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Broadcom vs AT&T : une hausse de 1050% des licences VMware en cause

Le combat entre AT&T et Broadcom sur le contrat avec VMware continue devant la justice. Dans un email, une dirigeante de l'opérateur américain estime que l'augmentation demandée par Broadcom avoisine les 1050%.

La rédaction

Coup pour coup. AT&T et Broadcom se livrent à la fois une bataille judiciaire, mais aussi de communication. Pour rappel, le premier a attaqué le second pour « rupture de contrat, d'engagement implicite de bonne foi et d'équité ». L’opérateur détient des licences perpétuelles pour ses logiciels VMware et des services de support dont le terme échu le 8 septembre. Il dispose d’une option pour prolonger ce contrat d’assistance pour 2 ans, mais Broadcom a depuis modifié sensiblement le mode de tarification des produits VMware (en mettant fin aux licences perpétuelles et en regroupant les logiciels). Il se voyait bien imposer ses nouvelles conditions à AT&T. Une modification à plusieurs centaine de millions de dollars.

Le niveau d’augmentation était cependant passé sous silence. Un email échangé entre la vice-présidente et directrice générale d’AT&T Susan Johnson et Hock Tan, le CEO de Broadcom, consulté par nos confrères de The Register, donne la réponse. « Après plus de 10 ans de relations stratégiques avec Broadcom, je suis au regret de vous annoncer que nous semblons être dans une impasse en ce qui concerne notre accord avec VMware », explique-t-elle. Et d’ajouter que la proposition de contrat sur 5 ans au lieu de la prolongation de la prise en charge des licences et le support jusqu’à septembre 2026 aboutit à « une augmentation de 1050% en un an ». Elle qualifie cette inflation « d’extrême et n'est certainement pas la façon dont nous attendons de nos partenaires stratégiques qu'ils fassent des affaires avec AT&T ».

Une migration pas si évidente

Ce document a été aussi utilisé récemment par Broadcom pour répondre à la plainte de l’opérateur. En effet dans ce message, la dirigeante évoque une réflexion sur « la possibilité d'une migration hors VMware depuis que Broadcom a annoncé en décembre 2023 qu'elle forcerait les clients à utiliser un nouveau modèle d'abonnement plus coûteux pour ses licences logicielles VMware ». Un plan de migration était même envisagé « pour un montant de 40 à 50 M$ et un ROI très rapide ». Cependant, le même document montre que ce projet se heurte à la réalité. « Le logiciel VMware est intégré dans les produits qu'AT&T achète à ses fournisseurs et qu'il utilise pour assurer le fonctionnement du réseau. Pour cette raison, AT&T ne peut pas prendre la décision unilatérale de mettre fin à l'utilisation du logiciel VMware ». L’opérateur constate par ailleurs « les défendeurs [NDLR Broadcom] n'ont pas facilité les choses puisque nous comprenons qu'ils empêchent certains fournisseurs de nous vendre certains produits. »

Dans sa réponse, Broadcom mettait aussi en avant que l’opérateur américain se servait de nombreux logiciels VMware anciens et non pris en charge. La plainte servait donc à « s'assurer d'un support temporaire tout en se préparant à migrer complètement hors de VMware ». David J. Brickhaus, vice-président chargé de la technologie et des opérations mondiales chez AT&T, admet que l’entreprise utilise du code en fin de vie, mais seulement sur 3% des serveurs qui n'exécutent pas de logiciels critiques et ne peuvent pas être mis à niveau pour utiliser des produits VMware plus récents. Une bataille d'arguments qui intervient dans un contexte de tension entre Broadcom et les clients/partenaires de VMware. Certains ont décidé de passer par la case justice avec succès comme Thales. D'autres négocient avec des avocats comme Cheops Technology qui se plaignait récemment d'une hausse de 200 à 700% du prix des licences.

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