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Infrastructure & CloudGrand dossier5 articlesPublié le

Cloud computing, les nouveaux défis de la DSI

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Le cloud public s'industrialise, les offres se multiplient ainsi que la demande de la part des entreprises. Si les fournisseurs de services cloud sont techniquement prêts à répondre à une forte demande, les entreprises clientes, de leur côté, sont très prudentes avant de se lancer.

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Article 1 sur 5

Cloud : les forces en présence

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20135 min de lecture

Le trafic mondial dans les centres de données d'ici à 2016 sera quadruplé pour atteindre un total de 6,6 zettaoctets par an selon les résultats de l'étude annuelle de Cisco (Global cloud Index 2011-2016). Ainsi, selon l'équipementier, 64 % du trafic des centres de données en 2016, seront liés aux services cloud. L'explosion de ces derniers est réelle, nous avons d'ailleurs pu le vérifier sur le terrain lors de notre événement IT Tour 2012, un tour de France de « matinées-débats » dans six grandes villes organisé par la rédaction du Monde Informatique. En effet, l'engouement des DSI et des responsables informatiques autour du cloud et de son adoption n'est pas une chimère, ils en perçoivent de plus en plus les avantages. D'ailleurs, la majorité des entreprises que nous avons rencontrées, quelle que soit leur taille, utilisent déjà une solution cloud comme une application de type Saas, par exemple, ou bien si elles ne le font pas encore, elles sont soit dans une phase de déploiement, soit dans une phase de réflexion avancée.

Éric Haddad, directeur Europe du Sud de Google Entreprise

Une tendance aussi confirmée par de grands acteurs comme Google par exemple. « Chez Google Entreprise, nous constatons que la France est l'un des pays les plus avancés dans le monde sur l'adoption de services cloud. Il faut dire que ce sujet a été pris très tôt par de grands acteurs spécialisés. Et, les meilleurs avocats sur ce sujet restent, bien sûr, nos clients qui ont déjà franchi le pas du cloud. Le cloud représente une révolution plus qu'une évolution, ce n'est plus une question de gestion d'informatique, c'est avant tout de l'usage, l'entreprise achète réellement un service », indique Éric Haddad, directeur Europe du Sud de Google Entreprise. Le cloud computing génère aujourd'hui une multitude d'offres. Difficile de toutes les énumérer, on peut toutefois se risquer à classer les forces en présence. Déjà, citons les grands faiseurs américains que sont Amazon, Rackspace, Google ou encore Joyent présents, pour la majorité d'entre eux, au niveau international. Ensuite viennent nos acteurs nationaux comme les opérateurs Orange Business Services, Colt ou SFR sans oublier les hébergeurs nationaux à l'instar d'OVH, de Cheops, etc. D'ailleurs, ces derniers agissent aussi à l'international à l'image d'OVH et son nouveau datacenter implanté au Canada qui lui permet de s'attaquer au marché d'Amérique du Nord. On notera aussi la présence des nouveaux challengers comme Cloudwatt et Numergy, deux structures souveraines soutenues par l'état qui visent, en priorité, le marché national des sociétés publiques et privées. Numergy a d'ailleurs été lancée en septembre dernier par SFR, Bull et la Caisse des Dépôts, Cloudwatt avec Orange, Thalès et de nouveau la Caisse des Dépôts (voir encadré).

Enfin, n'oublions pas les fournisseurs comme IBM, HP, Oracle ou encore Microsoft qui investissent aussi énormément dans le cloud (plutôt dans les clouds privés managés à destination des grands comptes). « Le cloud est clairement un moyen de réinventer le business, c'est pourquoi, il très difficile de catégoriser les offres. Chez IBM, notre panel de solution Smart cloud Services et Smart cloud Foundation répond à des besoins différents. En effet, IBM construit aussi ces offres avec des partenaires, c'est cet écosystème qui permet de répondre plus précisément aux demandes des entreprises. Par exemple, Cegid s'est engagée avec IBM pour proposer une offre cloud pour les experts comptables ou encore Aspaway qui s'appuie sur notre infrastructure pour fournir des applications à la demande à ses clients... Mais nous avons également des offres cloud pour l'exploitation de l'entreprise (de type SAP ou JD Edwards...) à l'image du datacenter que nous avons récemment inauguré à Montpellier...», explique Christian Comtat, directeur du cloud computing chez IBM France. D'ailleurs, pour Jean-Philippe Kalfon, directeur Europe du Sud de Cordys, une société spécialisée dans le BPM, les fournisseurs deviennent de plus en plus des courtiers cloud.

