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HPE étoffe son offre Private Cloud AI
Annoncée à Discover l'année dernière, l'offre de cloud privé clé en main pour l'IA évolue en intégrant des GPU Blackwell de Nvidia et des fonctionnalités supplémentaires. Le fournisseur en profite aussi pour présenter des serveurs Proliant Gen12 équipés de puces Epyc 5eme génération d'AMD.

Si les agents IA ont monopolisé l’attention du début de Discover, l’évènement annuel de HPE aux Etats-Unis, le fournisseur n’oublie pas la partie matérielle pour l’IA. « Nous sommes à la base une compagnie de hardware avec des serveurs, du réseau et du stockage », rappelle Antonio Neri, CEO de HPE lors d’une conférence de presse tout en soulignant que l’entreprise fête cette année ses 10 ans d’existence après la scission avec HP. L’IA a néanmoins redistribué les cartes, « le changement dans l’innovation va très vite, GenAI, agents IA, … », glisse le dirigeant. Il ajoute, « l’IA demande de la performance et entraîne de la complexité pour l’infrastructure IT ».
Une montée en gamme sur les GPU Nvidia
Pour répondre à ces problématiques, HPE a dévoilé l’année dernière Private Cloud AI. Une offre clé en main comprenant les accélérateurs GPU, les ressources réseaux et les logiciels de Nvidia avec les serveurs, le stockage et un ensemble de logiciels de HPE (sous l’ombrelle Essentials). Elle propose aux entreprises une plateforme flexible pour développer et déployer des applications basées sur l’IA. Depuis, cette plateforme évolue en accompagnant la montée en puissance du portefeuille de Nvidia. Ainsi, HPE propose le serveur ProLiant Gen12 DL380a au format 4U pouvant embarquer jusqu’à 8 GPU RTX Pro 6000 (96 Go de GDDR7) de Nvidia basés sur l’architecture Blackwell et des puces Xeon 6 d’Intel. A noter que si le serveur seul est disponible immédiatement, il faudra attendre la fin 2025 pour le voir dans le Private Cloud AI, assure HPE. Cette annonce est aussi une réponse à celle faite il y a un mois par son concurrent Dell sur une offre similaire.

Le serveur ProLiant Gen12 DL380a peut accueillir jusqu'à 8 GPU RTX 6000 Pro de Nvidia. (Crédit Photo: JC)
Cette montée en gamme s’accompagne également de services supplémentaires. « Nous avons mis en place une option d’isolation (air gap) pour les clients disposant de données sensibles comme dans le domaine de la défense », a précisé Antonio Neri lors d’un point presse. A ceci s’ajoute une architecture fédérée où « les entreprises peuvent mutualiser les GPU de différentes générations sans changer de matériel ou être enfermé sur un seul fournisseur », glisse le dirigeant en ouvrant la porte à des alternatives à Nvidia. Par ailleurs, les systèmes doivent pouvoir collaborer et donc partager les ressources entre des équipes tout en gardant le contrôle sur l'accès aux données, les quotas GPU et les autorisations des projets. Pour simplifier la tâche des entreprises, HPE a pré-validé des cas d’usage comme la détection de fraude, la création d’interfaces homme-machine, la synthèse vidéo, la génération de documents, les opérations de sécurité, … De même, la société étend ses partenariats avec des acteurs comme AI21Labs, Dataiku et Crowdstrike.
Des puces AMD Epyc de 5ème génération pour les serveurs ProLiant Gen12
Si le partenariat avec Nvidia est renforcé sur la partie GPU, HPE n’oublie pas que le marché du serveur évolue aussi. Une récente étude du cabinet Mercury montre qu’AMD continue à prendre des parts de marché à Intel. Dans ce cadre, HPE a présenté les serveurs ProLiant Gen 12 DL325 et DL345 embarquant des processeurs Epyc AMD de 5eme génération (architecture Turin) comprenant 192 cœurs Zen 5 avec une consommation d'énergie maximale de 500 watts. Ils sont capables de gérer jusqu’à 6 To de mémoire DDR5, soit deux fois plus que la génération précédente. Le serveur adresse des workloads de virtualisation ou de VDI indique HPE.

Les serveurs ProLiant Gen 12 DL325 et DL345 embarquent les puces AMD Epyc de 5ème génération. (Crédit Photo: JC)
Sur la virtualisation, les serveurs Proliant de dernière génération vont supporter Morpheus VM Essentials. L’initiative de HPE a été dévoilée en mai dernier et intègre outre l’outil de gestion de cloud hybride (issu du rachat de Morpheus), un hyperviseur basé sur KVM avec une tarification avantageuse par socket, plutôt que par cœur. Une réponse aux changements de politiques commerciales de Broadcom sur VMware. Mais Antonio Neri le répète, « nous ne sommes pas concurrents de WMware, il s’agit d’un partenaire, mais les clients nous demandent une alternative pour réduire leurs coûts de licence ». Pour autant, le mouvement de migration est encore balbutiant, nous a confié un représentant français de HPE, « les clients ont resigné avec VMware pour se laisser du temps et il y a des opportunités pour notre offre qui les rassurent ».
