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48 % des décideurs IT pensent que blockchain va transformer leurs activités
D'après une enquête réalisée par KPMG, le réseau international de cabinets d'audit et de conseil, auprès de dirigeants d'entreprises technologiques, plus de 40 % d'entre eux prévoient de déployer une chaîne de blocs au cours des trois années à venir.

Près de la moitié des dirigeants IT interrogés dans le cadre de l’étude de KPMG pensent que la chaîne de blocs va modifier les pratiques commerciales de leur entreprise dans les trois prochaines années, et essentiellement contribuer à améliorer leur efficacité commerciale. À côté de ces 48 %, 41 % des répondants ont déclaré qu'ils prévoyaient « probablement » ou « très probablement » de mettre en œuvre une blockchain pendant cette période. « D'après la progression de la chaîne de blocs sur le marché et le nombre de clients de notre portefeuille qui expriment un intérêt pour sa mise en œuvre - et qui ne s’interrogent pas uniquement sur les avantages - le chiffre de 41 % me semble étonnamment peu élevé », a déclaré dans un blog Tegan Keele, responsable du programme Blockchain de KPMG États-Unis.
Selon M. Keele, l'une des « principales entreprises technologiques mondiales » ayant déployé, avec l’aide de KPMG, une chaine de blocs pour suivre les expéditions, le cycle de vie des contrats de leasing et assurer la gestion financière des ordinateurs portables et des tablettes de ses employés prévoit désormais d'étendre la plate-forme à d'autres actifs, les serveurs en particulier. « Et quand un des fournisseurs de l'entreprise a entendu parler de ce cas d’usage, il a voulu étendre la solution à son propre réseau d'entreprises et de fournisseurs », a ajouté M. Keele. Il est intéressant de noter que les dirigeants interrogés estiment que la plus grande perturbation résultant de l'adoption de la chaîne de blocs concernera l’IoT. Dans ce domaine, la chaîne de blocs devrait permettre de suivre les mises à jour logicielles, le réapprovisionnement et les garanties sur les produits. Ainsi, 23 % des personnes interrogées estiment qu’au cours des trois prochaines années la chaîne de blocs aura un effet disruptif sur l’IoT, 22 % sur le commerce et 20 % pensent qu'elle réduira les cyber risques.

Ventilation granulaire des résultats de l'enquête de KPMG sur la chaîne de blocs. (Crédit : KPMG)
L’enquête de KPMG a été réalisée en décembre et janvier par internet auprès des entreprises de technologie clientes du réseau de cabinets d’audit. Parmi les 740 personnes ayant répondu à l’étude, 76 % sont des cadres dirigeants, CEO, COO (directeurs de l’exploitation), CFO (directeurs administratifs et financiers), CIO (DSI) et CTO (Directeurs de la technologie). Les entreprises sondées couvrent les domaines suivants : logiciels, matériel/électronique, cloud, logiciels et services Internet. Mais, Tegan Keele pense que, parce que ces cadres sont issus d'entreprises technologiques, leurs réponses sont biaisées par leur attirance pour les nouvelles technologies. « Les entreprises technologiques ont toujours envie d’expérimenter les innovations qui pourraient servir leur activité », a déclaré M. Keele au cours d’une interview. « Je pense que ces entreprises ont déjà réfléchi à l’IoT et qu’elles ont commencé à expérimenter des applications possibles. Probablement qu’elles réfléchissent plus largement à combiner blockchain et IoT, blockchain et intelligence artificielle, blockchain et apprentissage machine. « Souvent, et plus que d'autres industries, ces entreprises nous demandent notre avis sur la convergence de ces technologies », a ajouté M. Keele.
La chaine de blocs est une sorte de base de données qui fonctionne sur un réseau ouvert et peer-to-peer. Elle permet d’automatiser les pratiques commerciales grâce à une technologie connue sous le nom de « contrats intelligents », un code auto-exécutoire basé sur des règles prédéterminées. Il est par exemple possible d’utiliser ce système de contrat intelligent pour mettre à jour automatiquement le logiciel des périphériques IoT. Ces contrats intelligents peuvent aussi servir dans la gestion de la chaîne logistique, pour vérifier qu'un conteneur de fret est arrivé à bon port. D’après les résultats de l'enquête Tech Innovation Survey de KPMG, 23 % des dirigeants de l’industrie technologique estiment que le principal avantage de l'adoption de la chaîne de blocs concerne l'amélioration de l'efficacité commerciale. Seulement 9 % d’entre eux citent comme principal avantage la réduction des coûts ou les opportunités commerciales qu’ils pourront retirer des données contenues dans le registre distribué.
Des études pas assez nombreuses
D’après des données externes glanées dans des processus d'affaires, comme la gestion de la chaîne d'approvisionnement ou l'approvisionnement en pièces détachées, M. Keele a déclaré : « Une fois ces données intégrées dans la chaîne de blocs, on dispose d’une vue de bout en bout des données... ce qui permet d’avoir un meilleur aperçu sur ce qui se passe en interne et en externe ». Les répondants à l’étude de KPMG estiment par ailleurs que les plus grands freins à l'adoption de la technologie blockchain au cours des trois prochaines années concernent les études de cas non prouvées (24 %), la complexité technologique (14 %) et un manque de capitaux pour financer de nouveaux investissements (12 %).
Même si au cours des deux dernières années les déploiements blockchain ont augmenté, la quasi-totalité d'entre eux sont limités à l’état de preuves de concept ou de projets pilotes, la mise en production réelle de ces systèmes restant relativement marginale. De plus, les codeurs blockchain sont très demandés, mais les compétences sont rares, et leurs salaires dépassent les 100 k€. Néanmoins, les cas d’usages de la chaîne en bloc arrivent progressivement à maturité et au cours des trois prochaines années la mise en production de ces systèmes devrait s’accélérer. « C'est une question de maturité et ces derniers mois, il y avait encore beaucoup de systèmes en cours de test », a déclaré M. Keele. « Aujourd’hui, les entreprises ont une meilleure idée de l’intérêt de mettre en œuvre une chaîne de blocs dans tel ou tel cas d’usages, et elles sont en train de les porter à maturité ».
