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ArticleInfrastructure & Cloud

Le cloud privé est-il (aussi) l'avenir d'OpenStack ?

La rédaction

Jusqu’où portera l’onde de choc OpenStack ? Comme c’est le cas à chaque nouvelle release de la plate-forme, le petit monde du Cloud bruisse de rumeurs sur les potentialités offertes par la dernière-née. La neuvième mouture, baptisée Icehouse, ne fait pas exception à la règle et génère depuis quelques mois une foule de commentaires pour le moins tranchés. D’aucuns, chez Gartner, reprochent à OpenStack un manque de clarté dans sa feuille de route, ce qui nuirait à sa capacité à étendre son influence ; d’autres, comme Scott Sanchez, de Rackspace, estiment au contraire que « les entreprises innovantes adoptent OpenStack parce qu'elles ont compris qu'elles peuvent aller plus vite en construisant leurs fonctionnalités d'entreprise au niveau application au lieu de les obliger à rester au niveau infrastructure ».

Un Game Changer

Ces débats font partie de l’imagerie traditionnelle de la communauté IT - et en particulier au sein du monde libre. Tous cependant s’accordent à reconnaître à la plate-forme des atouts incontestables de nature à bouleverser en profondeur l’industrie du Cloud. OpenStack offre aux entreprises l’opportunité de mettre en place une IaaS à un coût particulièrement attractif, car l’ensemble des services, le réseau comme le stockage peuvent être distribués sous une forme logicielle et non matérielle, sans aucun frais de licence.

L’autre atout régulièrement rappelé par les promoteurs d’OpenStack est sa capacité à gérer des workloads particulièrement exigeants et irréguliers, et à générer de très gros volumes d’instances, au point de constituer une menace pour les principaux acteurs du Cloud public, Amazon en tête. Pourtant, et même si la tentation est grande de venir chatouiller le quasi-monopole du géant de Seattle (avec 40% du marché américain, AWS réaliserait un chiffre d’affaires cinq fois supérieur à celui de ses 15 principaux concurrents réunis), on aurait tort de réduire OpenStack à cette fonction de « AWS killer ». Les derniers développements autour de la plate-forme sont en effet de nature à éliminer les derniers obstacles qui la séparaient du SI des entreprises.

De réels atouts pour les infrastructures privées

Dans cette optique, OpenStack peut constituer un formidable atout dans la conception et l’exploitation de Clouds privés à l’échelle d’une entreprise. Tandis que la percée d’AWS est entravée par ses limites naturelles en termes de sécurité, de latence et de réversibilité, OpenStack permet de concevoir des infrastructures à même de porter des projets de big data dans des conditions nettement supérieures. La proximité des données, leur maintien dans le périmètre de l’entreprise et la moindre pression induite sur le réseau sont autant d’éléments à porter à son crédit. La plate-forme peut permettre à des DSI de s’engager sur des SLA supérieurs à ceux proposés par les acteurs du Cloud public tout en diminuant les coûts associés à la gestion du trafic sortant, et en libérant de la bande passante pour d’autres flux réseau.

Grâce aux efforts conjoints d’acteurs aux spécialités complémentaires qui multiplient les initiatives sur le sujet, il y a fort à parier qu’OpenStack ne tardera pas à quitter les datacenters pour étendre son influence jusqu’au cœur des systèmes d’information.

Antoine Deleporte, private cloud practice manager chez Econocom-Osiatis

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