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Infrastructure & CloudGrand dossier4 articlesPublié le

Comment cloud hybride et systèmes convergés modernisent le SI

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Alors que les systèmes d'information dans les entreprises n'ont jamais été aussi complexes à gérer et à administrer, ils doivent également répondre aux nouveaux usages que réclament la direction générale et les métiers. Certaines entreprises font donc le choix de moderniser en interne leurs infrastructures en adoptant des technologies de virtualisation à tous les niveaux avec des systèmes convergés, d'autres s'engagent dans l'externalisation, le plus souvent dans le cadre d'un cloud privé.

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Article 1 sur 4

Une nécessaire refonte des infrastructures

Par La RédactionPublié le 2 mars 20156 min de lecture

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’orienter vers un cloud privé/hybride qu’il soit piloté en interne ou infogéré par un prestataire, l’objectif étant de transformer et de moderniser leur propre système d’information pour déployer plus rapidement des services et des solutions en SaaS par exemple. Selon une étude dirigée par IDG Connect à la demande d’Oracle, le cloud privé arrive aujourd’hui à maturité avec près de deux tiers (60%) des entreprises sondées affichant des niveaux d’adoption intermédiaires ou avancés. Ce chiffre devrait même passer à 82% en 2017. « C’est vrai, les clients qui arrivent chez nous le font d’abord dans le cadre d’un cloud privé/hybride, ils conservent souvent la maîtrise de leur infrastructure mais la modernisent avec l’aide de nos services et de nos compétences. En revanche, nous constatons que très peu d’entreprises vont vers le tout mutualisé, l’évolution est très lente », indique Joaquim Dos Santos, responsable R&D d’Ikoula. Selon l’étude mise en avant par Oracle, la maturité croissante du cloud privé signifie aussi que les entreprises, souvent aidées par leurs équipes et leurs prestataires, savent désormais comment déployer un cloud privé avec succès. C’est une combinaison de plusieurs éléments clés dont la mise en œuvre d’une gouvernance efficace, d’une standardisation informatique, d’une adaptation des équipements, d’une gestion rigoureuse des changements informatiques mais aussi du soutien de décideurs stratégiques comme les directions générales et les métiers. Prenons simplement l’exemple réussi d’une modernisation de SI avec un cloud privé, celui de l’Abbaye de Fontevraud située en Anjou. L’Abbaye de Fontevraud est gérée comme une PME d’une centaine de personnes par le Centre Culturel de l'Ouest (financé à 90% par la Région).

La virtualisation : le moteur d’une transformation réussie

Son directeur David Martin souhaite, en effet, de faire de l’Abbaye de Fontevraud un véritable pôle numérique en plus d’un site historique, d’un hôtel de luxe design et d’un restaurant gastronomique. « Le numérique n’est ici pas envisagé comme une simple affaire de technologie mais comme un ensemble d’outils résolument axé au service de nouveaux usages. » Et parmi ces nouveaux usages, l’Abbaye propose la diffusion de films promotionnels en streaming à ses visiteurs depuis un iPad ou via sa chaine de télévision Fontevraud TV accessible par son réseau IP TV. D’ailleurs, l’hôte se voit remettre un iPad à son arrivée pour accéder à tous les services hôteliers et découvrir l’Abbaye Royale et ses environs. Bien d’autres services sont et seront proposés comme la possibilité de réserver des places pour divers événements ou de commander d’autres services en ligne (billets, restauration, etc.). Pour se faire, il a donc fallu moderniser l’infrastructure de l’Abbaye. « Auparavant, l’Abbaye disposait d’une dizaine de serveurs et chaque serveur correspondait à un usage, comme la messagerie, le web, la gestion des fichiers, etc. Il était impossible avec l’ancienne infrastructure d’offrir ces nouveaux services. Aujourd’hui, les 10 serveurs traditionnels ont été remplacés par 5 à 6 serveurs standardisés en rack qui gèrent, pour le moment, une quinzaine de machines virtuelles. La virtualisation ouvre énormément d’opportunités. De plus, la refonte du cœur de réseau et l’apport de la fibre optique ont également eu un impact important sur la modernisation et l’agilité du SI », résume Hervé Sabiaux, responsable d’activité pour le cabinet Hervé Consultant (filiale du groupe Hervé spécialisé dans l’énergie, l’industrie et le numérique) qui gère l’IT interne de l’Abbaye.

