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Des SDN pour simplifier la gestion des réseaux
« Un datacenter se compose de briques réseau, sécurité, serveurs et stockage. La virtualisation a, jusqu'à présent, gagné les différentes briques du datacenter sauf celle du réseau, même si des solutions de virtualLAN existent. Toutefois, ces dernières restent limitées pour construire des réseaux virtuels dans les grands datacenters. Le réseau programmable de type SDN (Software Defined Networks) va combler ce manque et garantir, ce qu'on appelle, un SDDC (Software Defined Data Center), en quelque sorte un datacenter hautement virtualisé », résume Christian Lorentz, chef de produit sénior chez Riverbed dont le groupe a récemment annoncé des solutions (gamme Cascade et la solution SteelHead) de gestion des performances des réseaux SDN (Software Defined Networks) et d'optimisation WAN pour les datacenters virtuels.
À en croire un certain nombre de nos interlocuteurs et les cabinets d'études comme Gartner et IDC, les réseaux programmables de type SDN constitueront la dernière pierre angulaire des datacenters hautement virtualisés après celle de la virtualisation des serveurs et du stockage. Bien sûr, ils visent en priorité les fournisseurs de services cloud, les services providers et les opérateurs et, dans une moindre mesure, les datacenters des entreprises plus enclins à adopter dans un premier temps des technologies de tunneling et d'overlay de type VXLan et NVGRE. Pour IDC, le marché du SDN devrait même passer de 200 millions de dollars en 2013 à plus de 2 milliards en 2016.
Absence de flexibilité sur les couches réseau
Que peut apporter concrètement la technologie SDN ? Pour tous les intervenants que nous avons interrogés, les réseaux manquent clairement de flexibilité dans leur gestion. Un avis que partage Julien Couturier, directeur technique chez Extreme Networks : « l'organisation actuelle en silo du système d'information dans les entreprises ralentit la mise en place d'applications. Les temps de déploiement des applications varient entre 2 et 4 mois en moyenne, les processus et les méthodologies sont trop nombreux, ce qui pénalise le « time to market ». La raison est qu'il y a peu ou pas de management centralisé au niveau des réseaux dans les entreprises où une multitude de consoles de gestion des commutateurs cohabitent. »
Ce manque de flexibilité et de souplesse est devenu une problématique à résoudre surtout dans un contexte où les écosystèmes qui vont du Byod (Bring your own device) aux services cloud réclament des ressources, une vitesse importante de mise en oeuvre et des performances élevées du réseau. Les SDN pourraient donc combler ce manque. « En termes de gains, les SDN vont déjà apporter de la flexibilité, de l'automatisation, une rapidité d'exécution dans les provisionnements et des garanties sur les SLA... Bref, ce que l'on fait aujourd'hui dans les serveurs avec la gestion des machines virtuelles, on doit pourvoir le faire demain au niveau du réseau avec des VLANs », indique David Limery, ingénieur système chez Brocade.
De forts investissements dans les technologies SDN
Face à cet engouement autour de la technologie SDN et des réseaux virtuels en général, les équipementiers et les éditeurs procèdent à d'importants investissements pour porter leurs équipements « ready SDN » ou pour acquérir de nouvelles technologies et affiner leur stratégie. Aujourd'hui, les offres autour du SDN sont plutôt dans une phase de construction. Premier exemple, Brocade qui a fait l'acquisition de Vyatta, un éditeur américain de solutions SDN en Open Source. L'équipementier acquiert ainsi une communauté Open Source, mais aussi une ligne commerciale avec des appliances virtuelles dédiées. De son côté, VMware s'est offert, pour plus d'un milliard de dollars, la technologie Open vSwitch de Nicira, une société californienne. Oracle, quant à lui, a racheté Xsigo, un fournisseur à l'origine d'une solution de supervision de réseaux hétérogènes. Le géant Cisco investit aussi fortement dans les technologies SDN avec les rachats de vCider, un spécialiste des réseaux programmables, de Cloupia (pour 125 millions de dollars), un spécialiste de l'automatisation des tâches dans les datacenters et de Cariden (pour 141 millions de dollars), une société spécialisée dans des solutions de planning réseaux, de design et de gestion de trafic.
On n'oubliera pas aussi les investissements financiers de Cisco dans la création de start-ups dédiées à ces technologies à l'instar des 100 millions de dollars déjà versés dans Insieme, un projet de recherche et développement dont le but est d'arriver avec plusieurs approches autour des SDN. Son concurrent Juniper Networks a, de son côté, mis la main sur la start-up Contrail Systems pour 176 millions de dollars. Cette dernière travaille sur un contrôleur SDN. Enfin, Alcatel-Lucent qui a investi, quant à elle, dans Nuage Networks, une start-up travaillant dans le domaine des SDN pour les prestataires de services de cloud et les opérateurs. Hormis ces rachats et ces investissements, il ne faut pas oublier les grands acteurs IT comme HP et Dell et les moins grands comme Extreme Networks, Riverbed et les futurs challengers comme Big Switch Networks qui créent ou qui portent une gamme de produits destinée aux réseaux virtualisés programmables. Tous ces investissements montrent à quel point cette tendance de la virtualisation des réseaux est stratégique.