Aller au contenu

Préférences et cookies

Afin d’améliorer votre expérience sur notre site et de réaliser des statistiques de visites, nous utilisons des cookies. Rien n’est déposé sans votre accord, et le refus n’enlève l’accès à aucun contenu. Ce choix peut être modifié à tout moment.

Gérer les traceursVos données

Personnaliser

ArticleInfrastructure & Cloud

Arm prêt à commercialiser ses propres puces

Le concepteur de designs de puces britannique Arm envisage de commercialiser ses propres processeurs cette année, avec Meta comme premier client. Jusqu'alors, la société contrôlée par le japonais Softbank licenciait simplement le design de ses puces, que des clients comme Qualcomm ou Nvidia intégraient avant de se tourner vers un fondeur comme TSMC pour la fabrication.

La rédaction

Concepteur historique de puces - fondé à l’origine par Acorn, Apple et VLSI à Cambridge en 1990 avant son rachat par Softbank en septembre 2016 pour 32 Md$ - Arm est désormais prêt à commercialiser ses puces. Franchir ce Rubicon constitue un point de bascule non seulement pour la société, mais aussi pour l'industrie des semi-conducteurs dans son ensemble évaluée à près de 700 Md$ : Arm va en effet concurrencer ses clients ! Selon le Financial Times, le CEO d'Arm Rene Haas dévoilera cet été la première puce commercialisée en direct sans passer par des partenaires comme Texas Instrument, Qualcomm ou Nvidia. Il y a encore quelques semaines pourtant, dans le cadre d'un procès l'opposant à Qualcomm - résolu depuis - le dirigeant déclarait que la société "ne commercialiserait pas de puces". Mais en coulisses tout semble pourtant s'accélérer avec depuis novembre le lancement de recrutements à haut niveau pour piloter la future activité de conception et commercialisation d'Arm.

Arm ne part pas à l'aveuglette dans cette aventure, mais aurait réussi à embarquer Meta en tant que l'un de ses premiers clients. Forbes a par ailleurs rapporté cette semaine que le géant des réseaux sociaux cherchait à acquérir la start-up sud-coréenne FuriosaAI, spécialisée dans les puces d'intelligence artificielle, dans le cadre de son propre plan de développement d'une alternative aux GPU de Nvidia. L'accord pourrait être conclu dès ce mois-ci.

Un risque de concurrence entre Arm et ses propres clients

Ce tournant stratégique pour Arm ne peut être qu'à l'initiative de son principal actionnaire, le conglomérat Softbank et de son CEO Masayoshi Son qui s'est engagé - aux côtés d'OpenAI et d'Oracle - dans un vaste projet adoubé par Donald Trump pour créer le plus grand réseau de datacenters IA au monde, Stargate. Selon des personnes proches du dossier, le lancement de cette première puce conçue par Arm ne constituerait en fait qu'une première étape avant de passer à la commercialisation d'accélérateurs pour l'IA. Un secteur qui le mettrait alors en concurrence frontale avec un certain Nvidia qui avait d'ailleurs un temps envisager mettre la main dessus avant de se rétracter en 2022 raison de "défis réglementaires importants", alors que des pure players du domaine comme OpenAI réfléchissent aussi à concevoir leurs propres puces IA. Reuters a ainsi indiqué que l'éditeur de ChatGPT cherchait à réduire sa dépendance aux GPU de Nvidia.

Il y a quelques semaines, on apprenait également qu'Arm était aussi intéressé pour mettre la main sur Ampere Computing, spécialisée dans la conception de puces pour serveurs, dont un modèle AmpereOne gravée en 3nm par TSMC. Un partenaire qui pourrait bien faire les fruits de la nouvelle stratégie de la société britannique. Arm risque également de s'aliéner certains de ses principaux clients (Qualcomm, Nvidia ou Samsung, Apple étant un peu à part.) si elle va de l'avant avec cette initiative, a prévenu l'analyste Rob Enderle d'Enderle Group. « La concurrence avec vos licenciés est un bon moyen de perdre ces licenciés si vous ne faites pas attention, et cela représente un risque pour les clients qui possèdent une licence de la technologie Arm [...] Cela signifie qu'ils seront en concurrence avec Arm lui-même tout en utilisant sa technologie, mais bien sûr, Arm aura un avantage significatif puisqu'il possède cette technologie. La décision pourrait bien être un mouvement calculé pour Arm, cependant, car l'industrie de l'IA est suffisamment lucrative pour qu'elle puisse gagner suffisamment de ventes directes pour compenser tout revenu de licence qu'elle perd. »

Newsletter

La Quotidienne LMI

Recevez chaque matin l’actualité IT de la rédaction.

Arm prêt à commercialiser ses propres puces