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La fondation OpenInfra pousse OpenStack face à VMware
A l'occasion de son sommet qui s'est déroulé au campus de l'école Polytechnique, la fondation OpenInfra a orienté son discours sur Openstack comme alternative à VMware et aux outils de migration associés. Elle met en avant des gains en termes de coûts et de facilité de gestion des instances.

Selon Gartner, VMware devrait perdre 30 % de ses parts de marché d'ici 2029. Cela représente une opportunité commerciale considérable pour l'open source en général et OpenStack en particulier. Et d'après Forrester, les utilisateurs du spécialiste de la virtualisation qui recherchent actuellement une alternative privilégient l'open source. « Nous devons nous méfier des logiciels propriétaires ou seulement reposer sur un nombre restreint de fournisseurs open source, car cela vous rend vulnérable, pas résilient. Cela ne fait que créer un point de défaillance unique », a prévenu Thierry Carrez, directeur général de l'OpenInfra Foundation en ouverture de l'OpenInfra Summit Paris 2025 à Saclay sur le campus de l'Ecole Polytechnique le 17 octobre 2025. Mettant en avant le caractère de collaboration ouverte et de gouvernance neutre de la fondation, le dirigeant a aussi pointé que les projets portés par la communauté open source ne sont pas sous le contrôle d'une entreprise qui pourrait décider de tout remettre en cause du jour au lendemain.
« Si l'on se concentre sur VMware et Broadcom, la manière dont ce dernier a géré VMware en est le parfait exemple. Il l'a racheté et a imposé des hausses de prix drastiques sur les licences VMware », a rappelé M. Carrez. Face à cette situation, la communauté open source de solutions d'infrastructure (virtualisation, container, stockage, réseau...) a travaillé sur des solutions pour faciliter la migration de VMware vers OpenStack. L'occasion d'en savoir plus sur certaines d'entre elles à l'occasion de démonstrations effectuées en direct lors de ce sommet.

Tour à tour, des éditeurs ont fait la démonstration live sur l'OpenInfra Summit Paris 2025 de la migration d'une instance VMware vers Openstack à l'aide de différents outils open source. (crédit : DF)
4 outils de migration VMware vers Openstack
Lors de l'évènement, plusieurs éditeurs sont venus parler de leur solution pour assurer une migration de VMware vers Openstack.
- Coriolis Cloudbase. Selon la nature de la migration et l'activité des clients,Ken Crandall, senior strategic product manager OpenStack et Kubernetes de Rackspace, a expliqué utiliser plusieurs solutions dont Coriolis de son partenaire Cloudbase. Dans le cadre de sa démonstration, M. Crandall a montré comment il utilise ce produit pour migrer un environnement VMware fonctionnant dans un cloud privé installé dans un datacenter à Chicago vers une instance OpenStack Flex Cloud de Rackspace à 1 400 Km de là, à Chicago. « Cette migration est faite avec des charges de travail qui ne peuvent subir aucun temps d'arrêt », explique-t-il. Ce dernier précise que Coriolis dispose d'un processus qui prend un snapshot de la machine virtuelle existante, la migre, puis crée une nouvelle VM OpenStack à partir de celle-ci. « Nous n'utilisons pas de back-end privé et nous effectuons cette migration vers les points d'accès publics d'OpenStack Flex Cloud [...] Il n'y a pas besoin de droits d'administrateur sur le cloud OpenStack, vous pouvez la faire en tant qu'utilisateur », poursuit M. Crandall. Interrogé sur la plus grande migration déjà effectuée, le responsable produit de Rackspace a expliqué être actuellement impliqué dans une qui concerne de grands volumes de workloads dans le secteur médical. « Il ne s'agit pas de migrer les machines virtuelles proprement dites mais également les ensembles de de données et le stockage. Passer d'un environnement de type infrastructure virtuelle comme VMware à un environnement davantage basé sur le cloud leur apporte des moyens plus intéressants pour réévaluer la manière dont ils déploient leur infrastructure. Beaucoup de ces entreprises ont donc délaissé le cloud, car pour elles, cela signifiait de l'hyperscale. Et en dehors de leur centre de données ou de leurs locaux, c'était tout simplement impossible pour les données médicales, financières et certaines autres activités qu'elles mènent. Aujourd'hui, elles examinent les capacités du cloud et se rendent compte que c'est une réalité, que ce n'est pas une illusion ».
