de la société ont légèrement baissé à 538 M$]. Nous avons notamment récolté les fruits de l'enrichissement de notre programme partenaires il y a un an. Cela nous a permis de disposer d'un plus grand nombre de revendeurs certifiés, même si notre but n'est pas de faire croître notre réseau de distribution outre-mesure. En EMEA, notre programme partenaires accompagne quelques 200 revendeurs Select, et 123 revendeurs Premier et Elite.
Quels sont les axes de croissance sur lesquels mise Brocade ?
Notre Ethernet Fabric est le pilier de notre stratégie. Nous avons commencé à livrer nos premiers produits aux alentours du second trimestre 2010 en lançant nos gammes VDX et VCS. Hormis Cisco, Juniper et Brocade, aucun autre fournisseur ne propose ce type de technologie. La différence de la nôtre est qu'elle est unique dans le sens où elle est ouverte. De cette façon, nous n'imposons pas aux clients de ne posséder que des produits Brocade pour faire fonctionner leur réseau. Notre approche nous met clairement en position de devenir le numéro un de l'Ethernet Fabric dans le monde. Pour y parvenir, nous devons clairement promouvoir ces produits auprès de nos revendeurs.
En voulant accroître les ventes de ses Ethernet Fabric ainsi que de ses routeurs virtuels, Brocade ne craint-il pas d'amoindrir son activité de fabrication de routeurs traditionnels ?
Cela créé bien sûr un dilemme. Aujourd'hui, les commutateurs Fibre Channel dot nous réalisons 70% des ventes mondiales représentent toujours la plus grosse part des revenus de Brocade. Innover pour proposer des produits bien plus rapides signifie que nous avons accepté l'idée de perdre du chiffre d'affaires. Néanmoins, nous sommes résolument engagés dans cette voie car c'est le futur des réseaux. En l'empruntant avant nos concurrents, nous sommes mieux préparés qu'eux aux évolutions technologiques du marché. L'une des difficultés est de parvenir à faire progresser les ventes de nos Ethernet Fabric et de nos routeurs virtuels assez rapidement pour contrebalancer la baisse des revenus que nous anticipons sur nos familles de produits plus anciennes.
En novembre 2012, Brocade a renforcé ses investissements dans le SDN (Software-Defined Networking) en rachetant Vyatta, un spécialiste dans ce domaine. Un mois plus tard, Juniper a mené une opération similaire en mettant la main sur Contrail. Pourquoi cet engouement des acteurs du réseau pour le SDN ?
Le datacenter va de plus en plus reposer sur des équipements virtualisés. Au fur et à mesure, le modèle du data center actuel, qui repose sur des plates-formes matérielles va évoluer vers des solutions logicielles. Pour le moment, toutefois, le SDN est loin d'avoir été adopté par les clients, même si certains mènent des tests à une petite échelle. Il faudra encore attendre douze à dix mois avant que des solutions de ce type soient déployées dans des environnements critiques chez les clients, et deux à trois ans pour qu'elles génèrent des millions de dollars de chiffre d'affaires. Pour les entreprises, le SDN présente en outre l'avantage d'être totalement agnostique en termes de plate-forme matérielles. Autrement dit, elles n'auront pas besoin d'attendre que leur fournisseur de matériels réseaux fasse évoluer ses plates-formes pour faire évoluer leur propre réseau.
Pour que le marché du SDN décolle, il faudra également qu'un standard émerge. Pour l'instant il n'existe pas mais son développement est en cours et nous y participons. Nous jouons un rôle important dans l'OpenDaylight Foundation, un projet de SDN Open Source. En participant à sa création, nous nous assurons d'être bien positionné au moment où le marché décollera.
