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Infrastructure & CloudGrand dossier2 articlesPublié le

Cloud hybride : optimiser son stockage avec les services en ligne

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

La volumétrie des données explose, 35 Zo d'ici à 2020, soit 45% par an selon IDC ! Le stockage est donc stratégique dans les décisions IT que les entreprises doivent prendre.

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Article 1 sur 2

Stockage cloud, bien plus qu'une simple sauvegarde

Par La RédactionPublié le 4 mai 201210 min de lecture

« Le stockage est la pierre angulaire des environnements cloud. Il faut garantir les ressources, les niveaux de SLA, la gestion, les accès et la sécurité des données, et ce quel que soit le type de cloud» résume David Thomas, responsable commercial  de chez Interoute. Ces mots ont toute leur importance pour un fournisseur de services cloud pour ne pas reproduire l'incident d'Amazon qui a conduit à une perte de données de ses clients. Souvenez-vous, en 2011, un crash des serveurs dans un centre de données d'Amazon en Virginie avait gravement affecté des milliers de sites web hébergés sur Amazon Web Services (AWS). La conséquence de cela est qu'un certain nombre de clients avaient définitivement perdu leurs données faute de stratégie de déduplication rigoureuse des données.  «Nous pensons, à juste titre, que le cloud est un bon moyen pour faire de la réplication grâce aux technologies de virtualisation et garantir ainsi la reprise d'activité. Aujourd'hui, c'est clairement l'aspect de continuité qui prime dans le cloud» rebondit Stéphane Estevez, responsable marketing produit pour les régions EMEA et APAC chez Quantum.

Un backup as a service ou un disaster recovery as a service, c'est ce qui prime aujourd'hui dans le cloud pour de nombreux fournisseurs qui insistent sur la garantie d'une continuité de service. Selon différentes études, en moyenne 40% des opérations de restaurations échouent en local, le cloud pourrait donc se montrer plus performant...Un avis que partage Stéphane Berthaud, responsable avant-ventes chez Veeam qui indique que la récupération des données à la source devient très compliquée entre l'archivage et la sauvegarde. « Avec la version 6 de Veeam Backup et Réplication, nous mettons un point d'honneur sur l'importance de la réplication des données et surtout la reprise d'activité dans les environnements virtuels, c'est une tendance et de nombreux intégrateurs proposent nos offres en mode cloud » reconnaît M. Berthaud.

Le cloud : une extension pour la sauvegarde...

Il est vrai que les données ou les systèmes qui ont été perdus doivent pouvoir être restaurés le plus rapidement possible, et ce, dans leur configuration la plus récente. C'est le seul moyen de limiter les risques de pertes de données, les temps d'arrêt ou les interruptions des activités métiers. Tous les acteurs aujourd'hui proposent des solutions de continuité de services transposables dans le cloud comme les fournisseurs de solutions de virtualisation Microsoft, VMware et Citrix et tous les autres acteurs IBM, Arkeia, Quantum, EMC, Symantec, Falconstor, HP ou Nec IT Platform. Il est difficile de citer toutes les solutions, voici quelques exemples. Déjà la solution Hydrastor que Nec IT Platform vient de lancer. Pour Thierry Marulier, responsable marketing continuité de service chez Nec Europe, c'est une application de déduplication et d'archivage qui se distingue, selon le fabricant par sa scabilité (architecture en grille), ses performances et son avantage TCO pour les entreprises.

HP, de son côté, s'est considérablement renforcé dans ce domaine depuis le rachat de l'entreprise 3PAR il y a deux ans. « Nous commercialisons des solutions dotées des technologies 3PAR avec de la réplication synchrone et asynchrone transposable dans les environnements cloud » confirme Pierre Hoffer, le nouveau directeur de l'entité stockage chez HP. Quant à Symantec, l'éditeur propose Veritas Cluster Server 6.0 pour la haute disponibilité, sans oublier NetBackup 7.5 et Backup Exec 2012 pour la gestion de la sauvegarde et la reprise d'activité rapide et simple. Les deux derniers, l'un comme l'autre, présentent un changement dans le mode opérationnel de la sauvegarde en proposant une plateforme intégrée qui vient remplacer des solutions multiples souvent utilisées aujourd'hui, une fenêtre de sauvegarde réduite, une gestion facilitée et accélérée des données à travers une définition des données à sauvegarder, archiver ou supprimer, des snapshots unifiés et surtout une unification des sauvegardes entre environnements physiques et virtuels avec une meilleure visibilité grâce à la technologie VRay.