« Cette approche de courtier permet d'éviter la marchandisation de ses propres offres et de les coupler avec d'autres services cloud afin de vendre des offres globales à l'ensemble de leurs clients », indique Jean-Philippe Kalfon dans une tribune libre sur les nouveaux modèles économiques cloud. Il met notamment en avant l'exemple de  CloudItalia qui prépare un ensemble de services verticaux, spécifiquement pour les PME via un mashups d'applications. Cette approche implique aussi d'automatiser la facturation, car ces applications peuvent être utilisées au même moment dans chaque entreprise. On le voit bien, la visibilité dans les offres cloud reste à améliorer notamment pour la cible PME qui réclame surtout des offres clés en main. De plus, l'adoption du cloud n'en est pas moins un bouleversement et une remise en question pour les entreprises (quelle que soit leur taille) qui recherchent de vraies garanties autour d'un certain nombre de points : une contractualisation rigoureuse, une sécurité sans faille des services, une réversibilité des données assurée, une interopérabilité des systèmes assumée sans oublier que le cloud entraine des changements d'organisation importants de la DSI. Autant de défis anciens et nouveaux à relever pour répondre à une demande croissante de services.

Encadré : le cloud computing, ultime évolution de l'infogérance ?

« Le cloud Computing est une évolution de l'infogérance, car on introduit des fonctions de virtualisation et d'automatisation », indique Christian Comtat, directeur du cloud Computing chez IBM France. Et d'ajouter : « dans la notion de cloud, on se positionne dans l'usage et dans les catalogues de services et, de ce fait, l'infogérance recréée indirectement des contrats de clouds privés ». Ces fonctions d'automatisation et de virtualisation génèrent aussi des plateformes plus flexibles et des déploiements plus rapides. Hormis l'automatisation et la virtualisation, avec le cloud Computing, on est aussi dans un modèle de tarification de type « pay as you go » ou de paiement en fonction de la consommation réelle qui lie directement le montant facturé à la quantité de service consommé. À comparer, l'infogérance consistait historiquement à déléguer l'administration des services à un tiers qui héberge les serveurs avec des engagements de niveau forts sur la surveillance, la maintenance et le support. À en croire nos interlocuteurs, le cloud ne représente pas une menace pour l'infogérance, mais plutôt une opportunité. Il est clair qu'à terme, le cloud représentera une partie du marché de l'infogérance, car les entreprises se tourneront de plus en plus vers le cloud et moins vers des projets classiques d'infogérance.

Article 2 sur 5

Le défi de la transférabilité des données

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20135 min de lecture

« Nos contrats cloud sont très clairs, ils prévoient différents niveaux de garantie (SLA) et une clause sur la réversibilité des données, à savoir que le client qui souscrit à une offre cloud peut sans difficulté majeure récupérer ses données ». Ce discours, tous les fournisseurs de services cloud le tiennent. Il est vrai que les mises en garde sur la réversibilité des données sont largement diffusées auprès des entreprises par la presse, les associations, les pouvoirs publics, les prestataires de services et les syndicats du secteur IT à l'instar du Syntec, par exemple, qui a écrit un guide contractuel à destination des entreprises qui désirent souscrire à une offre Saas. Dans les faits, la réversibilité est effectivement prise en compte dans les contrats, mais les garanties ne sont pas toujours très claires. En effet, les entreprises peuvent effectivement récupérer leurs données, mais après qu'en font-elles réellement ?  « La réversibilité, ce n'est pas seulement un problème de récupération de données, mais c'est aussi le passage de ces données d'un fournisseur à l'autre ou de réinternaliser ces données dans son propre SI. Il faut passer d'une notion de réversibilité à une approche de transférabilité, pas si évidente aujourd'hui par un manque réel de standardisation et de normalisation des offres cloud », explique judicieusement Alexandre Morel, chef de produit chez OVH.

