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ArticleInfrastructure & Cloud

OCC, une coalition cloud pas si ouverte

La coalition OCC (Open Cloud Coalition), soutenue par Google, qui est lancée au Royaume-Uni et dans l'UE, est qualifiée de « groupe artificiel » par Microsoft.

La rédaction

Les régulateurs au Royaume-Uni et dans l'UE pourraient contribuer à développer un réel projet en poussant vers une coalition unique réunissant tous les grands acteurs du cloud, plutôt que de finir avec des coalition « ouvertes » et concurrentes, comme dans la guerre des standards de cassettes (VHS/Betamax/V2000) pour magnétoscopes, mais à une plus grande échelle, selon Phil Brunkard, conseiller exécutif au sein d'Info-Tech Research Group, Royaume-Uni. L'analyste réagissait au lancement d'une alliance appelée Open Cloud Coalition (OCC), lancée mardi dernier au Royaume-Uni (UK) et dans l'Union européenne (UE), qui regroupe des fournisseurs de services cloud emmenés par Google (Centerprise International, Civo, ControlPlane, DTP Group, Gigas, Prolinx, Pulsant, Clairoand Room 10). Le groupe a déclaré dans un communiqué qu'il prévoyait de fournir des recherches sur « le marché du cloud pour informer les régulateurs du Royaume-Uni et de l'UE, tout en participant à des consultations sur la concurrence et l'équité du marché. » Il a ajouté que sa formation « intervient à un moment crucial, alors que les régulateurs à travers l'Europe intensifient leur surveillance du marché du cloud. L'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA pour Competition and Markets Authority) du Royaume-Uni enquête actuellement sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles de la part des fournisseurs de cloud dominants, une action qui pourrait remodeler l'industrie. Parallèlement, d'autres pays européens, tels que l'Espagne, le Danemark et même la France, mènent leurs propres enquêtes, reflétant des préoccupations croissantes concernant la concentration du marché et le verrouillage des fournisseurs. »

Le seul bémol est lié au fait que l'organisation est soutenue par Google, ce qui a suscité la colère de Rima Alaily, conseillère juridique adjointe chez Microsoft, dans un message publié lundi. Elle y décrit l'OCC comme un groupe « artificiel » organisé par Google, « conçu pour discréditer Microsoft auprès des autorités de la concurrence et des décideurs politiques, et tromper le public. » L'intensification de la surveillance des hyperscalers, en particulier sur le marché britannique, a souligné M. Brunkard, « est en train de transformer l'industrie du cloud. Je pense que les récentes accusations de Microsoft contre Google montrent les tensions croissantes entre les grands acteurs, mais honnêtement, la question la plus importante semble être de savoir comment les régulateurs tentent de gérer la concurrence et l'équité dans le marché du cloud. »

Une collation fermée à Azure et AWS ?

Cette Open Cloud Coalition affirme qu'elle est dédiée à la concurrence équitable et à une surveillance réglementaire renforcée. « Mais si cette coalition se veut véritablement ouverte, pourquoi les autres grands acteurs comme Microsoft Azure et AWS ne sont-ils pas impliqués ? Dans quelle mesure cette coalition est-elle ouverte si les principaux fournisseurs de cloud n'en font pas partie ? » Selon M. Brunkard, « si l’OCC était vraiment ouverte, elle voudrait probablement inclure d'autres grands noms comme Microsoft et Amazon. Au lieu de cela, il semble qu'ils excluent sélectivement certains acteurs, en favorisant ceux qui sont alignés avec Google. Les régulateurs devront peut-être examiner de près pour voir si les autres membres sont alignés avec Google ou s'ils ont des partenariats plus larges. » Il a ajouté que, « tant que nous ne verrons pas Google travailler aux côtés de Microsoft et d'Amazon, toute affirmation concernant une coalition ouverte visant à améliorer la concurrence, la transparence et la résilience est assez discutable. Il est compréhensible que Microsoft et d'autres se demandent si l'OCC est simplement un coup de marketing plutôt qu'un engagement sincère envers sa mission. »

Cette affaire, a-t-il dit, « dépasse Microsoft et Google ; pour moi, elle montre une tendance plus large où les fournisseurs de cloud utilisent des alliances et du lobbying pour façonner l’environnement réglementaire. » Le Royaume-Uni, a déclaré M. Brunkard, est devenu un « point chaud pour cela, surtout avec la CMA (Competition and Markets Authorit) qui enquête sur AWS et Microsoft après que l'Ofcom a exprimé des préoccupations concernant des pratiques anticoncurrentielles. À mesure que la surveillance s'intensifie, je vois les géants du cloud se positionner comme s’ils étaient les champions de l’ouverture et du choix des clients, tout en cherchant à protéger leurs propres positions sur le marché. » Les régulateurs devraient également « examiner de près si l’OCC sert réellement les objectifs plus larges de concurrence, de transparence et de résilience, ou s’il s’agit simplement d’un autre outil pour certains acteurs de promouvoir leurs propres intérêts », a-t-il dit.

Contrer les manoeuvres de Microsoft

Dans le communiqué de l'OCC, la porte-parole Nicky Stewart a déclaré : « Alors que l'infrastructure cloud devient indispensable, de nombreuses entreprises se retrouvent piégées dans des accords restrictifs, confrontées à des coûts élevés et à des barrières lorsqu'elles essaient de passer ou d'adopter des stratégies multi-cloud. L’OCC est déterminée à inverser cette tendance en promouvant un marché plus compétitif et flexible et en encourageant l’adoption de standards ouverts. » Notre confrére Network World a contacté les régulateurs de l'UE et du Royaume-Uni pour obtenir des commentaires. La CMA a refusé, tandis qu'un porte-parole de l'UE a déclaré : « Nous sommes au courant des développements récents et n’avons aucun commentaire spécifique. Concernant la plainte déposée par Google contre Microsoft, nous confirmons sa réception et que nous l'examinons actuellement dans le cadre de nos procédures standard. »

Le mois dernier, Google a déclaré à l'UE que Microsoft utilise illégalement sa position dominante dans Windows pour contraindre les entreprises à utiliser son service de cloud Azure, sous peine de faire face à une pénalité de 400 % sur les prix et à un refus de mises à jour et de correctifs de sécurité. La plainte indiquait que Microsoft ne punit les entreprises que si elles tentent d'utiliser les produits de trois entreprises rivales : Google, AWS et Alibaba Cloud. Google affirme que les efforts de Microsoft « constituent simplement une pénalité financière artificielle et arbitraire pour ne pas utiliser Azure. Si ces pénalités devaient monétiser la propriété intellectuelle de Microsoft, elles s’appliqueraient à tous les fournisseurs de cloud non-Azure et non seulement aux principaux concurrents d’Azure. » Mme Stewart a indiqué que le lancement de l’OCC ne pouvait pas intervenir à un « moment plus critique. Alors que la surveillance réglementaire s’intensifie, il est vital que toutes les voix soient entendues pour garantir que l’écosystème du cloud reste compétitif et innovant. »

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