Les clefs pour un SI agile

Pour Joaquim Dos Santos, responsable R&D d’Ikoula, cette modernisation et cette agilité sont deux éléments clefs d’un cloud privé performant pour adresser de nouveaux usages. « Pour atteindre cette agilité, il faut combattre tous les blocages lorsque l’on cherche à grandir, à réduire ou à consolider son infrastructure. Prenons l’exemple de la gestion de stockage que l’on cite souvent, il ne suffit pas d’acheter uniquement des nouveaux équipements pour gérer l’explosion de la volumétrie, il faut aussi des solutions d’optimisation. L’agilité qui doit se répandre jusqu’au poste de travail est d’aller contre ces blocages et de pouvoir augmenter sa capacité de ressources intelligemment. De notre point de vue, cela se traduit par la mise en place d’un concept qui distribue de la virtualisation à tous les niveaux du compute au réseau en passant par le stockage. Chez Ikoula, nous avons commencé à migrer vers cette approche — nos offres clouds sont déjà prêtes — afin d’obtenir une infrastructure globale fortement automatisée et contrôlée par des systèmes centraux programmables. En quelque sorte, nous déplaçons la configuration vers la programmation en utilisant des logiciels adaptés pour orchestrer l’ensemble. » Un avis que partage en grande partie Phillipe Rullaud, directeur des ventes serveurs chez HP Enterprise Group et d’ajouter : « Afin de rendre le système d‘information plus flexible et agile aux nouveaux usages, nous avons même lancé des solutions adaptées d’hyper-convergence, les HP ConvergedSystem 200-HC StoreVirtual System destinées aux entreprises de taille moyenne (PME et ETI) qui permettent de configurer un datacenter en moins de 15 minutes. » (Voir encadré).

L’importance du stockage et des accès

De son côté, Nicolas Boittin, président de l’opérateur Bretagne Télécom, pointe également deux éléments clefs qui pénalisent souvent le manque d’efficacité du système d’information des entreprises, c’est la gestion du stockage et la bande passante. « Nous constatons que le point faible des infrastructures dans les PME concerne souvent la partie stockage, elles disposent d’équipements vieillissants et trop hétérogènes et donc impossible à gérer de façon centralisée, les solutions étant le plus souvent propriétaires. D’autre part, les entreprises ne doivent pas négliger la bande passante, entre les faibles débits que leur proposent certains providers et des coupures intempestives pour d’autres (ndlr : redondances douteuses), cela n’aide pas à disposer d’une infrastructure efficace et agile. »

ARM pour briser le monopole d'Intel dans les serveurs ?

Le monde des serveurs est clairement dominé par les processeurs x86 d’Intel, mais depuis quelques mois se dessine un léger engouement autour des processeurs ARM 64 bits. En effet, la bataille de l’efficacité énergétique est le nerf de la guerre dans les datacenters et l’utilisation d’équipements basse consommation permet donc clairement de réduire cette facture énergétique. C’est dans cet axe que les processeurs ARM 64 bits souhaitent faire la différence car ils sont très économes en énergie. Les constructeurs pourraient surtout profiter de l’efficience énergétique des dernières puces d’ARM pour concevoir des microserveurs, lesquels pourraient à terme équiper certains datacenters. HP, par exemple, propose depuis la fin de l’année 2014 une gamme de serveurs baptisée Moonshot capable d’accueillir différentes architectures processeurs - x86 ou ARM - en fonction des charges de travail à traiter.

Les clients qui veulent, par exemple, faire tourner des applications web de mise en cache ou gérer des charges de travail haute performance nécessitant un débit élevé, peuvent désormais acheter un serveur Moonshot intégrant la puce SoC ARM X-Gene d'Applied Micro. D'autres fournisseurs, comme Dell par exemple, proposent aussi des serveurs à base de puce ARM 64 bits à certains de ses clients. Enfin, l’hébergeur Online.net, une filiale d'Iliad, exploite sur une plateforme serveur équipée de processeurs ARM. L'offre d'Online.net, baptisée Online Labs'C1, repose sur des mini-cartes serveurs C1 désignées en interne. Équipées d'une à quatre puces ARMv7 - 32 bits donc - fournies par Marvell, ces mini-lames arrivent avec 2 Go de RAM, un petit SSD (juste pour démarrer l'OS) et une interface Ethernet Gigabit.

