Aller au contenu

Préférences et cookies

Afin d’améliorer votre expérience sur notre site et de réaliser des statistiques de visites, nous utilisons des cookies. Rien n’est déposé sans votre accord, et le refus n’enlève l’accès à aucun contenu. Ce choix peut être modifié à tout moment.

Gérer les traceursVos données

Personnaliser

ArticleInfrastructure & Cloud

Suse renforce son ancrage en France face aux défis VMware et CentOS

L'éditeur allemand Suse tire parti des bouleversements du marché de la virtualisation et de l'open source pour renforcer sa position en France, avec des opportunités inédites dans la migration VMware et l'orchestration Kubernetes.

La rédaction

Les changements de politique tarifaire de Broadcom sur VMware et les restrictions de Red Hat autour de CentOS ont créé des remous dans l'écosystème IT français, ce qui profite in fine à Suse. L'éditeur allemand, détenu par un fonds de pension suédois, observe une accélération significative de la demande pour ses solutions. Cette dynamique s'appuie sur trois piliers stratégiques : l'accompagnement des migrations VMware, le développement de Rancher pour Kubernetes, et la croissance de Suse Linux Enterprise auprès des hyperscalers et grands comptes français.

Alors que les entreprises françaises cherchent des alternatives à VMware après le rachat par Broadcom, Suse capitalise sur son écosystème open source pour proposer des solutions de virtualisation, de conteneurs et de cloud hybride. Olivier Raffy, directeur général de Suse France, témoigne d’une demande exponentielle : « Depuis des mois, tous nos clients, grands comptes (BMW, Airbus ou des opérateurs télécoms) comme PME, nous sollicitent pour migrer leurs infrastructures VMware. » L'augmentation significative des coûts de licensing VMware pousse les entreprises à reconsidérer leurs architectures. « Il n'y aurait pas eu cette vague si Broadcom n'avait pas fait ça », précise Thomas Di Giacomo, CTO global de Suse. Cette dynamique profite directement à l'éditeur qui s’appuie sur l’hyperviseur KVM intégré à sa distribution Linux Enterprise, reconnu pour sa polyvalence dans les environnements cloud hybrides. D’ailleurs presque toutes les alternatives à vSphere – AHV chez Nutanix, Proxmox VE ou encore Red Hat OpenShift Virtualization, sur base Kubevirt comme la solution Suse Virtualization, reposent sur KVM. « Nous avons un taux de conversion de 30% sur nos POC VMware », précise le DG de Suse France.

Suse renforce son ancrage en France face aux défis VMware et CentOS

La stratégie de Broadcom autour de VMware crée une opportunité historique pour de nombreux fournisseurs dont Suse. (Crédit Suse)

Un positionnement européen renforcé face aux géants américains

Dans un contexte géopolitique tendu, Suse met en avant son origine européenne comme un atout concurrentiel majeur. « Nous sommes complètement européen et nous savons que c'est une force, donc c'est quelque chose que nous mettons en avant », souligne Olivier Raffy. Cette position stratégique permet à Suse de répondre aux préoccupations de souveraineté numérique qui émergent dans les appels d'offres publics et privés. Le fournisseur observe d’ailleurs une évolution marquée du comportement des clients, avec une prise de conscience plus forte qu'auparavant concernant les risques de dépendance technologique. « Il y a une espèce d'attentisme avec une volonté forte de souveraineté qui va rester je pense ça va perdurer cette fois plus que les fois précédentes », analyse Thomas Di Giacomo, CTO de Suse. Cette tendance se traduit concrètement par des clients qui suspendent leurs décisions d'achat de solutions américaines pour reconsidérer leurs options.