Pour Benoît Mercier, directeur technique de Telehouse, au niveau de l'Iaas, les problèmes de standardisation ou du moins techniques sont essentiellement liés aux clouds hybrides où il faut assurer des transferts sécurisés entre l'existant chez le client et son cloud public chez le prestataire. Pour le reste, on ne peut certes pas bouger les machines virtuelles en exploitation d'un hyperviseur à un autre, mais des outils agnostiques qui permettent d'échanger entre les principaux hyperviseurs du marché existent.

Standardisation : les services PaaS et SaaS dans l'impasse ?

« La transférabilité des données est surtout un vrai problème pour les services cloud de type PaaS et SaaS », précise de son côté Julien Contal, responsable architecture SI chez Solucom. En effet, les services PaaS sont basés essentiellement sur des frameworks spécifiques propres à chaque fournisseur. Le développeur réalise une application pour Windows Azure ou une application pour Google App Engine mais pas une application pour ces deux plateformes. Google App Engine est limité à Java et Python alors que le développement Windows Azure supporte un plus grand nombre de langages comme .NET ou Java, mais impose au minimum un lanceur en .NET. Quant aux SaaS, les formats de fichiers sont le plus souvent propriétaires. De plus, de nombreuses applications SaaS ne disposent pas d'API, c'est d'ailleurs souvent des applications spécifiques que l'on retrouve dans les petites et moyennes entreprises qui répondent, il est vrai, à leurs besoins. Dans ce cas, on est bloqué. On le voit, ce manque de standardisation pénalise indirectement la transférabilité des données d'une plateforme à une autre.

« C'est toute la question que se posent beaucoup de responsables informatiques que nous rencontrons à savoir quels sont les moyens pour assurer cette transférabilité ? », insiste Alexandre Morel. Car effectivement, les mauvaises surprises sont essentiellement d'ordre financier. « Les surcoûts engendrés par cette réexploitation des données en interne ou sur une autre plateforme peuvent être conséquents », avoue Julien Contal. Et d'ajouter : « il est donc très important pour l'entreprise de ne pas tout externaliser, mais de définir préalablement les données à mettre dans un cloud ». De son côté, Sylvain Siou, directeur technique chez VMware tient à nuancer ce discours ambiant autour du manque d'interopérabilité des applications SaaS. « Ce problème de compatibilité a toujours existé au niveau des applications IT, prenons l'exemple des ERP, à chaque changement de plateforme, les clients ont toujours débloqué un budget significatif pour faire migrer leurs données d'une plateforme à l'autre dans les meilleures conditions ».

Des connecteurs pour résoudre les problèmes d'intégration

Ce manque de normalisation et de standardisation est certes aujourd'hui un handicap, mais, à en croire nos interlocuteurs, cette problématique sera sûrement résolue dans les cinq ans à venir. « On voit de plus en plus de fournisseurs de services cloud ouvrir leur plateforme en créant des passerelles pour passer d'une à l'autre », indique Alexandre Morel. « Chez Google Entreprise, nous mettons à disposition gratuitement des API pour faciliter la migration vers d'autres plateformes », rebondit Éric Haddad, directeur Europe du Sud de Google Entreprise. De son côté, IBM propose des patterns pour faciliter l'interopérabilité des offres de cloud public au niveau des plateformes et s'engage aussi au niveau applicatif pour faciliter la communication entre les différentes applications comme Salesforce.com ou SAP. Des sociétés comme MuleSoft, Talend ou RunMyProcess en ont même fait leur métier en proposant une multitude de connecteurs facilitant l'interopérabilité entre les services cloud et le système d'information ou l'intégration des données vers diverses plateformes.

