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OpenShift IA et virtualisation, fers de lance de Red Hat France
La filiale française de Red Hat a tenu son événement Summit Connect 2024 à Paris. L'occasion de mettre l'accent sur les principaux axes stratégiques qui vont doper l'activité des prochains mois autour d'OpenShift IA et l'offre de virtualisation en alternative à VMware.

C'est à la Maison de la Mutualité (Paris) que Red Hat France a donné rendez-vous à ses clients et partenaires pour partager sa vision et ses ambitions pour les mois à venir. Sans surprise, comme avait pu nous l'indiquer dans une dernière interview vidéo Remy Mandon, son country manager, les grands axes de développement de la filiale d'IBM sont tournés vers la modernisation du SI emmenée par l'IA, la virtualisation et l'automatisation. Pour répondre à ces enjeux, l'éditeur au chapeau rouge estime être bien placé et met en avant sa communauté de 12 000 développeurs travaillant sur de nombreuses avancées technologiques faisant office de courroie d'entrainement à la modernisation des infrastructures et des applications. "Le principal moteur de l'innovation chez nos clients est lié à la rationalisation des coûts, au besoin de simplification d'environnements informatiques devenus aujourd'hui complexes et au besoin d'accélération de la mise en production le plus rapidement possible de nouvelles applications et des services", a lancé Remy Mandon.
Au cours de cette matinée, Red Hat a évoqué des discussions "pas forcément joyeuses" avec ses clients sur les augmentations de coûts liés à leurs technologies de virtualisation pouvant être multipliés par 3, 5, 7 voire 10 fois dans certains cas. Sans jamais citer VMware - qui s'est pourtant fait remarquer dernièrement pour ses hausses de tarifs jusqu'à provoquer un gros malaise avec AT&T - l'éditeur open source a logiquement mis en avant sa plateforme OpenShift Virtualization comme proposition de valeur idéale aux entreprises prêtes à aller voir ailleurs. "Nous avons une brique très robuste et performantes qui peut s'adapter à tous les environnements", a lancé David Martini, senior solution architect chez Red Hat France. "Avec cette seule et unique plateforme il est possible d'héberger des machines virtuelles et des containers avec une même interface, un même écosystème et les mêmes compétences." Et le responsable de mettre notamment en avant le retour d'expérience de Goldman Sachs qui a migré de plusieurs dizaines de milliers de VM vers OpenShift Virtualization. Cette plateforme (aussi connu sous KubeVirt en version communautaire) - toujours en cours de développement - promet d'exécuter des machines virtuelles parallèlement à des conteneurs depuis la même plateforme, avec à la clé, une simplification de la gestion et une réduction des délais de production. Techniquement, OpenShift Virtualization exploitent des pods qui fonctionnent sur l'hyperviseur KVM.
Traçabilité et transparence d'une infrastructure IA à base d'open source
Parmi les utilisateurs d'OpenShift - aux côtés d'Airbus Helicopters qui a mis en production cette solution début 2024 pour accompagner la montée en puissance des besoins métiers émergents en s'appuyant sur une plateforme scalable et agile - on trouve Dassault Aviation. Invité à témoigner sur scène, cet acteur stratégique de la défense, a évoqué la mise en place d'un environnement OpenShift Container Platform et AI pour lequel ses clusters Kubernetes ont été migrés de Tanzu (VMware) vers la distribution Kubernetes OpenShift. Parmi les projets menés, la mise en place d'une IA pour assister les pilotes dans leurs tâches afin de "diminuer leur charge cognitive", a expliqué Laurent Bendavid, DSI de Dassault Aviation. D'autres challenges seront relevés ces prochains mois comme l'industrialisation de la gouvernance IA, l'automatisation du traitement des données via des pipelines intégrés ou encore l'augmentation conséquente des ressources GPU dans des clusters OpenShift AI. Cette plateforme a été améliorée pour déployer des applications d'IA générative à grande échelle en incluant la capacité de servir des LLM à la périphérie et un meilleur développement des modèles.
Le recours aux technologies d'IA et GenAI en particulier, soulève cependant une question clé pour Red Hat qui a alerté les entreprises sur les LLM qu'elles utilisent. "Les LLM consommés en mode SaaS c'est sympa mais on n'a pas forcément de traçabilité sur la manière dont cela fonctionne, ni la main sur l'aspect financier et ce que cela va coûter à terme lorsque l'on va monter en puissance", a prévenu David Szegedi, directeur technique de Red Hat France. Prêchant pour sa paroisse, ce dernier a invoqué sans surprise l'open source comme la réponse pertinente à tous ces enjeux en piquant au passage ses adversaires propriétaires : "aujourd'hui il y a un certain nombre d'hyperscalers qui, s'ils n'avaient pas une petite techno qui s'appelle KVM pour faire du code public, seraient un tout petit peu embêtés", glisse non sans malice le dirigeant. Pour ce dernier, l'open source aide tout simplement "à y voir plus clair à la fois sur la manière dont on modélise cette intelligence, les modèles et tout ce qui est autour."