Enfin, chez EMC, on confirme aussi que le stockage en mode cloud concerne essentiellement, aujourd'hui, le stockage secondaire pour des opérations de sauvegarde et de déduplication des données. À ce titre, EMC met en avant ses solutions Data Domain, sa solution de sauvegarde à la cible et Avamar pour la duplication à la source qui implique moins de ressources réseau contrairement à une sauvegarde à la cible. Dans la même tendance, Serge Heitzmann, gérant de la société Kiwi Backup met en avant sa solution Kiwi Backup Pro en insistant sur le coût du Go sauvegardé, environ 60 centimes d'euros...

Vers un stockage hybride ?

Ce parti pris de la réplication et de la continuité de service mérite que l'on se pose cette question. Peut-on aller plus loin et, faut-il migrer toute son infrastructure de stockage dans le cloud ? Pour Vincent Videlaine, directeur technique alliances stratégiques chez Symantec, on le peut, et c'est même souhaitable et souhaité. «Selon une enquête sur l'évolution de la virtualisation et du cloud menée par Symantec, en moyenne, en France, seulement 26 % des applications stratégiques (ERP, comptabilité et CRM, par exemple) fonctionnent dans des environnements de cloud hybride et privé contre 33% dans le monde » souligne Vincent Videlaine. Du côté des entreprises européennes et françaises, elles sont très prudentes sur ce que l'on peut mettre dans le cloud. Il y a bien sûr des contraintes juridiques, des exigences de performances et des restrictions de sécurité qui impliquent que les entreprises ne peuvent pas externaliser toutes leurs données. L'installation locale est incontournable. Hormis ces obligations, les entreprises hésitent malgré tout à confier une partie de leurs données primaires dans le cloud car elles estiment, peut-être à tort, que ces dites données (qui concernent des informations critiques et sensibles) doivent rester en entreprise.  

«Il est tout à fait compréhensible qu'une entreprise comme Thales ne mettra pas des données critiques concernant les sous-marins nucléaires ou même Airbus avec ses plans d'avions, toutefois les données comme les RH, la gestion de la relation client, etc. qui représentent 90% des données, le cloud a toute sa place. C'est à l'entreprise de définir le critère de sensibilité de ses données...sans tomber dans un excès de peur déraisonnée» résume Patrice Gommy. « Quel que soit le degré de sensibilité des données, il faut bien comprendre que les grandes entreprises ont massivement investi dans leur système d'information depuis des années. Ce qui explique aussi leur volonté d'aller plus vers des solutions de cloud privé. En revanche, pour les PME et les sociétés nouvelles, le fait de transférer leur infrastructure de stockage dans un cloud public a du sens, car ils n'ont pas forcément un héritage aussi important sur le système d'information » souligne pour sa part Eric Chiquet, San/Disk product leader chez IBM System & Technologie Group.

En outre, les entreprises font de plus en plus appel à des solutions de stockage dans un environnement de « cloud hybride ». C'est en quelque sorte le phénomène du « stockage as a service ». Le meilleur exemple est celui de Salesforce.com, un service Saas que de nombreuses entreprises exploitent en traitant des données critiques puisque ces dernières concernent des informations clientes...

Autre exemple, certaines entreprises manifestent leur intérêt pour une vraie stratégie cloud public pour des événements ponctuels auxquels les infrastructures de stockage locales ne peuvent pas répondre. On peut citer une agence de communication qui a besoin pour l'organisation de son évènement d'une infrastructure temporaire ou, autre exemple, la gestion des pics du e-commerce lors des soldes. Dans ces cas, le cloud peut être un bon moyen pour répondre aux besoins de stockage des entreprises.