Chez RunMyProcess, on revendique plus de 200 connecteurs permettant une intégration technique complète avec Google Apps et plus de 1000 connecteurs disponibles dans une bibliothèque dédiée pour Salesforce, Zoho, Oracle CRM, pour n'en nommer que quelques-uns. RunMyProcess offre aussi des outils pour configurer en toute simplicité de nouveaux connecteurs. Autre exemple de travaux sur la standardisation : le cas de l'architecture Compatible One initiée par les pôles de compétitivité Systematic (Ile de France) et SCS (Solutions Communicantes Sécurités,  pôle situé dans la région PACA) dont l'objectif est de fournir un « cloudware » de type IaaS (et aussi PaaS) 100 % open source à faible coût. Compatible One fournit  les outils technologiques nécessaires visant à faciliter la portabilité d'un nuage à l'autre. Plusieurs acteurs soutiennent cette initiative dont Bull, Prologue, eNovance, OW2 Consortium, Mandriva, Nuxeo, l'institut Télécom, etc.

Dans cette normalisation, l'Europe devrait d'ailleurs jouer un rôle important d'ici à la fin de l'année 2013. En septembre dernier, la commission européenne a d'ailleurs mis « un peu » la pression sur les fournisseurs en appelant à une clarification des normes pour assurer l'interopérabilité du cloud même si elle reconnaît que la tâche ne sera pas facile, car l'intérêt des fournisseurs est de défendre leurs offres. Cela dit, l'Europe souhaite appliquer des normes, mais peut-être pas non plus forcément très contraignantes. Une affaire à suivre donc... En attendant, la Commission encourage les administrations publiques à montrer la voie en adoptant plus de services cloud basés sur des standards ouverts. C'est d'ailleurs la démarche de l'état français avec la création de son cloud souverain Cloudwatt qui utilise la plateforme IaaS OpenStack avec l'expertise d'eNovance. Rappelons qu'OpenStack qui se veut une alternative aux IaaS propriétaires est un projet Open Source (pile de logiciels libres sous licence Apache 2.0 fonctionnant sous du matériel standard) donnant aux clients les moyens de déplacer des charges de travail d'un prestataire de services cloud à un autre sans être verrouillées.

Article 3 sur 5

La sécurité : un défi permanent

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20133 min de lecture

La sécurité reste toujours un défi de taille à maintenir et à relever chez les fournisseurs de solutions cloud car c'est toujours une source d'inquiétude chez les DSI. Déjà, l'absence de périmètre autour du cloud intrigue, de plus, celle-ci est fortement accentuée par la multiplication des terminaux personnels (phénomène du Byod). En adoptant le cloud, les DSI ont clairement l'impression de perdre le contrôle d'une partie de leur infrastructure. Ce sentiment se renforce davantage s'ils n'ont pas la certitude de connaître le lieu exact où sont stockées leurs données. « Le lieu de stockage des données est une question récurrente des clients, ils sont très méfiants, surtout pour les entreprises dîtes stratégiques, à l'égard du Patriot Act et donc des fournisseurs de solutions cloud d'origine américaine », relève Sylvain Siou, directeur technique de VMware France. Rappelons que la loi américaine Patriot Act permet au gouvernement et autres organismes publics d'avoir un accès quasi illimité aux informations appartenant aux entreprises.

Cette défiance vis-à-vis du lieu de stockage des données, nous avons aussi pu la constater lors de nos matinées-débats, les DSI, pour la majorité, souhaitent que les données hébergées soient localisées en France et en Europe, avec un haut niveau de disponibilité, des garanties sur les débits et surtout de l'audit des données. Pour Julien Contal, l'audit des données est très difficile dans un contexte de cloud. De ce fait, les entreprises seront plus dans une logique d'analyse et de comparaison sur les garanties qu'offrent les fournisseurs. Résultat : il y a, à l'instar de nombreux secteurs, des offres cloud haut de gamme, moyen de gamme et low-cost. « C'est aussi aux fournisseurs de convaincre et donc de mettre au point des systèmes d'audit et des méthodologies, le tout orienté dans un discours d'architecte, et de ne pas se focaliser uniquement sur l'aspect technique et économique du cloud »,  précise Omar Seghrouchni, associé fondateur de StragIS, un cabinet de conseil en organisation et en architecture du système d'information.

