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Zappez les conteneurs et optez pour le serverless

Les technologies de conteneurs comme Docker sont très puissantes, mais exigent des compétences qui ne sont pas à la portée de toutes les entreprises. L'infrastructure serverless offre les mêmes avantages et elle est très accessible.

La rédaction

En général, les entreprises conventionnelles mettent du temps à adopter les dernières technologies, les start-ups et autres adopteurs précoces étant toujours les premiers à donner le ton sur les tendances, depuis le cloud public jusqu’au NoSQL. Cependant, l'infrastructure serverless pourrait bien changer la donne. Popularisée par AWS Lambda, le serverless a, de l’avis même d’Andy Jassy, directeur d'AWS, connu une croissance « étonnante » de plus de 300 % d'année en année. Et paradoxalement, cette croissance pourrait bien être le fait des « traînards », comme les appelle James Governor, l'analyste de Redmonk, et non des hipsters inconditionnels de la technologie.

Les conteneurs, toujours à la pointe, mais compliqués

Ces dernières années, aucune technologie n’a eu autant de succès que la technologie des conteneurs. En effet, l’adoption des conteneurs a été telle qu’elle a bousculé toutes les mesures d’intentions d’achats d’une technologie d'entreprise par les DSI. En effet, « sur une période de six ans, le score d'intentions d'achat de la technologie des conteneurs a été le plus élevé jamais enregistré ». La raison est simple : grâce aux conteneurs, les développeurs sont beaucoup plus productifs. Comme l’explique Chenxi Wang, les conteneurs permettent aux développeurs de « déployer, répliquer, déplacer et sauvegarder une charge de travail encore plus rapidement et encore plus facilement qu’on ne peut le faire avec des machines virtuelles ». C'est dire !

Cependant, malgré leurs énormes avantages, les conteneurs ont un défaut intrinsèque : ils ne sont pas suffisamment simples, comme le souligne James Governor. « Les conteneurs peuvent contribuer à réduire les coûts de l’IT, mais le vrai moteur de l'adoption repose sur une gestion rapide et efficace de l'infrastructure. Or, pour gérer efficacement ces infrastructures conteneurisées, il faut aussi des développeurs et des opérateurs hautement qualifiés. Et ces compétences sont rares ». De plus, même si une entreprise peut se permettre de rémunérer ces talents, les experts se réservent le droit de travailler pour la plus « cool » ou la plus accueillante. Si la plupart des grosses entreprises sont à l'aise avec les analystes financiers, elles ont moins d’affinité avec les développeurs. L’informatique sans serveur, seconde tendance de pointe après les conteneurs, pourrait bien les aider à résoudre ce problème.

L’IT sans serveur, l’autre « super » tendance

Quand on parle d’infrastructure serverless, il ne s’agit pas de supprimer les serveurs et les containers mais de confier leur gestion à des prestataires comme AWS Lambda, qui permettent aux développeurs de se concentrer sur le code applicatif plus que sur l'infrastructure serveur. Évidemment, cela implique que le développeur fasse confiance à AWS, Microsoft ou Google pour l’infrastructure, mais l'avantage de ces back-ends dans le cloud est énorme. Stackery, une entreprise qui propose une console pour contrôler et déployer des opérations serverless sur AWS, a déclaré à l’analyste James Governor : « L’infrastructure serverless est entraînée par les entreprises traditionnelles. Elles évitent l’étape des conteneurs pour s’orienter vers une solution sur étagère et adopter plus rapidement la technologie ». En d'autres termes, ces entreprises aimeraient bien profiter de la technologie des conteneurs, mais n’ayant probablement pas les compétences nécessaires pour gérer efficacement cette infrastructure, elles empruntent l’expertise d'Amazon ou d'un autre fournisseur sans serveur et s’affranchissent de la révolution du conteneur.

Certaines entreprises, notamment celles qui ne sont pas prêtes à confier leur infrastructure applicative à un fournisseur de cloud, ont espéré profiter des avantages du serverless « en interne », et faire la même chose sur site, dans leur datacenter, comme d'autres ont espéré profiter des avantages du cloud public dans des clouds privés hébergés dans leurs datacenters. C’était une belle idée, en théorie. Car malheureusement, elle n’est pas réalisable. En tout cas, pas pour la plupart des entreprises. En effet, introduire de l’IT serverless en interne revient à « neutraliser l'avantage qui a motivé ce choix », a affirmé l'évangéliste d’AWS, Mackenzie Kosut. Selon lui, les entreprises devraient « consacrer plus de temps à développer leur logique applicative et leur logique d'affaires, et moins de temps à gérer les systèmes ». Ou, comme le dit Adrian Cockcroft, vice-président de l'architecture cloud d'AWS, si une entreprise veut « évoluer rapidement et à peu de frais », elle devrait cesser de se focaliser sur les serveurs et confier cette tâche à un partenaire cloud comme AWS, Microsoft ou Google.

Eviter la distraction containers

Bien sûr, il y aura toujours des entreprises qui voudront garder un contrôle total de leurs systèmes. Pour celles-là, les conteneurs montrent bien le contrôle qu’elles peuvent exercer sur leurs infrastructures. Reste que, d’après l'ingénieur d’Octopus Pawel Pabich, « les conteneurs sont une distraction » pour la plupart des développeurs. Cette affirmation est étonnante, vu l'importance des conteneurs. Mais on ne peut ignorer son odeur de vérité. On entend souvent dire que les développeurs sont les nouveaux rois. Mais tout le monde ne peut pas s’offrir de super développeurs pour adapter les conteneurs à leurs besoins. Pour ce genre de « traînards », le serverless fera l'affaire.

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