A l'instar de Rackspace, Canonical recourt aussi à Coriolis pour accompagner les entreprises quittant VMware. « Nous créons un environnement cloud natif résilient, sécurisé et automatisé pour effectuer cette migration », explique Emre Eraltan, cloud field engineering manager EMEA de Canonical. « Notre objectif est de nous connecter à VMware, de sélectionner les charges de travail que nous souhaitons migrer et de le faire de manière automatisée, en mode lift and shift ». Pour simplifier la gestion des opérations quotidiennes et les mises à niveau, M. Eraltan a indiqué utiliser pour la migration VMware à Sunbeam, un environnement Kubertenes qui s'installe au-dessus d'OpenStack couplé à plusieurs services d'administration d'environnement et d'assistance. Selon le responsable de Canonical, dans un projet de migration VMware, 20 % du temps de ses équipes est consacré à de la conception et à du déploiement, et 80 % à la conception de l'environnement cloud natif OpenStack doté de toutes les briques en sécurité, résilience et haute disponibilité nécessaires.
- Red Hat OpenStack Ansible Automation Platform. L'éditeur accompagne les entreprises dans leurs projets en utilisant Ansible Automation pour orchestrer l'ensemble de la migration. « Nous disposons donc d'un seul endroit où nous automatisons tous les niveaux de la migration, de la découverte de l'environnement en soi, à l'approvisionnement en ressources, puis au déplacement des charges de travail », indique Soumaya Msallem, partner technical account manager chez Red Hat. « La migration à chaud permet de minimiser les temps d'arrêts en utilisant le suivi des changements de blocs. De cette façon nous n'avons pas besoin de copier toute la VM en une seule fois mais nous transférons ou modifions les données depuis la dernière synchronisation ».
- Worteks. Plus petite société du panel d'entreprises conviées sur scène pour une démonstration, Worteks est originaire de Paris. Au printemps dernier celle-ci a fait parler d'elle en s'étant vue attribuer par la DGFIP le marché d'expertise OpenStack. Pour accompagner ses clients dans leurs projets, la société utilise le kit de migration communautaire de VMware, accessible à tous et qui se présente sous la forme d'une collection Ansible. « Nous créons un hôte de conversion côté OpenStack qui synchronise les données, effectue la conversion et lance l'instance », a fait savoir Eric Marques, responsable devops et infrastructure chez Worteks. Dans certains cas, les migrations peuvent toutefois s'avérer plus complexes : « Parfois les applications qui fonctionnent sur VMware sont plus complexes car elles peuvent dépendre d'autres piles », prévient M. Marques. « Nous devons donc toujours procéder à une évaluation mais le fait est que nous savons avec certitude qu'il y aura toujours un moyen de le faire avec des logiciels communautaires ».
- Zconverter. Installé à San José (Californie), ZConverter propose une solution de migration un peu différente des précédentes. « Nous combinons OpenStack avec nos technologies open source natives d'importation, de migration, de sauvegarde et de récupération », a expliqué DJ Min, fondateur et CEO de la société. « En utilisant ces trois technologies, nous apportons à OpenStack d'autres fonctionnalités, telles qu'une capacité flexible de déplacement vers et depuis n'importe quel hyperviseur ou plateforme cloud. En d'autres termes, une VM miroir peut être migrée très rapidement et facilement vers OpenStack [...] Les grandes entreprises ne peuvent pas effectuer la migration sans migrer les tâches. De plus, pendant le processus de migration, l'ensemble de la machine virtuelle et la charge de travail sont automatiquement protégés par la fonctionnalité de sauvegarde intégrée. Le client n'a pas besoin d'effectuer de sauvegarde supplémentaire avant les migrations proprement dites grâce au script d'automatisation OpenTofu NDLR : [un dérivé de Terraform]. Une fois l'exercice de migration terminé, ils peuvent automatiser l'ensemble du processus et de cette manière éliminer toute erreur humaine. »
