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La Banque d'Angleterre fixe le cap sur le cloud

En pleine phase de modernisation, la Banque d'Angleterre met le cap sur le cloud natif avec comme objectif de disposer d'une infrastructure IT opérationnelle pour les besoins de demain comme l'IA.

La rédaction

La Banque d'Angleterre lance un appel d'offres pour trouver un partenaire qui l’aidera dans « la conception, le développement d’un environnement cloud moderne et adapté aux besoins, et en garantira le bon fonctionnement ». La banque britannique se donne deux ans, à partir d’avril prochain, pour accomplir ce qu’elle qualifie de « changement radical ». L’objectif est d’offrir aux développeurs un environnement cloud « pour développer, tester et déployer leur code, tout en y associant les parties prenantes, la formation et le support », mais aussi les équipes de sécurité et le personnel chargé de la gouvernance d'entreprise, afin qu’elles comprennent mieux comment l’usage « d’outils numériques et la « gouvernance as code » - c’est-à-dire, une codification du fonctionnement des applications et de l'infrastructure – favorise une conformité de la gouvernance de l'information qui habilite le personnel à collaborer en toute sécurité ».

Parmi ses nombreuses activités, qui couvrent la réglementation jusqu’à la recherche, la Banque d'Angleterre est responsable de 485 milliards de livres d'actifs et, à travers le système de paiements transfrontaliers instantanés (TARGET2), la banque traite quotidiennement 650 milliards de livres de transactions. Elle effectue également des « stress tests » réguliers, réalisant des analyses assez complexes pour évaluer si la banque peut résister à des chocs financiers divers, d’où les fortes exigences de l'institution en matière de fiabilité du temps de disponibilité et d'intégrité des données pour toutes ses infrastructures technologiques.

Cet appel d'offres fait suite à la publication par la banque, en juin dernier, d’un rapport intitulé « Le Futur de la finance », commandé par Huw van Steenis, financier et ancien conseiller principal du gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney. Dans ce rapport, Huw van Steenis, désormais conseiller du CEO d’UBS, appelait la banque, et plus largement le secteur des services financiers du Royaume-Uni, à « adopter le cloud ».

Répondre aux besoins de demain notamment l’IA

Dans un discours intitulé « Une plate-forme pour l'innovation » prononcé l’an dernier lors de la conférence Innovate Finance Global Summit organisé à l’Hôtel de Ville de Londres, Mark Carney, gouverneur sortant de la Banque d’Angleterre - il quittera ses fonctions fin janvier - avait exposé sa vision technologique. Dans ce discours, Mark Carney avait appelé à « un certain nombre de mesures concrètes pour créer un environnement propice à un système financier plus résilient, plus efficace et plus performant ». L’appel d’offre de la Banque d’Angleterre va certainement dans ce sens. Même si elle a déjà eu recours aux services cloud, notamment pour son centre des opérations de la sécurité (SOC) et son nouveau hub central de données, la banque veut désormais s'engager davantage dans le cloud pour « profiter des avantages des services de cloud publics, notamment de la flexibilité des plateformes et de l'infrastructure IaaS ». La banque a précisé que cette stratégie devait lui permettre de disposer « de l'environnement approprié pour répondre aux exigences de ses activités bancaires, présentes et futures ».

Le recours au cloud devrait également permettre à la banque d’être plus à même d’utiliser l'intelligence artificielle. « Les solutions basées sur l'intelligence artificielle sont de plus en plus importantes pour détecter les fraudes et se protéger de manière automatisée et intelligente contre les menaces », avait également déclaré M. Carney. « Comme le savent certains, l’IA peut s’avérer très intéressante dans les évaluations de crédit, la souscription de prêts massifs et le commerce. Chacun de ces aspects de la supervision se prête, dans une certaine mesure, à l'automatisation, à l'apprentissage machine ou à l'IA ».

Cap sur Kubernetes et les micro-services

L’énoncé de travaux, publié mi-janvier, donne une bonne idée de ce que veut faire la banque pour moderniser ses systèmes. Les technologies et les architectures clouds natives, comme les conteneurs et les micro-services, sont clairement privilégiés. Le document fait explicitement état « d’une expérience dans le développement, la maintenance et l'exploitation d'outils opérationnels complexes, notamment Kubernetes », ainsi qu’une connaissance et une expérience des micro-services et une « implication patente avec la communauté des développeurs ». Parmi les autres compétences souhaitées, le document précise une expérience dans les langages de programmation modernes comme Angular, Golang, Java, Python et C#, plus des qualifications Kubernetes Administrator (CKA) et d'autres certifications.

Pour la deuxième fois, la banque procède à une reconstruction majeure de son énorme datacenter, certains problèmes de démarrage ayant rendu la première itération inutilisable. La banque prévoit de lancer cette seconde version cette année, en collaboration étroite avec l'entreprise Cloudera, spécialiste de Hadoop (après sa fusion avec Hortonworks) et en utilisant diverses technologies open source. Adrian Waddy, responsable technique de la plate-forme big data de la banque, avait précédemment expliqué l'importance de l'automatisation, du provisionnement dynamique et de la virtualisation de ce « Data Hub II ». « L'une des principales différences en termes d'environnement, c’est que nous passons effectivement de un à trois clusters de production distincts », avait-il déclaré l’an dernier au Dataworks Summit de Barcelone. « Cette évolution repose en grande partie sur l'offre cloud Azure et elle signifie que nous pourrons adapter ces clusters à la charge de travail ». Désormais, la banque cherche à modifier radicalement la manière dont elle héberge ses services. Elle espère que « ces améliorations en matière de sécurité et d'offres des fournisseurs lui apporteront de réels avantages opérationnels ».

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