Article 2 sur 4

Mythes et réalités de l'externalisation

Par La RédactionPublié le 2 mars 20156 min de lecture

« Autant, il y a deux ou trois ans, nous n’avions pas ou peu de projet d’externalisation, depuis cela se démocratise et c’est surtout la direction générale qui est demandeur, tout simplement pour faire des économies dans la gestion du système d’information (ndlr : transfert des coûts vers l’opex). Hormis la problématique des coûts, la direction générale réclame aussi une IT moderne et opérationnelle. Vu l’importance du système d’information aujourd’hui dans les entreprises, il n’est plus acceptable de subir une panne informatique due à des technologies dépassées et vieillissantes », constate Nicolas Boittin, président de l’opérateur Bretagne Télécom. Et d’ajouter : « ces projets d’externalisation concernent très majoritairement des clouds privés. Nous ne sommes pas encore sur des ressources partagées dans des environnements mutualisés, nos clients veulent des infrastructures bien séparées sauf sur la partie stockage où la mutualisation l’emporte de plus en plus pour des raisons économiques. »

Externalisation vers des ressources mutualisées : un métier complexe

Sur ses offres d’externalisation mutualisées, HP indique, de son côté, avoir conquis quelques entreprises du CAC 40 (les noms ne sont pas communiqués) avec son offre de « cloud privé virtuel » hébergé entre autres dans son datacenter basé à Grenoble. Mais pourquoi parle-t-on de « cloud privé virtuel » dans une offre mutualisée. « Pour être plus précis, notre datacenter est privatisé pour ces entreprises mais à l’intérieur les ressources sont mutualisées. Je ne vous cache pas qu’au début notre expérience n’a pas été simple, nous avons beaucoup appris durant des années. En effet, dans le cadre d’un partage des ressources entre plusieurs entreprises qui n’ont pas les mêmes métiers et priorités, il faut d’abord avoir une excellente connaissance du client et cela passe surtout par une bonne distribution des équipes et des tâches. Nous avons donc mis en place des personnes dédiées aux clients qui connaissent parfaitement leurs processus et qui rapportent donc aux équipes en charge de l’infrastructure mutualisée. Le lien entre les différentes équipes est primordial. Il faut également garantir les SLA et pour cela, nous disposons d’un nuancier sur les aspects d’architectures, de processus d’incidents, d’un mode de traitement propre aux environnements et de processus de gestion de crise. Nous appliquons parfois les recettes qui ont fonctionné dans un cloud privé pour l’environnement mutualisé. De plus, nous avons beaucoup d’outillage (automatisation et d’orchestration) et nous sommes dans la logique de virtualisation à tous les niveaux. Cela dit, c’est avec l’expérience que nous avons appris à gérer la complexité. Nous travaillons aussi à améliorer nos interfaces qui ne sont pas forcément bien comprises et exploitées par certains de nos clients. Preuve de la satisfaction de nos services, les entreprises renouvellent souvent leur contrat », explique Alain Lebras, responsable clients Infogérance Cloud au sein de la division Enterprise Services chez HP.

Des problématiques sociales à prendre en compte

Cela dit, si quelques grands comptes et PME sont d’ores et déjà conquis par l’externalisation de tout ou d’une partie de leur SI, sur le terrain, lors de nos IT Tour de septembre à décembre 2014, notre rédaction a pu constater qu’ils sont encore assez rares à franchir le cap. Les initiatives engagées par les entreprises concernent essentiellement l’adoption d’offres SaaS (à l’image de Salesforce.com, d’Office365 de Microsoft ou de la messagerie Google).

