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Stephen Orban, l'homme chargé de convaincre les DSI d'adopter AWS
Le géant du cloud computing AWS a chargé Stephen Orban de convaincre les DSI de choisir sa plate-forme cloud pour leur transformation numérique. Outre sa mission commerciale pour AWS, le chef de la stratégie d'entreprise doit accompagner les potentiels clients dans leur passage au cloud.

Pour continuer sa cour aux entreprises, Amazon Web Services a décidé d’engager une équipe d’anciens DSI chargés de persuader de potentiels gros clients de choisir sa technologie et ses services. Stephen Orban sait certainement trouver les bons mots, ayant lui-même menée la transformation technologique du Dow Jones. Il rejoint AWS en 2014, en tant que responsable de la stratégie d'entreprise. Dans un billet de blog, Stephen Orban souhaitait « travailler avec les responsables technologiques des entreprises pour les aider dans leur transformation. » L’équipe grandissante de DSI de AWS n’est dons pas uniquement chargée de vendre la technologie de la société mais aussi d’aider leurs confrères à saisir les exigences de sécurité, de gestion financière, d’automatisation, de devops nécessaires pour passer au cloud.
Lors du AWS re:Invent à Las Vegas en novembre dernier, le responsable de la stratégie d’entreprise expliquait à nos confrères de Computerworld UK que son rôle a évolué depuis trois ans et se concentre sur deux points essentiels. « C’est, d’une part, de discuter avec les DSI des quatre ou cinq mille plus grandes entreprises du monde pour les aider à réfléchir aux opportunités du cloud, à se positionner et penser l’organisation et la formation du personnel en conséquence. D’autre part, je dois identifier et construire des mécanismes pour combler les lacunes dans notre offre. »
Initiation et formation
Le gros de la tâche de Stephen Orban est donc moins de convaincre les potentiels clients de choisir AWS que de les guider dans le passage au cloud. « Souvent, mes conversations sont axées sur les façons de réorganiser une équipe, de les former au cloud » explique-t-il. « On met ensuite en place une feuille de route avec des objectifs et on s’assure qu’ils sont atteints. » L’équipe d’anciens DSI doit se montrer le plus pédagogique possible quand elle se retrouve face à des directeurs informatiques qui n’ont jamais entendu parler du cloud. « Ils peuvent se montrer réticents ou effrayés par cette technologies, ce qui est tout à fait normal » indique Stephen Orban. Pour rassurer les novices, AWS a développé 19 cours d’introduction en ligne sur Qwiklabs pour essayer d’attirer les clients et concurrence Microsoft Azure et Google Cloud Platform.
Pour Stephen Orban, la formation continue des employés est plus intéressante que de recruter. « Tout le monde essaie d’embaucher de nouvelles personnes » soutient-il. Vous avez des personnes compétentes dans votre organisation qui connaissent très bien l'entreprise, et c’est précieux. J’ai toujours été convaincu que la meilleure solution est de garder ses collaborateurs et leur permettre d’évoluer. »
Les clients ont peu de budget
Architectures serverless, conteneurs, bases de données NoSQL, IA, machine learning ou IoT. Les mêmes technologies reviennent en boucle lors des conversations entre les potentiels clients et le chef de la stratégie d’entreprise. Mais il rencontre souvent le même obstacle : le budget. « La réalité est que la plupart des entreprises ont 10, peut-être 20% de leur budget à consacrer à ce type d'initiatives, et plus de 80% sert à garder les lumières allumées. » Le remboursement de la dette technique accumulée depuis parfois de nombreuses années prend la majorité du temps des DSI et les empêche de se lancer dans de nouveaux projets, selon Stephen Orban. « On discute donc de ce que représente la migration de leurs datacenters, de la suppression de cette dette technique, ainsi que de la formation des équipes pour qu’elles soient à la pointe de la technologie. Alors quand vient le temps de faire de nouvelles choses, ils sont prêts. »
Enfin, interrogé sur cette expression tendance qu’est la « transformation numérique », Stephen Orban répond qu’elle est aujourd’hui cruciale et « ne peut plus être ignorée. Je ne suis pas d’accord avec l’idée que la transformation numérique a un début, un milieu et une fin. C’est un cheminement constant dans lequel clients et entreprises doivent évoluer avec leur environnement. Et si c’est ce qu’une entreprise entend par transformation numérique, et bien je la soutiendrai. »
