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IBM a amélioré sa reconnaissance faciale avec les images de la police new-yorkaise
Des documents confidentiels récupérés par The Intercept et The Investigative font état de liens entre IBM et la police de New-York. Cette dernière a permet à big blue d'accéder à des milliers d'images d'individus pour améliorer son offre sans que ces derniers soient au courant de cette exploitation des données personnelles.

Pour alimenter un système auto apprenant, mieux vaut avoir une volumétrie conséquente de données. C'est particulièrement vrai dans le domaine de la reconnaissance faciale, un domaine sur lesquels les géants américains se bousculent (Apple, Google, IBM, Microsoft...) et s'affrontent pour développer la meilleure technologie possible dans le domaine. Pour l'aider dans ses travaux, big blue a justement pu compter sur un soutien de poids, et pas n'importe lequel, à savoir la police de New York.
Des documents confidentiels d'IBM - dont une trace a été conservée - ont ainsi été révélés par The Intercept et The Investigative et rendent compte de la très proche relation de proximité entre les services de police new-yorkaise et l'éditeur pour lui permettre de développer sa solution de reconnaissance faciale. « IBM a commencé à développer cette technologie d’identification d’objets en utilisant un accès secret aux séquences des caméras de la NYPD. Accédant aux images de milliers de New-Yorkais non conscients de cette exploitation de données par les responsables du NYPD, IBM a créé dès 2012 de nouvelles fonctionnalités de recherche permettant aux autres services de police de trouver des images de personnes en fonction de la couleur de leurs cheveux, du visage et de la peau », indiquent The Intercept.
L'exploitation des données de vidéosurveillance en France aussi en question
L'exploitation de données personnelles de citoyens à leur insu n'a en tout cas pas donné beaucoup d'état-d'âme à la police new-yorkaise qui a apporté le commentaire suivant : « De temps en temps, de la vidéo était fournie à IBM pour s’assurer que le produit qu’ils développaient fonctionné dans l’environnement urbain surpeuplé de New-York pour nous aider à protéger la ville. Rien dans l’accord conclu entre le NYPD et IBM n’interdit le partage de données avec IBM à des fins de développement de systèmes. En outre, tous les fournisseurs ayant des accords contractuels avec le NYPD ont l'obligation absolue de conserver la confidentialité de toutes les données fournies par le NYPD pendant la durée du contrat, après la conclusion du contrat et en cas de résiliation du contrat », a expliqué dans un mail un représentant de la police new-yorkaise.
En France, une telle exploitation de données sans le consentement des utilisateurs ne serait, en théorie, pas possible au regard des obligations envers la CNIL et du réglement général sur la protection des données personnelles (RGPD). Cela n'empêche certains ajustements avec le droit, notamment en termes de conservation des images de vidéosurveillance qui ne peut officiellement excéder 1 mois. Un délai qui semble dans la pratique pouvoir aller bien au-delà comme l'a rapporté le 1er août dernier le Canard Enchainé, repris notamment par l'Obs, dans le cadre d'un article consacré à la durée de conservation des images de vidéosurveillance dans le cadre de l'affaire Benalla et de la décision de la Cnil d'ouvrir une enquête sur le sujet : « la conservation d'images de vidéosurveillance est une pratique qui concerne toutes les directions de la préfecture de police qui ont accès au plan de vidéoprotection pour Paris [...] Les policiers ont pris l'habitude de faire leur marché parmi les 2 739 caméras de la voie publique et des 33 430 caméras partenaires des gares, musées et autres grands magasins avant d'archiver les images sur DVD-ROM ».
