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Avec Data Transfer Essentials, Google Cloud se conforme au Data Act

Le service de Google est conçu pour permettre aux entreprises de transférer gratuitement des données entre différents services clouds pris en charge, conformément à la loi européenne sur les données (Data Act) et dans le but de réduire la dépendance vis-à-vis d'un fournisseur.

La rédaction

Applicable depuis le 12 septembre, le Data Act commence à s'imposer chez les fournisseurs de services cloud opérant dans l'Union Européenne. Pour se conformer à ce réglement dont les principales dispositions visent à réduire la dépendance des entreprises et organisations publiques vis-à-vis des opérateurs cloud, Google lance un service gratuit de transfert de données pour les entreprises de l'UE et du Royaume-Uni. Cette offre, appelée Data Transfer Essentials, supprime les frais de sortie pour les transferts multicloud au sein d'une même entreprise pour un large éventail de services Google. Selon la société, il s'agit d'une réponse directe à l'article 34 (chapitre VIII) de la loi européenne sur les données. Cet article particulier de la loi permet aux clients d'utiliser simultanément plusieurs services cloud, également appelé traitement parallèle, et stipule que seuls les coûts réels de sortie des données peuvent être répercutés sur les clients, sans ajout de marge bénéficiaire.

Le traitement parallèle est important pour les entreprises qui utilisent des stratégies multicloud, car elles peuvent avoir conçu une application ou un service susceptible de résider sur plusieurs plateformes cloud. Avant l'entrée en vigueur de la loi, ces entreprises étaient confrontées à des défis en matière de transfert de données, notamment en termes de coûts et de compromis de performances. Selon Google, Data Transfer Essentials résout ces problèmes en permettant un transfert de données optimisé en termes de coûts entre deux services d'une entreprise fonctionnant sur des plateformes cloud différentes. Actuellement, il prend en charge 21 services Google, dont Cloud SQL, Spanner, AlloyDB, Bigtable, BigQuery Storage API et Cloud Run pour les clients abonnés à des forfaits premium.

Google va au-delà des exigences de base

Interrogé sur les raisons qui ont motivé l'introduction de ce service, un porte-parole de Google a déclaré que l'hyperscaler allait « au-delà des exigences de la loi sur les données en éliminant les frais de traitement en parallèle pour les clients de l'UE et du Royaume-Uni ». En revanche, Microsoft maintient les frais « au prix coûtant ». De plus, un rapport de 2024 de l'autorité britannique de surveillance de la concurrence, la Competition and Markets Authority (CMA), a montré que Microsoft, à l'époque, trouvait la mise en œuvre de l'article 34 difficile et complexe, invoquant la difficulté d'identifier les clients de l'UE. IBM, quant à lui, a indiqué à l'autorité de surveillance qu'il déterminerait les clients de l'UE en fonction de l'emplacement de leur siège social afin de se conformer à la loi. Selon le rapport, Google était favorable à la conformité et a déclaré qu'il était incité à encourager le multicloud. Les commentaires d'AWS ont été supprimés du rapport, mais l'hyperscaler a confirmé dans une réponse par e-mail à notre confrère NetworkWorld qu'il offrait des frais « réduits » aux clients de l'UE. Il a en outre affirmé que la plupart de ses clients professionnels, près de 90 %, ne payaient déjà rien pour le transfert de données, car l'hyperscaler fournissait gratuitement 100 gigaoctets par mois, à utiliser à toutes fins.

La stratégie de Google pour gagner en popularité

Selon les experts du secteur, le lancement de ce service par Google est une stratégie visant à gagner en popularité. « ... le proposer gratuitement place Google dans une position concurrentielle : cela indique aux entreprises qu'il soutient la flexibilité multicloud plutôt que d'essayer de les enfermer dans son écosystème », a déclaré Derek Ashmore, responsable de l'adoption de l'IA chez Asperitas, une société de conseil en IA et en cloud. « En d'autres termes, il s'agit à la fois d'une nécessité réglementaire et d'une stratégie visant à instaurer la confiance auprès des entreprises clientes qui exigent de plus en plus d'interopérabilité. » M. Ashmore a indiqué que le lancement de ce service ne signifie pas que l'hyperscaler renonce à des revenus importants, car les frais de sortie de données ne représentent qu'une petite fraction du chiffre d'affaires global de la firme, surtout par rapport à la consommation de services de calcul, de stockage et de gestion. « ... la perte de revenus liée à la sortie de données est relativement mineure par rapport à la confiance et au potentiel de croissance que Google obtient en supprimant un obstacle connu à l'adoption du cloud », a ajouté le responsable.

Pour les entreprises, cependant, ce service, ainsi que les autres dispositions de la loi européenne sur les données visant à éliminer les profits tirés des frais de sortie des données, devraient améliorer leur pouvoir de négociation et leur flexibilité, glisse l'analyste. « Les entreprises n'ont plus besoin de s'adapter aux frais de sortie ou d'accepter la dépendance vis-à-vis d'un fournisseur simplement parce que le transfert est trop coûteux. » Il a toutefois souligné que les économies réelles pour les entreprises dépendront « fortement » de la taille des données et de la fréquence à laquelle elles sont transférées. « Pour les entreprises qui traitent des charges de travail de l'ordre du pétaoctet, la suppression des frais de sortie peut se traduire par des économies annuelles significatives de six ou sept chiffres. Pour les petites organisations, le gain le plus important est la flexibilité stratégique plutôt que la simple réduction des coûts », a expliqué le responsable.

Une autre échéance approche

Les hyperscalers s'efforcent également de se conformer à un autre article de la loi, l'article 29, qui vise à éliminer complètement les profits tirés des frais de sortie des données d'ici le 12 janvier 2027. En 2024, Google, AWS et Microsoft ont commencé à supprimer les frais de transfert de données pour les entreprises qui transfèrent leurs activités vers un autre fournisseur de cloud. Ces mesures font suite à la loi européenne sur les données et à d'autres enquêtes sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles menées par la CMA britannique, l'Autorité de la concurrence et la Commission fédérale du commerce (FTC) américaine en collaboration avec l'UE en 2023. Cependant, AWS et Google n'ont pas facilité le processus de demande de dérogation. Chez AWS, par exemple, les entreprises devront envoyer une demande au service d'assistance AWS et attendre l'approbation avant de pouvoir bénéficier d'un crédit pour le coût de la migration des données, a indiqué la société dans un article de blog. Google a également mis en place un processus similaire, dans le cadre duquel une demande doit être soumise pour un examen au cas par cas par l'équipe Google Cloud afin de traiter la suppression des frais.

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