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Etes-vous prêts pour le serverless ? (2e partie)

Comme toute technologie disruptive, le serverless suscite beaucoup d'espoir, mais aussi beaucoup de battage médiatique. Alors comment savoir si la technologie convient à son entreprise ? Une attitude objective et une planification rigoureuse pourront vous aider

La rédaction

Après une première partie axée sur les usages et les avantages du serverless, nos confrères d'IDG détaillent les inconvénients, l'impact sur les workload et l'aspect intégration.

Quel impact sur les workloads ?

À plusieurs titres, le serverless peut contribuer à alléger la charge de travail des équipes IT. Notamment, celles-ci n’ont plus à se préoccuper des tâches de performance, de fiabilité, de maintenance et de sécurité des serveurs. « La plate-forme serverless prend en charge tous les contrôles de santé pour garantir le temps optimal de fonctionnement des applications, gère le système d'exploitation sous-jacent, en particulier pour appliquer les derniers correctifs de sécurité ou pour vérifier que l'infrastructure sous-jacente a la capacité suffisante pour gérer les charges de travail en cas de pic d’activité », a expliqué Brent Austin, architecte principal de la stratégie de plate-forme cloud chez Liberty Mutual Insurance.

Mais le serverless allège aussi la charge de travail des développeurs. « Le fait d'écrire moins de code, en particulier du code d'infrastructure, est intéressant pour les développeurs », a également fait remarquer M. Austin. « Il leur permet de se consacrer davantage au déploiement de fonctionnalités métier, et de laisser la plateforme serverless gérer le provisionnement de l'infrastructure. C’est à coup sûr un très gros avantage pour une entreprise IT ». Ce gain dans les temps de développement peut également rendre les entreprises plus agiles et plus innovantes. « La technologie serverless est le moyen le plus rapide de transformer une idée en solution opérationnelle », a déclaré pour sa part Miha Kralj, directeur senior de la stratégie, de l'architecture et de la livraison cloud pour l’entreprise de services professionnels Accenture. « C’est une approche parfaite pour développer rapidement des applications, car il suffit d’écrire quelques lignes de code seulement ».

Paradoxalement, le serverless peut parfois aussi accroître les efforts, mais pas au point de réduire à néant les nombreux avantages de la technologie. « Créer les fonctions et assembler les API pour obtenir le résultat dont l'entreprise a besoin peut demander plus de travail », a mis en garde Greg Cox, architecte CTO senior chez Sungard Availability Services, un fournisseur de services de reprise après sinistre. La suppression des bugs peut également alourdir la charge de travail. « Sans sécurité, tests, surveillance et gestion de la configuration standardisés, les bugs serverless peuvent être très insidieux », a aussi alerté Bert Johnson, consultant principal pour le cloud chez AHEAD, un développeur de plates-formes pour les entreprises numériques. Ce dernier fait remarquer que les erreurs amplifient les carences du processus de développement logiciel et oblige les développeurs à abandonner des tâches critiques pour mener des missions de recherche et de réparation.

Inconvénients du serverless

Malgré ces nombreux avantages, le serverless présente également quelques inconvénients importants. Par exemple, la technologie n'est pas la plus adaptée pour des opérations qui s’étendent dans le temps. « L'approche serverless n’est pas la plus efficace si l’on veut exécuter une tâche ou un processus dont le calcul prend beaucoup de temps », a expliqué Kevin McMahon, directeur exécutif des technologies mobiles et émergentes de l’entreprise de consulting SPR. « Actuellement, Azure Functions et AWS Lambda ne peuvent fonctionner respectivement que pendant 10 à 15 minutes maximum ». Les démarrages à froid peuvent aussi réfréner l’enthousiasme de certains adoptants du serverless. « Un démarrage à froid correspond au temps - typiquement quelques dizaines de millisecondes - nécessaire pour réactiver une fonction pour l'exécuter », a expliqué M. McMahon. « Dans la grande majorité des cas d’usage, ce temps est négligeable, mais parfois, ce délai est inacceptable et le serverless n’est pas la plus adaptée à ce type de fonctionnement ».

Un possible verrouillage du fournisseur pourrait aussi dissuader les adoptants potentiels. « Les responsables IT et les directeurs du développement doivent savoir que les principaux systèmes serverless - AWS Lambda, Azure Functions et Google Cloud Functions - ne sont pas interopérables », a prévenu M. Kralj. Du point de vue de la sécurité, le serverless représente un défi unique. « D'une part, le risque est limité par les courtes durées d'exécution et l'isolement du système d'exploitation hôte sous-jacent », a fait remarquer Rani Osnat, vice-président de la stratégie pour le développeur de logiciels de sécurité Aqua Security. « Mais, les fonctions véhiculent souvent trop de permissions ou de composants vulnérables, si bien que les fonctions serverless peuvent servir d’étape intermédiaire à une attaque pour accéder à d'autres ressources », a-t-il ajouté. « Le serverless doit être configuré de manière sécurisée et il doit être surveillé pour détecter les anomalies et les abus », a encore recommandé M. Osnat.

Les adoptants de la technologie doivent également être prudents au moment d’estimer leurs besoins en capacité. « Les serveurs traditionnels tombent en panne quand ils dépassent leur capacité, ce qui évite les dépassements de coûts », a expliqué Tim Growney, le CTO de Medinas. « Par contre, la capacité de mise à l’échelle du serverless est relativement illimitée, ce qui peut conduire à des erreurs très coûteuses si vous n’y prenez pas garde ». Enfin, les entreprises qui ont déjà adopté le serverless peuvent aussi voir leur masse salariale augmenter. « Une entreprise très axée sur la technologie va consacrer beaucoup d’argent au recrutement et à la rémunération des développeurs, et ce poste de dépenses peut dépasser tous les autres », a pointé Patrick Navarro, vice-président exécutif et responsable du cloud pour le cabinet de recrutement IT Jefferson Frank. « Les développeurs qualifiés et compétents sont rares et, par conséquent, ils coûtent chers à l’embauche et il faut savoir les retenir ».

Un facilitateur d'intégration

Alors que les fournisseurs de cloud ajoutent sans cesse de nouveaux services à leurs plateformes, les responsables IT doivent relever le défi de tout regrouper pour construire une solution cohérente qui pourra s'intégrer à leurs applications existantes exécutées soit dans le cloud, soit dans un datacenter. « Le serverless est idéale pour répondre à ce nouveau défi d'intégration », a déclaré M. Kralj. « Parce qu’il est réactif par nature et piloté par les événements, le serverless permet des connexions en temps réel entre les services, en phase avec les besoins des solutions modernes ». Les adoptants potentiels devraient considérer et évaluer le serverless comme ils le font pour n’importe quelle autre technologie disruptive.

« Prenez le temps d'apprendre et de comprendre le produit serverless avant de le mettre en œuvre », a conseillé John Kovolski, architecte cloud du consultant IT Anexinet. « Au minimum, prenez du recul », a-t-il ajouté. Pour avoir une idée précise des avantages opérationnels et financiers potentiels d’un système serverless, M. Kovolski suggère de mesurer la performance des systèmes actuels et de comparer ces résultats avec les données planifiées du nouveau système. M. Growney suggère de passer progressivement à cette technologie. Le « serverless » n'est pas nécessairement une technologie « globale », a-t-il expliqué. « Elle peut être utilisée aussi peu ou autant que nécessaire ».

Lire la 1ère partie de l'article.

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Etes-vous prêts pour le serverless ? (2e partie)