Kubernetes et Rancher : l’atout cloud native

L’acquisition de la start-up Rancher Labs en 2020 pour 600 M$ a transformé Suse en acteur majeur de l’orchestration Kubernetes. La plateforme Rancher et sa déclinaison as service permettent à Suse de se positionner sur le marché en forte croissance du cloud native. Thomas Di Giacomo souligne : « Rancher permet de gérer des clusters Kubernetes distribués, que ce soit sur site, dans le cloud public ou en edge computing. » Et Rancher se distingue par son approche ouverte : « Contrairement à Red Hat OpenShift, nos briques logicielles sont interchangeables. Les clients gardent leur liberté technologique tout en bénéficiant d’un socle sécurisé et certifié FIPS pour les environnements sensibles. » Avec plus de 1 000 clients Rancher en France, Suse capitalise sur l’adoption massive des conteneurs dans les projets DevOps. « On voit même l'intérêt sur du pur IaaS donc des entreprises qui ont du Kubernetes dans EKS si c'est du multizone. Amazon n'a pas de management multizone Kubernetes sur son propre EKS, ça passe donc par Rancher », explique Thomas Di Giacomo.

Suse renforce son ancrage en France face aux défis VMware et CentOS

Suse et OVHcloud proposent Rancher en tant que service managé sur une infrastructure française, répondant aux besoins des entreprises qui souhaitent externaliser la gestion de leurs clusters Kubernetes tout en conservant la maîtrise de leurs données. (Crédit OVHcloud)

Suse Linux Enterprise : le refuge post-CentOS

Les changements de politique de Red Hat concernant l'accès au code source de RHEL et la décision d’arrêter CentOS Linux ont également créé une opportunité significative pour Suse. « Nous proposons des outils de migration transparents vers Suse Linux Enterprise, avec un support étendu sur diverses distributions », explique Thomas Di Giacomo. Cette approche permet à l’allemand de proposer des versions optimisées de son système d'exploitation selon les besoins spécifiques : SAP, datacenter, edge computing, équipements réseau ou encore systèmes embarqués. Interrogé sur la question des apports à l’écosystème open source, l’éditeur met en avant ses contributions au noyau Linux : « Nous sommes le troisième contributeur mondial, devant Intel qui fait les drivers, Red Hat et IBM sont sept ou huitième aujourd’hui. Nous contribuons plus que Red Hat au noyau Linux », indique le CTO. Cette position de contributeur majeur permet à Suse de proposer un support étendu sur diverses distributions Linux, pas seulement la sienne. L'entreprise peut ainsi accompagner les clients dans leurs migrations depuis CentOS ou d'autres distributions en fin de vie. Les grands comptes apprécient particulièrement la compatibilité avec les workloads historiques. « Notre système fonctionne aussi bien sur des mainframes que sur des architectures cloud modernes, ce qui facilite les transitions progressives », ajoute Olivier Raffy. Cette polyvalence séduit les hyperscalers français qui cherchent à réduire leur dépendance aux solutions américaines.

Partenariats et écosystème : la clé du déploiement à grande échelle

Le partenariat avec OVHcloud illustre la stratégie d'ouverture de Suse : « Nous proposons Rancher en mode managé sur leur infrastructure, permettant même aux PME de déployer Kubernetes sans expertise interne », détaille Thomas Di Giacomo. Cette approche collaborative s’étend aux éditeurs comme SAP, où Suse domine 90 % des déploiements on-premise. « Notre business model s'adapte au business model de nos partenaire », explique Thomas Di Giacomo. Cette flexibilité permet à Suse de travailler avec différents types d'acteurs : intégrateurs, cloud providers, MSP ou constructeurs, chacun avec ses spécificités commerciales. Face aux défis de cybersécurité, Suse intègre également NeuVector, une plateforme de sécurisation des conteneurs open sourcée acquise en 2022. « Cela complète notre offre pour les environnements réglementés comme la santé ou la finance », précise Olivier Raffy. L'entreprise mise également sur la certification et la sécurité pour se différencier. Ces certifications ouvrent l'accès aux marchés régulés et renforcent la position de Suse face aux préoccupations de sécurité des entreprises.

L'année fiscale en cours s'annonce prometteuse pour Suse France, qui vient de clôturer ses objectifs de croissance « assez ambitieux » selon Olivier Raffy. Cette performance s'inscrit dans une dynamique où l'entreprise continue de croître sur le marché hexagonal, même si le rythme ralentit par rapport aux années précédentes en raison de la maturité du marché cloud français.

Newsletter

La Quotidienne LMI

Recevez chaque matin l’actualité IT de la rédaction.