Le manque d'interopérabilité toujours présent

«Ces offres de stockage hybride peuvent effectivement répondre à des besoins, mais elles posent aussi des problèmes d'interopérabilité et d'interconnexion entre les datacenters privés et les datacenters publics » admet Pascal Danet, responsable des équipes System Engineer chez Brocade qui met en avant la réflexion des standards d'interconnexion que tente de résoudre la plateforme Fabric de Brocade. Effectivement, les infrastructures actuelles montées en silo sont très fermées, il y a un réel manque de standardisation entre les différents Cloud qu'ils soient privés ou publics. On revient, en quelque sorte, à la topologie des mainframes. Un avis que partage David Thomas qui indique que, hormis les interconnexions, le fait de prendre une simple image VMware et la coller dans un Cloud HyperV (Microsoft), ça ne marche pas à tous les coups... même si VMware, avec ses 80% de parts de marché s'impose comme un standard de fait.

Ce manque d'interopérabilité est aussi valable au niveau des Paas (Platform as a service), il est difficile, aujourd'hui, de migrer des données du Cloud Computing d'Amazon vers une plateforme Azure. Au-delà des offres des fournisseurs, ces problèmes de standardisation s'expliquent aussi par un modèle économique différent, des problèmes d'interfaçages et des niveaux de garanties de SLA qui ne sont aussi pas les mêmes. Toutefois, il faut remettre le Cloud dans son contexte, le Cloud est encore considéré, à juste titre, comme un marché nouveau, chaque acteur peaufine et défend sa stratégie. Enfin, Pierre Hoffer insiste sur le fait qu'une hiérarchisation se met petit à petit en place dans le vaste choix des fournisseurs de services Cloud, d'un côté le « low cost » avec les risques que l'on connait pour les entreprises, de l'autre les fournisseurs d'Iaas plus prompts à apporter de la valeur aux engagements (niveau de SLA, sécurité, etc.).

Des accès réseau pas toujours fiables et garantis

Pour faire de « l'hybride », du public ou même du « privé outsourcé », de nombreux acteurs avancent aussi que les accès doivent être performants et conséquents. « Il faut garantir les accès entre les différents cloud » reconnaît David Thomas. «Je connais un concessionnaire automobile qui a fait appel à un cloud public pour son activité et l'accès s'est effondré en 24 heures ! » renchérit Pascal Danet. D'ailleurs, de plus en plus d'entreprises citent, selon les études réalisées par les cabinets IDC, Gartner ou Forrester, deux freins supplémentaires à l'adoption du Cloud. C'est la fiabilité du réseau et la qualité de la bande passante offerte. Or, comme chacun peut l'expérimenter, il arrive que le réseau Internet soit indisponible. Un accès réseau non garanti peut s'avérer catastrophique pour l'entreprise. Il faut le savoir, certains fournisseurs de services cloud sont dans l'impossibilité de proposer aux entreprises utilisatrices des débits suffisants, un accès fiable et une maîtrise de la qualité de service de bout en bout. Ils maîtrisent, bien sûr leur périmètre de responsabilité à ce qu'ils contrôlent, c'est-à-dire leur propre réseau, et en excluent le réseau public. Il faut le dire, les opérateurs comme Orange ou SFR disposent, dans ce cas précis, de plus d'armes et de légitimité. De ce fait, l'entreprise cliente de ces fournisseurs devra bien établir les recours dans le contrat qu'elle pourra avoir en cas de défaillance du réseau ou de performances insuffisantes.

Enfin, on ne peut pas traiter le stockage dans un environnement cloud sans aborder la question du lieu où sont stockées les données. En effet, les entreprises insistent de plus en plus dans les contrats de spécifier le lieu où seront stockées les données. Par exemple, si une entreprise choisit un prestataire américain, elle peut voir ses données consultées à tout moment, car le Patriot Act (une loi anti-terroriste votée après les attentats du 11 septembre 2001) permet à une agence fédérale américaine d'accéder aux données d'un hébergeur d'origine américaine. Cela peut également entraîner des litiges relatifs à la propriété des données et compliquer ainsi la tâche lorsqu'on veut récupérer ses données pour les confier à un autre fournisseur. On le voit bien, le choix du cloud peut être une bonne solution, mais les données dépendent aussi de la garantie offerte par le fournisseur et du lieu où elles se trouvent.