Et pour cause, pour certains DSI, l’externalisation du système d’information est synonyme de menace sur leur emploi et celui de leurs équipes. De nombreux DSI que nous avons rencontrés ne nous cachent d’ailleurs pas leur crainte même s’ils sont bien conscients que les choses doivent évoluer. D’ailleurs certaines entreprises se positionnent et anticipent sur les futurs changements. C’est le cas de l’entreprise lilloise Rouge Gorge spécialisée dans la lingerie. L’anticipation semble être d’ailleurs la meilleure arme chez Rouge Gorge pour maintenir sa DSI face à l’externalisation qu’elle pratique. En effet, l’entreprise a externalisé son infrastructure chez CIV, un hébergeur local (elle en reste toutefois propriétaire) et fait aussi appel à des prestataires externes pour gérer la messagerie (chez Google Gmail) ou la paye par exemple. « Cette capacité à externaliser certains services nous a permis de libérer du temps au quotidien pour nos équipes. Et ce temps, nous l’avons mis à profit pour être force de proposition, d'organisation et d’innovation auprès de notre direction générale et auprès des métiers. C’est une orientation que nous devons prendre car notre métier change et nous ne pouvons plus rester sur des acquis qui datent de 15 ans et plus », constate Florent Plonquet, directeur des systèmes d'information de Rouge Gorge. Ainsi, avec le temps dégagé, les équipes IT, en collaboration avec les métiers, travaillent sur plusieurs services autour du magasin connecté (usage des tablettes, reconnaissance du client dans le magasin, etc.). L’objectif étant d’apporter de l’innovation au groupe par le numérique et donc de la valeur ajoutée.

La qualité des services en question ?

En outre, certaines entreprises restent très prudentes face à l’externalisation, elles mettent souvent en doute la qualité des services offerts (SLA) ou l’engagement des prestataires sur ces SLA. « Nous sommes très prudents face à l’externalisation, c’est pour cette raison que nous avons décidé de conserver tout ce que nous considérons critiques en interne. La confidentialité des données est un sujet sensible, bien sûr, nous ne sommes pas opposés au recours du cloud public ou hybride mais les conditions sur la délicate question des clés de chiffrement cloud ne sont, de mon point de vue, pas totalement résolues. Il est important de mesurer le degré de criticité des données pour décider de savoir ce que l’on peut externaliser », avait noté Patrick Baldit, chef du service des technologies de l'information et de la communication du CEA (le CEA disposant aussi d’un cloud privé en interne) lors de l’étape de l’IT Tour à Aix-en-Provence. De son côté, Arnaud Garnier, DSI de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne (voir encadré) pointe aussi le manque d’interopérabilité et la qualité des réseaux qui font défaut chez certains fournisseurs et opérateurs de services clouds.

Face à ces doutes, certains fournisseurs de cloud mettent aussi en cause les mauvais feedbacks des acteurs du cloud low-cost. « Chez certains acteurs du low-cost, il y a eu une surenchère sur les SLA, les niveaux d’engagement ne sont tout simplement pas respectés, ce qui n’insiste effectivement pas les entreprises à s’orienter davantage vers l’externalisation », constate Philippe Rullaud, directeur des ventes serveurs, HP Enterprise Group. Nicolas Boittin, président de Bretagne Télécom, tient aussi à rappeler que la qualité de service a un coût. « Si certaines entreprises réclament un prix agressif, il faut qu’elles acceptent aussi d’être coupées 8 heures. Dans le cas contraire, pour obtenir de meilleures garanties, il faut y mettre le prix. »

