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Rétablir pleinement les processus de sauvegarde et de restauration

Inutile d'attendre une attaque de ransomware pour découvrir les défaillances d'un processus de sauvegarde. Voici huit étapes pour remettre en place une solution fiable de restauration des données.

La rédaction

Aucune entreprise ou presque ne sauvegarde la totalité de ses données critiques et, aussi important, si ce n’est plus, peu d’entre-elles vérifient que leurs processus de sauvegarde fonctionnent vraiment. Les sauvegardes ont toujours été une tâche ingrate. Avec leurs centaines d'options et leur fonctionnement irrégulier, les logiciels de sauvegarde sont complexes. Pourtant, la formation dans ce domaine est rare, au point que la plupart des gens acceptent cet à peu près et espèrent pour le mieux. Mais soyons honnêtes. Chaque fois qu’une entreprise peut restaurer avec succès ne serait-ce qu’un seul fichier à partir d’une sauvegarde, elle se sent soulagée. Et cela, parce qu’elle sait bien que la sauvegarde et la restauration ne se passent pas toujours sans problème. Les échecs après une tentative de restauration ne sont pas exceptionnels. Pire encore, il arrive que le logiciel de sauvegarde indique que le travail est terminé, mais parce que certaines options par défaut ont été définies il y a des lustres, les sauvegardes n’ont plus aucune valeur.

La sécurité mise à mal

Même si tout le monde sait qu’il est important de tester ses sauvegardes, presque personne ne le fait. Ceux qui testent leurs sauvegardes se limitent souvent à la restauration d'une seule base de données ou d'un seul serveur. Et ces tests de portée très limitée ne concernent que 1% des professionnels de la sécurité. Les 99% restants ne testent pas du tout leurs sauvegardes. Il est rare aussi qu’ils lisent les rapports d'exception qui détaillent tout ce qui n’a pas été sauvegardé. Difficile de prendre le temps de comprendre pourquoi tous ces fichiers et dossiers ne sont pas sauvegardés correctement. Souvent, le fait est que ces fichiers et programmes actifs ne peuvent pas être sauvegardés correctement. Mais ils pourraient l'être, avec le bon logiciel de sauvegarde ou avec tel module supplémentaire que les responsables finissent toujours par exclure du budget, parce que trop cher.

Les sauvegardes et restaurations sont un cauchemar professionnel et logistique. Presque personne n’arrive à faire une sauvegarde correcte de tous ses systèmes critiques. Presque personne ne teste les restaurations de sauvegarde pouvant garantir une restauration des données en cas d'urgence. A chaque enquête et vérification de conformité, chacun marmonne que c'est fait. Si vous déclarez que c'est fait et que vous fournissez un minimum de preuves pour cela, chaque partie est heureuse de valider l'exigence de « test de sauvegarde et de restauration ». Mais, cette attitude tue l’industrie.

Les ransomwares, révélateurs des mauvaises sauvegardes

Quelles sont les preuves d’une mauvaise sauvegarde ? À peu près toutes les attaques réussies de ransomwares. Les informations regorgent d'histoires de villes, d'hôpitaux, de commissariats de police ou d'entreprises dans l’incapacité de restaurer leurs données après un cryptage malicieux par un ransomware. Ce qui les expose à payer des centaines de milliers d’euros de rançon ou de travaux de récupération. Les victimes de ransomwares prétendent souvent que payer la rançon leur coûtera moins cher que faire les restaurations - même si leurs sauvegardes sont bonnes. Ce n’est pas faux. Les restaurations prennent souvent une éternité et il n'est pas garanti que les données et les services restaurés fonctionnent parfaitement. Les systèmes sont trop complexes. La restauration des données peut fonctionner, mais lorsque l’on redémarre un serveur ou un service, il y a toujours des erreurs. Ensuite, il faut payer des gens pour récupérer les services récupérés. Sauf que, dans environ 40 % des cas où les victimes ont payé la rançon parce que leurs sauvegardes ne fonctionnaient pas, elles n'ont pas retrouvé un accès facile ou fiable aux données qui avaient été cryptées. Forcément, les auteurs de ransomwares ne se préoccupent pas de savoir si leur malware comporte ou non des bugs et s’ils pourront fournir une clef correcte pour déverrouiller les fichiers des victimes.

Certaines compagnies d’assurance qui couvrent les risques de cyberattaques décident de payer ou non la rançon en fonction du ransomware utilisé pour crypter les données. Même s'il semble moins coûteux de payer la rançon, les compagnies d'assurance savent que cela ne garantie pas nécessairement que les données chiffrées seront à nouveau utilisables. Beaucoup d'entreprises qui paient la rançon embauchent aussi des experts en récupération. Tout comme celles qui pensent avoir de bonnes sauvegardes et refusent de payer la rançon. L’idée n’est pas de blâmer les éditeurs de logiciels de sauvegarde ou les services de sauvegarde de données, même si certains peuvent proposer des solutions assez complexes. Si vous suivez les recommandations du fournisseur et effectuez les bons tests, vous pouvez disposer de sauvegardes fiables et testées. Mais, là encore, peu de gens le font.

8 étapes pour sauvegarder et restaurer efficacement les données

  • Faire des tests de sauvegarde et de restauration une priorité absolue.

  • Affecter une personne à cette tâche spécifique de sauvegarde et de restauration et ne pas la confier à une personne qui a déjà 30 tâches à réaliser sur sa liste.

  • Tester la restauration de tous les systèmes critiques dans leur intégralité et s’assurer que les applications prises en charge fonctionnent comme prévu. Ne pas attendre une attaque de ransomware pour réaliser le processus complètement.

  • Documenter le processus de test de restauration étape par étape, et tout ce qui permet de prouver que le fonctionnement des applications après restauration est parfait. Les tests de restauration réels devraient être documentés, y compris ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné. La plupart des gens qui effectuent des tests de restauration complets pour la première fois constatent que leurs processus ne fonctionnent pas comme prévu. Il arrive souvent que le premier test échoue. Testez, apprenez, corrigez et testez à nouveau. Et documentez.

  • Effectuer des sauvegardes sur plusieurs périodes (p. ex., quotidiennes, mensuelles).

  • Chiffrer les sauvegardes.

  • Stocker les sauvegardes dans des emplacements multiples, séparés et physiquement distincts, dont certains, hors ligne pour les tenir hors de portée des ransomwares et des pirates informatiques.

  • Éviter la pratique de la case à cocher pour la conformité. Les sauvegardes et les restaurations de tests sont plus qu'une simple question de checklist. Montrer à l’auditeur les données détaillées des restaurations, des tests et des tests d'application qui prouvent que tout a été fait dans les règles de l’art. L’industrie est confrontée à un très gros problème. Les sauvegardes ne sont pas aussi fiables qu'on le pense ou qu'on le dit. Il est temps de le reconnaître, d'en parler, de responsabiliser les bonnes personnes et de mobiliser les ressources nécessaires pour le résoudre et commencer à faire ce qu’il faut, avant que les malwares ne viennent révéler ces défaillances.

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