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Vivatech 2025 : 3 start-ups à découvrir
Après les grandes annonces du premier jour, le salon Vivatech est aussi le lieu pour découvrir des start-ups adressant différents domaines. La rédaction est allée à la rencontre de trois d'entre elles dans les domaines de la géolocalisation indoor, de l'IA pour l'analyse documentaire, et des jumeaux numériques.

Avec pas moins de 14 000 exposants, le salon Vivatech qui a ouvert ses portes à Paris met en avant l’écosystème numérique avec des représentants du monde entier (le Canada en tant qu’invité d’honneur, la Corée du Sud, les Etats-Unis,…). Les régions françaises sont aussi présentes, tout comme les grandes entreprises pour montrer leur soutien à de jeunes sociétés prometteuses. Sans surprise, la thématique vedette de cette année est (encore) l’IA avec d’importantes annonces au premier jour du salon où plusieurs start-ups se sont emparées du sujet. Mais d’autres sociétés adressant des problématiques variées comme la géolocalisation indoor et les jumeaux numériques ont également été au rendez-vous et la rédaction est allée à leur rencontre.
Wheere, une alternative au GPS pour l’indoor
Sur la connectivité, Wheere adopte une démarche basée sur les ondes basse fréquence pour la géolocalisation. La société a été fondée en 2020 à Montpellier par Pierre-Arnaud Coquelin avec comme objectif de proposer une alternative au GPS et à l’UWB (ultra wide band) dans les environnements clos. Ces deux technologies nécessitent une large bande et des ondes en haute fréquence. Wheere s’appuie sur ondes basse fréquence comprises entre 148 et 174 MHz. A l’aide d’un émetteur propriétaire, de quatre antennes et des traceurs « nous pouvons sur un site d’une centaine d’hectares, nous pouvons avoir une précision comparable à celle du GPS mais en intérieur », indique le fondateur. Il ajoute, « nous avons mis au point une méthode de modulation des ondes comprenant du matériel et des algorithmes qui permet à la fois de traverser les murs et d’atteindre une précision de l’ordre du mètre ».
Les cas d’usage envisagés de cette technologie concernent notamment la gestion des interventions d’urgence (pompiers, forces de l’ordre), la traçabilité de pièces détachées, la localisation d’équipements industriels mutualisés ou encore le suivi de matériel médical en établissement de santé. « Par exemple, lorsqu’un pompier intervient dans un bâtiment équipé, nous sommes en mesure de le localiser précisément, même dans des conditions dégradées », illustre Pierre-Arnaud Coquelin.

Pierre-Arnaud Coquelin, fondateur de Wheere, présente une antenne basse fréquence utilisée pour la géolocalisation précise en intérieur. (Crédit photo: Wheere)
Kwarto, un jumeau numérique pour les antennes télécoms
Retour à l’extérieur et plus exactement sur les toits avec Kwarto. Cette société parisienne a été fondée en 2022 par Thibault Granié et Fabrice Pomiers autour des jumeaux numériques des bâtiments. « Nous avons deux types de marché, les syndics pour les projets de rénovation énergétique et les télécoms pour l’installation des antennes sur les toits », explique Thibault Granié. Les clients sont aussi bien les opérateurs, les propriétaires de parc d’antenne (baptisés aussi Tower Co) et les installateurs. « Avec le jumeau numérique, ils ont les données et le visuel pour accélérer les déploiements », assure le co-fondateur. Les clients vont remplir plusieurs éléments comme les points d’accès, des images en 3D, les adductions au sein du bâtiment.
Une fois ces données collectées, la plateforme de Kwarto donne une vue en 3D avec des mesures « cela évite aux clients de revenir sur site si jamais il y a une modification de l’emplacement de la station de base ». Il peut ensuite choisir dans un catalogue les équipements à installer, les positionner sur l’image, « auparavant il fallait passer par un bureau d’étude » et créer un scénario avec des informations pour les bailleurs ou les ingénieurs radios. « Nous avons aussi pris des images depuis la rue pour l’intégration paysagère requise lors du dépôt de documents en mairie », glisse Thibault Granié. Un gain de temps et d’argent qui ont séduit Totem la filiale dédiée aux antennes d’Orange. Sur la touche IA, « nous avons commencé l’intégration avec Street View de Google pour les vue extérieures évitant une étape mobilisant une ressource », conclut-il.

Thibault Granié, co-fondateur de Kwarto aide les opérateurs télécoms à accélérer le déploiement des antennes mobiles sur les toits avec une plateforme de jumeau numérique. (Crédit Photo : JC)
Emvista, l’IA au service de l’analyse documentaire
Toujours à Montpellier, Emvista se sert de l’IA pour s’attaquer à un défi de taille : la surcharge informationnelle liée à la prolifération des contenus textuels. Rapports, articles, réseaux sociaux, verbatims clients… Fondée en 2018 par Philippe Garnier, Cédric Lopez et Jean Bort, la société propose une solution pour automatiser l’extraction d’événements et d’informations clés à partir de ces sources hétérogènes. Concrètement, la solution transforme les textes en graphes, une structure exploitable par les systèmes d’information et représentant l’intégralité des données extraites », résume Cédric Lopez, cofondateur.
Une approche particulièrement utile dans des secteurs comme la défense. « Nous sommes capables d’identifier automatiquement des événements comme des attaques militaires, attentats, suicides ou réunions diplomatiques, en précisant le lieu, la date et les acteurs impliqués », explique-t-il. À la différence de modèles génératifs comme ChatGPT, Emvista s’appuie sur une IA hybride mêlant différentes générations de technologies. « Nous utilisons à la fois des approches anciennes comme l’IA symbolique, des méthodes supervisées et des techniques plus récentes comme les transformers », précise Cédric Lopez. Déjà utilisée dans la banque, l’assurance, les télécoms ou le notariat, la solution vise aussi l’industrie. « Les sites de production rencontrent régulièrement des problèmes de panne. Or, la panne est un type d’événement que notre technologie sait très bien détecter », ajoute-t-il.

La solution d’Emvista transforme automatiquement de grands volumes de textes en graphes d’informations structurés, facilitant l’analyse et l’exploitation des données textuelles par les entreprises. (Crédit photo: LC)