Encadré : Le stockage en ligne, une passerelle vers un cloud généralisé

« La démocratisation du cloud passera d'abord par le stockage en ligne », c'est la prédiction du cabinet d'études Gartner qui a récemment publié une étude sur le sujet. En effet, Gartner indique que de plus en plus d'utilisateurs stockeront leurs données en ligne au détriment de leur disque dur. D'ici 2014, l'espace personnel dématérialisé pourrait remplacer le simple disque dur du PC dans le quotidien des internautes selon Gartner. La virtualisation (capacité à basculer d'un système d'exploitation à un autre), la déclinaison des applications sur plusieurs environnements, la disponibilité 24h/24 des services de stockage en ligne et leur mobilité sont les principaux facteurs au succès du stockage en ligne. Déjà un certain nombre d'acteurs comme DropBox, Box.net et Google Drive proposent des services de stockage en ligne. Si auparavant, ces offres étaient limitées en terme de capacité proposée (de 5 Go pour un service gratuit à quelques dizaines de Go pour un service payant), aujourd'hui, les capacités sont bien plus importantes, plusieurs milliers de gigaoctets par utilisateur. En effet, le prix du Go continuera à baisser et les capacités des datacenters vont s'accroître de façon exponentielle pour faire face à la demande.   

Article 2 sur 2

Hiérarchisation et automatisation : l'art de saucissonner le stockage

Par La RédactionPublié le 4 mai 20128 min de lecture

« Cela fait 20 ans que SGI pratique la hiérarchisation des données avec ses clients comme le CNRS, l'INA ou encore Météo France qui brassent énormément de données. Aujourd'hui, toutes les entreprises font face à l'explosion de leurs données et n'ont jamais dissocié stockage et archivage. De ce fait, les backups deviennent un véritable cauchemar... quand vous ne séparez pas le stockage de l'archivage » indique Patrice Gommy, directeur marketing de SGI. «La hiérarchisation du stockage reprend le principe de l'ILM (ndlr : gestion du cycle de vie de l'information), à savoir la réalisation d'un audit des informations pour mieux les classer. Bien sûr, aujourd'hui, on ne parle plus d'ILM perçu comme une chape de plomb qui nécessitait une armée de consultant pour classer les données et donc une facture excessive. Mais, ce principe a été un déclencheur positif puisqu'en 2009 est apparu chez EMC, un mécanisme appelé FAST qui a pris automatiquement en compte la hiérarchisation des données et de ce fait positionner les données sur les disques en fonction de leur importance » rebondit Jean Yves Pronier, directeur marketing d'EMC France.

Quant à Eric Chiquet, San/Disk product leader chez IBM System & Technologie Group, il indique que la hiérarchisation des données n'est pas nouvelle en soi, mais qu'elle s'est accélérée avec les nouvelles technologies comme les SSD et les différents contrôleurs plus compétitifs. Fort de tous ces constats, on parle de plus en plus de hiérarchisation automatisée de stockage avec des termes de thin provisionning  ou encore de multi-tiering..., des technologies pas si nouvelles que ça qui existent chez les fournisseurs depuis certaines années....«Nous fournissons une technologie de stockage hiérarchique (multi-tier) depuis de nombreuses années au travers de notre solution de gestion des ressources de stockage Veritas Storage Foundation, quelles que soient les marques de matériels utilisés. Nous sommes totalement agnostiques, ce qui permet de maximiser l'utilisation des ressources existantes au sein de l'infrastructure du client» explique  Vincent Videlaine, directeur technique alliances stratégiques chez Symantec.