Des avancées autour de la gestion des identités 

Un point fondamental sur la sécurité autour du cloud est à prendre en compte, c'est bien sûr la gestion des identités via des systèmes d'authentification et d'identification. Là encore, la tâche s'annonce ardue. « Le manque de standard et d'interopérabilité des applications pose aussi un vrai problème sur la gestion des identités et des mots de passe », reconnaît Omar Seghrouchni. Et d'ajouter : « le problème se pose au niveau des API où aucun standard n'existe vraiment. Au niveau des interfaces, en revanche, il y a effectivement une standardisation qui se fait autour du SSO (Single Sign On) ». On parle notamment du protocole SAMLv2 pour le SSO (Single Sign On) et OpenID/oAuth pour la fédération des identités. « Chez VMware, nous répondons sur la question de la gestion des identités par notre application Horizon Application Manager qui permet d'encapsuler dans un portail unique les applications SaaS. Cette solution s'appuie sur les protocoles d'authentification SAML ou Open Authen­ti­ca­tion pour four­nir une fédé­ra­tion des comptes de connexions utilisateurs », conclut Sylvain Siou.

Article 4 sur 5

Comment bien négocier son contrat cloud ?

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20133 min de lecture

« Chaque type de déploiement en matière de cloud a ses avantages. Les facteurs à considérer avant l'adoption sont : le niveau de criticité des applications que l'entreprise veut basculer dans le cloud ; les questions de réglementation et de conformité ; les niveaux de services (SLA) nécessaires ; les modes d'utilisation selon les charges de travail et la manière dont les applications doivent être intégrées aux autres fonctions de l'entreprise ». Cette déclaration dans une tribune libre de Christophe Auberger, responsable technique chez Fortinet résume bien les problématiques à soulever avant de s'engager contractuellement avec un offreur. Les contrats cloud sont importants pour les futurs clients. Ils permettent surtout d'étudier le degré de maturité de l'offre, des problématiques analysées par les prestataires et des réponses apportées. « Si le prestataire a déjà des réponses précises et non vagues sur les garanties (ndlr : réversibilité, SLA, RTO, performances, transférabilité,
transparence...) et les modalités d'application de ces mêmes garanties (ndlr : outils, méthodes employées, moyens mis à disposition pour démontrer), cela prouve une maîtrise terrain des problématiques réelles auxquelles seront confrontés les clients à l'entrée dans le cloud », explique Alexandre Morel, chef de produit chez OVH. Et d'ajouter : « bien évidemment, les contrats ne remplacent pas la réalité de la relation au cloud quotidiennement (ndlr : conseil, support, SLA, performances, réalité des garanties) qui, la plupart du temps, doit être testée avant d'être déployée largement ».

Cloud Computing : vers une standardisation des contrats...

Pour Julien Contal, responsable architecture SI chez Solucom, la standardisation des services exercée par l'apparition des offres cloud Computing s'accompagne d'une standardisation des contrats. Les contrats d'externalisation deviennent des contrats d'adhésion que les clients doivent accepter ou refuser en bloc. Le nombre de clauses négociables par le client est réduit au maximum. Le choix de l'offre cloud la plus adéquate devient probablement une étape essentielle devant la phase de négociation. De ce fait, cette standardisation des contrats change la donne en matière d'optimisation des contrats cloud. Il s'agit pour le client de sélectionner sur le marché l'offre et le contrat type le plus adéquat à ses besoins et à son estimation, des risques lui paraissant acceptables. Le point clef- est alors la compréhension du contrat et de l'esprit du contrat, alors même que celui-ci propose bien souvent des engagements d'un type nouveau (exemple : SLA de continuité de service sans pénalité de service). « Le client peut-il faire reposer ses activités critiques sur les engagements types proposés ? Les périmètres de responsabilité client-prestataire sont-ils conformes à ses attentes et à son organisation ? Quels sont les leviers pour éviter de subir les évolutions unilatérales des modalités de service ou des niveaux de prix ? La phase de négociation laisse peu de possibilités pour adresser ces questions si elles n'ont pas été intégrées au choix de l'offre », détaille Julien Contal.