Les systèmes convergents pour créer rapidement des datacenters privés

Toujours dans un souci d’efficacité et de simplification, les systèmes convergents se multiplient à l’image de l’offre VSPEX d’EMC, une plateforme préconfigurée pour créer un cloud privé et élaborée au sein d'une alliance regroupant plusieurs constructeurs et éditeurs autour des technologies d’hyperviseur, de serveur, de réseau, de stockage et de protection des données.  HP surfe aussi sur ce créneau avec ses solutions hyper-convergentes ConvergedSystem 200-HC StoreVirtual System. Ces dernières permettent de construire un véritable datacenter prêt à l’emploi. Physiquement, elles se présentent sous forme d’appliances dans un châssis unique au format 2U peu encombrant. Ceci a été possible grâce à une combinaison de technologies standardisées, de puissance de calcul (possibilité de créer de nombreuses VM), de capacité, de densité, de services de hiérarchisation du stockage, de réseau, d’hyperviseur et de gestion de l’infrastructure (serveur ProLiant, baie de stockage StoreVirtual VSA, mise en réseau dans un environnement VMware vSphere). L’ensemble étant entièrement préconfiguré. Dell, de son côté, a récemment dévoilé sa dernière gamme d’appliances de virtualisation hyper convergées, XC Series. Cette gamme embarque la solution d’infrastructure convergée Nutanix. Enfin, des entreprises moins connues tentent aussi de percer sur ce marché de systèmes convergents comme la société Nutanix (citée précédemment) ou Simplivity qui, avec son infrastructure hyperconvergée OmniCube, supporte désormais VMware vSphere 6 et les processeurs Intel Haswell.

Article 3 sur 4

Un cloud privé à l'Agence de l'Eau Loire Bretagne

Par La RédactionPublié le 2 mars 20152 min de lecture

Derrière le décret du premier août 2014, relatif au système d'information et de communication de l'État, se cache la volonté du DISIC (Directeur Interministériel des Systèmes d'Information et de Communication de l'état) de rationaliser les datacenters pour des raisons budgétaires. En clair, de réduire leur nombre par 10, sur une dizaine d’années, pour arriver à un datacenter par ministère, soit moins d’une vingtaine au total. En attendant que l’État prenne la main, pour Arnaud Garnier, DSI de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, l’heure est à l’anticipation. « Deux choix qui s’offrent à nous. Soit nous faisons l’autruche et nous regardons passer le train jusqu’à temps que cela nous tombe dessus, soit nous négocions le virage de la modernisation en préparant nos équipes à l’évolution de notre métier et en standardisant nos deux socles techniques (OS, serveurs d’application) pour être plus agile. C’est la deuxième option que nous avons choisie. »

L’Agence de l’Eau Loire Bretagne a donc opté pour un cloud privé tout en restant à l’écoute d'opportunités pour se tourner vers le cloud hybride, l’objectif est aussi de conserver une cohérence avec la gestion de ses 120 applications en interne. « La refonte de nos architectures nous a obligé aussi à entrer dans une logique de cycle de vie de l’application, par exemple définir comment superviser une application en production dès sa spécification et pas au moment de l’exploiter », précise Arnaud Garnier. En 2015, l’Agence de l’Eau Loire Bretagne va ainsi refondre ses plateformes de virtualisation, de stockage et sa sauvegarde pour faire face à la volumétrie des données qui ne cesse de croître. « Nous allons migrer d’une plateforme de sauvegarde sur bandes vers un système sur disques modulable et adaptable à notre croissance très forte des données, même si c’est difficile de prévoir avec exactitude la volumétrie dans les cinq ans à venir », indique Arnaud Garnier. Quant au choix du cloud, Arnaud Garnier reste prudent. « Nous avons pensé à l’externalisation dans le cadre d’un PRA (ndlr : Plan de Reprise d’Activité) mais nous voyons aussi les problèmes rencontrés sur la qualité des réseaux, cela nous a d’ailleurs motivé pour revenir à un opérateur qui possède ses propres infrastructures réseaux. Enfin, avec le cloud, nous payons à l’usage, nous sommes donc dans un mode opex. Or, contrairement au secteur privé, le secteur public concentre ses efforts de réduction des coûts sur celui-ci, ce qui ajoute une contrainte à la contrainte. »