Tendance forte au multi-tiering

« Toute la technologie du multi-tiering consiste à positionner et classer la donnée au bon moment » relève Thierry Marulier, responsable marketing produit continuité de service EMEA chez Nec It Platform. EMC avec ses gammes VNX, Fujitsu avec Eternus DX, NetApp avec FAS, SGI avec Infinite Storage, Nec IT Platform avec sa famille M-series, HP avec ses baies 3Par, Dell avec ses EqualLogic,..., tous ces acteurs mixent les protocoles (SAS, NearLine SAS, SSD, iSCSI, SATA, etc.) dans leurs baies de stockage. En effet, ces équipements prennent en charge des tiroirs haute capacité avec disques SATA, les tiroirs haute densité avec disques SAS compacts, des tiroirs hautes performances avec disques SAS 3,5 pouces, sans oublier les disques SSD ultrarapides et le cache Flash (voir encadré).

De ce fait, les entreprises peuvent choisir un type de disque en fonction des besoins métier du projet et de l'importance des données. Par exemple, pour des applications peu sensibles, comme la messagerie, des disques avec une capacité de stockage importante mais peu performants en terme d'exécution (de type Sata ou SAS). Pour l'archivage avec des données dormantes, on peut exploiter des disques durs low cost. Et à l'opposé, des disques de type flash (SSD) certes moins capacitifs, mais plus réactifs pour les applications métiers plus critiques, touchant à la gestion intégrée ou la gestion de la relation client par exemple. « Les disques SSD coûtent encore cher, mais ils s'imposent avec leurs performances et répondent parfaitement aux requêtes les plus courantes» indique Thierry Marulier. En effet, en montant les données au plus proche du processeur, on profite de la bande passante (bus PCI-Express) et de la latence d'accès aux données.

Cette technique du multi-tiering est avant tout utilisée dans un objectif d'optimisation des coûts en allouant des capacités disques à l'importance de la donnée. À ce titre, cette gestion des données se fait automatiquement par des outils dédiés et est transparente pour l'utilisateur comme la solution Data Migration Facility de SGI ou l'Active Cloud Engine d'IBM qui permet de positionner les fichiers dans un gestionnaire de hiérarchisation du stockage.

Plus d'intelligence dans la gestion du stockage

Et, on imagine qu'avec l'adoption des services cloud, cette automatisation va s'étendre à l'ensemble des ressources et fonctions de stockage. Par exemple, la start-up Avere Systems dispose d'une appliance nommée FXT qui permet de déplacer automatiquement les données entre les quatre différents types de stockage (RAM, SSD, SAS et Sata). Il n'y a pas besoin de définir des politiques, l'Appliance examine les blocs et la façon dont ils se déplacent entre l'application et le serveur de stockage. Puis, elle détermine où ils vont sur la base de la fréquence d'accès et les caractéristiques des données. De son côté, EMC met en avant sa technologie CTA (Cloud Tiering Applinace), qui permet d'analyser en temps réel les données et en fonction des règles préétablies, de classer les données automatiquement sur une infrastructure de stockage secondaire, nettement meilleur marché.

«Avec ces technologies, on apporte au stockage de l'intelligence» souligne Pascal Danet, responsable des équipes System Engineer chez Brocade qui met aussi en avant le provisionnement fin pour anticiper l'augmentation des volumes de stockage. Par le passé, l'espace de stockage était réparti en fonction des applications et souvent de manière excessive. Ainsi, de grandes capacités de stockage étaient et sont toujours allouées aléatoirement et donc sous-exploitées. Grâce à la virtualisation, l'objectif de provisionnement fin est donc de mettre à la disposition des hôtes ou utilisateurs une quantité de stockage logique supérieure au stockage effectivement présent dans votre pool physique. Le provisionnement fin contribue non seulement à récupérer l'espace de stockage non utilisé, mais aussi à en attribuer de manière quasi instantanée. Ainsi, l'efficacité du stockage s'en trouve considérablement améliorée.

