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Cloud : 30% des DSI ne font pas de calculs ROI
Selon l'association professionnelle mondiale à but non lucratif ISACA (Information Systems Audit and Control Association) dont l'objectif est d'améliorer la gouvernance des systèmes d'information, 32 % des entreprises qui mettent en oeuvre des initiatives cloud ne calculent pas de retour sur investissement.

D'après une enquête mondiale réalisée par l'ISACA auprès des DSI, de moins en moins d'entreprises évaluent le retour sur investissement (ROI) de leurs initiatives cloud. Selon ce sondage, aujourd’hui, 32 % des entreprises ne font pas de calcul de ROI, contre 20 % en 2014, d'après une enquête similaire réalisée à l’époque par Information Week. Par ailleurs, la majorité des entreprises qui ne calculent pas de ROI cloud basent leurs investissements sur des objectifs uniquement commerciaux, par exemple l'amélioration de l'agilité opérationnelle et le transfert du financement des dépenses en investissements vers les dépenses d'exploitation.
Plus d'un quart de ces entreprises ont expliqué que l'absence d'un modèle de calcul fiable avait pesé dans leur décision. Cependant, plus d'un cinquième des entreprises n’ayant pas calculé de ROI cloud a procédé à une analyse de rentabilisation qui prenait en compte des résultats financiers, notamment les économies de coûts attendues du passage au cloud. « Mais, ce genre d'analyse de rentabilisation est différent du ROI, parce que les paramètres financiers de l'analyse de rentabilisation ne prennent pas forcément en compte la proposition de valeur spécifique à l’usage du cloud lui-même et se concentrent sur des mesures financières plus axées sur l’aspect commercial », indique encore le rapport de l'ISACA.
Des projets cloud mais sans analyse ROI
Parmi les DSI interrogés, un pourcentage équivalent a justifié son investissement dans le cloud par une analyse de rentabilisation sans mesures explicites, tandis que 6 % n'ont pas justifié leur investissement avant la mise en œuvre. Malgré l’intérêt que représente le calcul d’un ROI cloud, l’enquête de l'ISACA suggère que, « par rapport aux années précédentes, un plus grand nombre d'entreprises se lance dans des projets cloud sans procéder à cette analyse ». Selon l’association professionnelle, « plusieurs raisons peuvent justifier l’absence de calculs du ROI : soit les praticiens de la technologie sont plus à l’aise avec le cloud computing ; soit une évaluation précise du retour sur investissement est jugée inutile pour valider l'investissement ; soit les résultats non financiers sont de plus en plus considérés comme suffisants pour justifier l'investissement, quelles que soient les incidences financières potentielles ».
Un calcul complexe avec des résultats inégaux
Ceci étant, la majorité (68 %) des entreprises qui se lancent dans des initiatives cloud font un calcul de ROI. La méthode la plus couramment utilisée pour cela repose sur un modèle hybride qui tient compte à la fois de facteurs quantitatifs et qualitatifs. Parmi les paramètres retenus, on retrouve généralement l'incidence des coûts opérationnels, les dépenses d’investissement, la variation des dotations en effectifs, l’impact commercial (agilité, pénétration du marché, délai de commercialisation), les charges de transition et les gains de temps pour les salariés. La plupart retiennent une période de un à cinq ans. La majorité des entreprises (35 % de celles qui font un calcul de ROI) appliquent également leurs modèles avant et après la mise en œuvre, même si une forte proportion (29 %) ne fait leurs mesures qu’avant la mise en œuvre.
Selon le sondage, parmi les 102 DSI membres de l'ISACA, 32 % ont déclaré que le ROI réel sur le cloud était plus élevé que prévu, 30 % ont déclaré que leur ROI s’est avéré finalement plus bas que prévu et 39 % que leur estimation était à peu près exacte. Les écarts sont justifiés à parts égales (32 %) par « des dépenses de fonctionnement plus élevées que prévu », « des dépenses de transition plus élevées que prévu » et « des gains de temps pour les employés plus élevés que prévu ». Un quart d’entre eux a indiqué que les charges d'exploitation ont été inférieures aux prévisions et un cinquième d’entre eux que les dépenses en investissements ont été inférieures aux prévisions.