Bien identifier les clauses de sortie de contrat

Le choix de l'offre cloud la plus adéquate devient probablement une étape essentielle devant la phase de négociation. Toutefois, le marché n'a pas encore atteint la maturité suffisante pour proposer des retours d'expériences significatifs sur les litiges les plus fréquents en matière de service cloud. « Les acteurs doivent toutefois prendre en compte la réglementation applicable en matière de protection des données et, pour les clients, de soigneusement négocier les clauses de sortie de contrat tant sur les obligations de réversibilité que sur l'impact économique de cette sortie », indique Julien Contal.  À en croire nos interlocuteurs, il est conseillé à l'entreprise de choisir une juridiction qui permet d'accéder à ses données même si le contrat avec le fournisseur cloud en question se termine de manière inattendue. « Bien sûr, le fournisseur de services devrait également donner l'option à l'entreprise de choisir l'endroit où les données seront stockées », conclut Christian Comtat, directeur du cloud computing chez IBM France. 

Article 5 sur 5

Rôle de la DSI : un moteur important du changement

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20135 min de lecture

Au-delà des problèmes contractuels et de réversibilité des services cloud, le point le plus fondamental dans l'adoption des services cloud concerne directement le rôle de la DSI. En effet, la mutation vers la multiplication des services cloud entraîne, pour les responsables informatiques, des changements sur leur métier et sur celui de leurs équipes. Les DSI et les RSSI à l'image de Philippe Tronc, DSI à temps partagé et Stéphane Omnes, RSSI du groupe Adeo Services, que nous avons rencontrés lors des matinées-débats de l'IT Tour, encouragent d'ailleurs leurs collègues à mener une réflexion sur leur propre rôle au sein de leur entreprise et, de ne pas hésiter à se faire aider par des personnes tierces comme des experts ou des prestataires spécialisés, mais aussi d'échanger et de discuter avec leurs homologues, au travers d'associations, qui ont déjà tenté l'expérience du cloud.  Un avis que partage Éric Haddad directeur Europe du Sud de Google Entreprise, «chez Google Entreprise, pour démystifier la cristallisation de certains professionnels face au cloud, on met en avant les exemples qui ont réussi comme les entreprises Valeo et Essilor, c'est le meilleur moyen de rassurer ». Les fournisseurs l'ont d'ailleurs bien compris. Par exemple chez Microsoft Services, des consultants spécialisés en gestion des organisations et des opérations accompagnent la DSI dans la mutation vers les clouds.

Vers un centre de services

À en croire les nombreux acteurs de ce marché, avec l'adoption du cloud (privé ou public d'ailleurs), la DSI doit fonctionner comme un centre de services avec une véritable gouvernance. Plus concrètement, le cloud va obliger la DSI à vendre des usages depuis un catalogue qu'elle aura créé préalablement. De ce fait, les utilisateurs pourront plus facilement réserver leurs ressources IT via ce portail en libre-service. Face à cela, la DSI se pose donc en conseillère et prend en compte les expériences métiers de chacun (analyse et demande des différents départements métiers, problématiques de coûts, de déploiement, facilité d'accès aux ressources IT en cas de pic de charge, etc.). Cela signifie aussi pour la DSI qu'elle devra s'ouvrir à de nouvelles compétences. « Demain, des responsables achats feront peut-être partie des équipes pour acheter des services cloud tout en analysant les différentes offres concurrentes. De même, des contrôleurs de gestion seront peut-être nécessaires pour anticiper sur les coûts d'exploitation du cloud », indique Julien Contal, responsable architecture SI chez Solucom. Il est clair que ce changement est radical et est en totale rupture avec l'héritage et l'existant. Et pour cause, le service IT a longtemps été considéré comme un centre de support et de maintenance du système d'information de l'entreprise, il est d'ailleurs toujours considéré comme tel dans la majorité des entreprises.