Selon NetApp, on peut atteindre, avec le provisionnement fin, un taux d'utilisation de l'espace de stockage alloué de 80%. L'importance du provisionnement fin a aussi conquis Microsoft qui propose cette fonction dans Windows 8 associée à une technologie de virtualisation. En effet, les utilisateurs pourront créer ou formater un pool de disques (des disques durs Sata internes ou, plus probablement, des disques USB externes, des disques Serial Attached SCSI ou eSata), et les répartir en un ou plusieurs « espaces » de stockage. Ceux-ci apparaîtront alors comme de simples disques physiques, toujours associés à une lettre de disque de son choix. Une autre tendance dans la hiérarchisation et l'optimisation du stockage fait son chemin, c'est la gestion des données à très long terme, une initiative défendue depuis 2 ans par SGI avec ses baies de disques Copan utilisant la technologie MAID (Massive Array of Idle Disks). Ces baies représentent une alternative à la bande pour la conservation sur le moyen et le long terme des données.

Afin de réduire l'inconvénient principal des disques magnétiques, à savoir le fonctionnement en continu, les baies Copan offrent la possibilité de mise hors tension des disques unitaires, tout en permettant un « réveil » global des disques, puisque jusqu'à 50% des unités peuvent être redémarrées en une seule fois. «La technologie MAID est une solution idéale pour les données dormantes, on stoppe les disques et on prolonge ainsi leur durée de vie » indique Guy Chesnot, Achitect sénior autour du stockage chez SGI. Si cette technologie de mise en hors tension des disques n'est pas encore à l'ordre du jour chez HP, le géant américain met en avant le principe de fédération du stockage en s'appuyant sur sa solution baptisée Peer Motion. «L'application Peer Motion permet non seulement de générer l'existant, mais elle assure l'équilibre des charges entre les baies » explique Pierre Hoffer, directeur de l'entité stockage chez HP.

Bien entendu, toutes ces techniques de hiérarchisation de stockage ne seront pas suffisantes pour répondre aux futurs besoins des entreprises d'où la nécessité d'anticiper les demandes. C'est le principe du Capacity Planning. «Toute la difficulté est de répondre aux volumétries de plus en plus importantes de la part des entreprises. Notre métier nous oblige à ne pas avoir de rupture de stocks, nous fonctionnons comme une épicerie » conclut David Thomas d'Interoute.  

Encadré : Stockage full SSD, vers la fin du multi-tiering ?

« Chez Nec IT Platform, les SSD représentent pour l'heure 5% des supports de stockage, mais elles devraient rapidement augmenter, car elles s'imposent de par leurs remarquables performances. En profitant du bus PCI, les disques SSD s'affranchissent des goulets d'étranglement que l'on connait avec les disques durs» souligne Thomas Luquet, responsable marketing produit Datacenter et Cloud Computing chez Nec Europe. Fort de ce constat, une approche «baie de stockage tout en flash » est-elle envisageable ? Oui et certains fournisseurs comme Nimbus Data, SolidFire, Kaminario, Pure Storage, Violin Memory, etc. ont déjà franchi le pas. Prenons l'exemple de la start-up californienne Nimbus Data.

Cette dernière propose un système de stockage entièrement redondant d'une capacité de 10 à 500 To reposant sur des modules flash EMLC (400 ou 800 Go) dotés d'une interface SAS. Ce système utilise un système d'exploitation basé sur Linux avec des fonctions de déduplication, de snapshot, de réplication et de chiffrement. Si le coût au gigaoctet est d'environ 10 dollars, le système se rattrape avec une consommation électrique de 5 watts par téraoctet, ce qui revient à économiser près de 80% sur les coûts habituels de refroidissement avec des disques durs SAS 15K.

Face à ces nouveaux venus qui misent sur le 100% flash, certains gros fabricants de baies comme EMC (avec la VNX5700) ou Oracle (Sun Storage F5100) lancent également leurs propres baies de stockage 100 % Flash. Cette tendance, si elle se confirme dans les années à venir pourrait mettre un terme aux technologies de hiérarchisation comme le multi-tiering qui distribuent la donnée sur les supports en fonction de leur importance.