Article 4 sur 4

Des entreprises séduites par l'externalisation

Par La RédactionPublié le 2 mars 20154 min de lecture

Au travers de notre enquête, nous avons effectivement pu constater que les entreprises ayant fait le choix de l’externalisation pour leur cloud privé semblent tout à fait séduites. C’est notamment le cas pour Gefco, une filiale de Peugeot spécialisée dans la logistique industrielle qui a fait appel aux compétences de son nouvel infogéreur CapGemini. Selon Beray Legouverneur, qui a piloté la transformation IT de l’entreprise et témoigné de son expérience chez nos confrères de CIO, Gefco rencontrait un problème sur ses infrastructures qui tenait à la fois de leurs performances et de leur coût. Il s'agissait donc d'industrialiser, de moderniser, de standardiser, de rationaliser et d'accroître l'agilité de ce système d’information. Pour cela, trois étapes ont été définies. Il fallait s'occuper des infrastructures centrales (70% des serveurs ont été installés dans un cloud privé qui n’appartient pas à Gefco mais à son infogéreur, Gefco achète la capacité et les services associés), puis migrer le réseau en augmentant sa fiabilité et en baissant ses coûts. Enfin, la troisième étape consistait à s'occuper des agences locales et des postes de travail (remplacement des postes qui étaient sous XP et déploiement de l’outil de communication unifiée Lync de Microsoft). Pour Beray Legouverneur, la transformation a réussi, la diminution des coûts a suivi le modèle prévu. Les marges de manœuvre budgétaires dégagées ont été réinvesties, les coûts d'exploitation économisés ont ainsi été utilisés d'une part pour régler la dette technique et d'autre part pour mener d'autres projets.

Pronuptia externalise la totalité de ses infrastructures

Autre exemple, celui de la PME Pronuptia (300 personnes), le spécialiste de la robe de mariée qui, face aux coûts d’engagement interne pour moderniser son infrastructure et à une complexité de plus en plus importante du SI, a décidé d’externaliser toute son infrastructure dans un cloud privé chez Bretagne Télécom. « Aujourd’hui, il est très difficile pour une PME de notre taille de gérer une infrastructure IT, la mise à jour des serveurs, la gestion de la sécurité, la mise aux normes des salles serveurs sans oublier la nécessité de disposer de compétences très importantes pour gérer toutes ces problématiques nous ont effectivement amené à confier notre IT à Bretagne Télécom. Nous ne pouvions pas mettre l’entreprise en danger à cause de l’IT. Ainsi, en faisant appel à des spécialistes, nous gagnons en qualité, en sécurité et en sérénité. Enfin, nous transférons nos coûts en opex et non en investissement », relève Philippe Macé, le dirigeant de Pronuptia. Le choix de Pronuptia pour Bretagne Télécom se résume avant tout par une relation humaine de qualité. « Avec Bretagne Télécom, nous bénéficions d’un service de qualité, nous connaissons les équipes, c’est une entreprise à taille humaine comme la nôtre », reconnaît Philippe Macé. Précisons qu’aujourd’hui, Pronuptia ne dispose plus de DSI en interne. « La DSI nous a accompagné dans notre projet d’externalisation. Nous ne disposons plus de service en interne hormis notre équipe de développeurs pour nos sites web qui travaille en transversalité avec nos différents services dont le marketing », conclut Philippe Macé.

A l’instar de Pronuptia, la Sauvegarde du Nord (qui compte une centaine d’implantation), une association créée en 1957 qui accompagne les enfants et les adultes en grande difficulté vient de réaliser l’externalisation de son SI dans un cloud privé hébergé dans le datacenter CIV de Lille, ce projet a été mené par l’intégrateur Scalair. Plusieurs raisons ont poussé l’association vers l’externalisation dont une sécurité de plus en plus difficile à maitriser en interne et une difficulté à augmenter le nombre de machines virtuelles en fonction des besoins.

Si certaines entreprises comme Gefco ou Pronuptia ne sont pas propriétaires de leur infrastructure chez leur prestataire, d’autres sociétés comme Pièces & Pneus ou encore Rouge Gorge conservent la propriété et la maîtrise de leur infrastructure. Ainsi, Pièces & Pneus valorise toujours ses équipes techniques en interne sur la gestion du système d’information mais l’entreprise bénéficie aussi des compétences des équipes de son prestataire Bretagne Télécom qu’elle voit aussi comme un DSI à temps partagé. En effet, ce dernier lui apporte par exemple des services indispensables comme la mise en œuvre d’équipements de Load Balancing pour garantir la haute disponibilité du site. Quant à Rouge Gorge, il garde aussi la propriété et la maîtrise de son infrastructure hébergée dans un datacenter, toute sa gestion s’effectuant d’ailleurs à distance.