Plus de compétitivité et de transfert des coûts vers l'Opex

L'IT ne doit plus être considérée comme un potentiel à risque (en intervenant uniquement dans le cadre d'opérations de maintenance et de support), mais l'IT doit améliorer la productivité et la compétitivité. C'est d'autant plus important que dans un environnement économique assez délicat tel qu'il se présente aujourd'hui, les entreprises recherchent des solutions auprès de leur DSI car elles se montrent aujourd'hui nettement plus circonspectes vis-à-vis des investissements informatiques à réaliser pour créer, faire évoluer ou améliorer leur système d'information et leur datacenter. « Avec l'adoption du cloud, on remet en compte l'existant, on assiste d'ailleurs à un transfert des dépenses d'investissement (Capex) en dépenses de fonctionnement (Opex) avec des économies à la clé », relève Éric Haddad, directeur Europe du Sud de Google Entreprise. À ce titre, les estimations d'économies, pour une entreprise qui bascule son infrastructure dans une « IT as a service », données par les différents cabinets d'études (IDC, Gartner ou encore Forrester) varient entre 20 et 35 %. Autant d'économies qui offrent donc des marges budgétaires qui peuvent servir directement aux nouveaux projets d'une entreprise, bref à son coeur d'activité.

Une orchestration indispensable pour plus d'efficacité

Si les services cloud peuvent nécessiter l'ouverture d'un catalogue de services, la DSI devra aussi veiller à réajuster les demandes de services internes (combien de créations de VMs, d'ajouts de volumétrie, de demandes de restauration, etc.). En effet, il est indispensable de continuer à fournir des services fiables tout en maintenant un contrôle étroit sur les ressources de l'entreprise. « Pour y arriver, l'entreprise aura besoin d'outillage. L'orchestration, en automatisant des processus dans le déploiement des machines virtuelles et physiques, est indispensable », commente Julien Contal. Le fait d'automatiser les tâches répétitives assure une réelle économie du temps pour les équipes qui se consacrent alors à des tâches plus importantes. En effet, l'orchestration permet au service informatique de raccourcir les délais de provisionnement des solutions, parfois de plusieurs mois à quelques heures, et ce, en s'affranchissant de toutes les étapes administratives très gourmandes en énergie, en moyens humains et en coûts. Dans ce domaine, les fournisseurs vantent les mérites de leurs nombreuses solutions à l'image de Workload Automation de CA Technologies, System Center 2012 de Microsoft ou de VMware avec vSphere.

Encadré : une plus grande confiance aux normes européennes

Les fournisseurs de solutions cloud que nous avons interrogés paraissent plus sensibles aux directives européennes qu'aux commissions nationales comme l'Afnor, par exemple, sur la standardisation. « Au sein de l'Afnor qui, parmi ses travaux, travaille aussi sur la normalisation et la standardisation du cloud, on est très loin de regrouper tous les offreurs », regrette Julien Contal, responsable architecture SI chez Solucom. Cette sensibilité se relève aussi chez les DSI français, selon une étude réalisée par Forrester pour le compte de Colt. En effet, pour 40 % d'entre eux, ils attachent plus d'importance aux réglementations européennes qu'à la législation nationale, c'est notamment le cas pour la directive européenne 95/46/CE sur la protection des données personnelles et sur la libre circulation de ces données.

« Je doute de l'efficacité de réglementations franco-françaises vu la position internationale des acteurs du cloud aujourd'hui », constate Gilles Pecqueron, responsable marketing de Telehouse. Ainsi, si 85 % des DSI interrogés indiquent que le respect des législations est important dans leur stratégie IT, ils sont beaucoup moins nombreux à se soucier des réglementations locales en matière de protection des données. D'après l'étude, seuls les DSI interrogés en Suisse (84 %) et en Belgique (80 %) estiment une grande importance à leur législation locale, tout en donnant bien sûr une priorité aux textes européens. Notons que 88 % des DSI se disent au fait des textes de loi, mais ils sont 86 % à faire appel à leur service juridique pour se conformer aux obligations complexes qui s'imposent à eux surtout avec les services cloud.