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Les entreprises s'immergent dans la réalité augmentée
Les débouchés concrets de la réalité augmentée en contexte industriel et de services montent en puissance. Les HoloLens 2 sont notamment utilisés chez L'Oréal dans ses usines et par le Muséum d'Histoire Naturelle pour voyager dans le temps avec des espèces disparues.

Les débouchés concrets de la réalité augmentée se multiplient dans les entreprises. C'est notamment le cas de L'Oréal qui développe des projets dans ce domaine en s'appuyant sur une équipe IT et IA très large (1 700 personnes environ). Dans le cadre de sa transformation digitale, le groupe français de cosmétiques cherche à « inventer la beauté du futur », a expliqué Barbara Lavernos, directrice générale adjointe en charge de la technologie, de l'innovation et de la recherche lors d'un récent point presse de Microsoft. Deux initiatives à base de réalité augmentée ont été mises en place et présentées.
La première s'invite dans les usines du groupe dans le cadre de son projet « workplace intelligent » afin de repenser des environnements de travail et espaces de collaboration. Déjà familiers de Microsoft Teams, les opérateurs en usines ont été équipés du casque de réalité augmentée Hololens 2 afin d'améliorer leur interaction avec leurs interlocuteurs. Ces derniers l'utilisent lorsqu'ils réceptionnent des équipements tels que des grands kits de fabrication, de grandes lignes de conditionnement, ou encore du matériel de maintenance. « Il faut que la technologie soit instinctive pour répondre des besoins pratiques », explique Barbara Lavernos. Lors de la réception de ces matériels, les opérateurs devaient se déplacer pour accompagner et valider différents points techniques. Désormais, ce processus peut être effectué via Hololens couplé à Office 365 Remote Assist pour effectuer par exemple des annotations et des remarques suite à ces inspections. Une réduction des temps d'intervention de 50% a été constatée ainsi qu'une baisse de l'empreinte environnementale liée aux déplacements, sans précision chiffrée toutefois.

Les débouchés de la réalité augmentée chez L'Oréal sont bien réels avec à la clé des gains de temps et de déplacement. (crédit : L'Oréal)
De l'essayage virtuel de maquillage personnalisé
Un second cas d'usage mis en avant par L'Oréal, cette fois orienté BtoC, concerne l'essayage virtuel avec le produit « Rouge sur mesure » créé pour Yves Saint-Laurent. L'Oréal a conçu dans ce cadre un système de maquillage portatif permettant de créer un rouge à lèvres personnalisé parmi 5 000 teintes. Couplé à une application mobile et quelques algorithmes de personnalisation, ce système permet de prendre en compte des besoins spécifiques (sélection de styles de maquillage correspondant au look du consommateur, tendance de coloris adaptée en fonction de ses accessoires comme un sac à main...) afin de proposer une teinte unique et adaptée aux critères du consommateur. L'Oréal n'est pas seul sur le créneau du « Virtual Try On », c'est également le cas d'Estée Lauder qui a mis en place des services de réalité augmentée permettant aux consommateurs d'essayer virtuellement du maquillage.
Par ailleurs, L'Oréal a mis au point un QR code, bientôt présent sur l'ensemble de ses produits, pour fournir des informations de lieux et dates de production, ingrédients, contrôle qualité... « On a aussi sur les QR code des programmes de fidélité, des tutoriels, des outils de diagnostic pour avoir un dialogue permanent avec nos consommateurs », indique Barbara Lavernos qui précise que le temps passé par les consommateurs pour se renseigner sur les produits a été multiplié jusqu'à 5 avec ce QR code présent pour la première fois sur un baume de La Roche-Posay.
10 spécimens disparus revenus à la vie avec les Hololens 2
Au sein du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, les visiteurs qui sont arrivés cet été dans la grande galerie de l'évolution ont eu une surprise de taille au 2e étage avec la salle des animaux disparus. Accueillant 345 spécimens d'espaces menacées ou disparues, 10 ont été recréés en virtuel et s'intègrent au décor historique de la salle. « Les visiteurs sont accueillis par deux animateurs qui leur expliquent le fonctionnement de la réalité augmentée et leur parcours dans la salle avec ces lunettes », explique Marie Wacrenier, responsable du service muséographique et technique du Muséum. En tout, 10 espèces ont été reconstituées en 3D et s'animent, interagissent avec les visiteurs équipés en casques Hololens 2. « Les vitrines s'animent et les animaux bondissent parmi les visiteurs et une voix off explique l'histoire des espèces et comment celles-ci ont disparu », poursuit Marie Wacrenier. « Les gens sont émus par la proximité des animaux rencontrés au travers de cette expérience qui permet de les sensibiliser à l'exploration du vivant ».
Cette visite d'un vivant passé, mais ravivé par la technologie de réalité augmentée ne dénature en rien le patrimoine du musée à laquelle ses représentants sont sans surprise très attachés. « Cette technologie permet d'apporter un contenu et créer de l'émerveillement chez des visiteurs qui pour la plupart n'ont jamais testé cette technologie», s'enthousiasme Marie Wacrenier qui prévoit déjà de développer d'autres initiatives similaires à l'avenir.

L'intégration de personnes distantes au sein d'un environnement réel commence à être possible avec les Hololens 2 mais est encore loin d'être parfaite. Sur l'écran de droite : Florent Gilard, fondateur et directeur général de Saola Studio et Marie Wacrenier, responsable du service muséographique et technique du Muséum national d'histoire naturelle. (Crédit : Microsoft)
Cette expérience de réalité augmentée a été rendue possible non seulement avec le casque Hololens 2 de Microsoft mais aussi avec un studio de création qui a élaboré ce projet. « On a travaillé sur des recherches pour modéliser des espèces qui ne l'avaient jamais été », indique Florent Gilard, fondateur et directeur général de Saola Studio. « On a travaillé la 3D et les espaces de la galerie déployés sur Azure qui s'affichent dans les lunettes ». La technologie de Microsoft a été sélectionnée pour la qualité de ses capteurs et de son système de repérage dans l'espace, et le fait qu'il n'y ait besoin d'aucun boîtier externe pour fonctionner. Petit bémol : le champ de vision qui n'est pas encore optimal bien que tout de même confortable. « On attend les Hololens 3 et 4 pour l'agrandissement du champ de vision mais Hololens est quand même le système qui permet de rentrer le plus en immersion ». Chaque jour, 300 à 350 visiteurs ont pu profiter de ces séances avec des animaux perdus de vue et pourtant qui n'ont jamais été aussi si proches qu'aujourd'hui grâce à la réalité augmentée.
