Article 1 sur 4
Une nécessaire refonte des infrastructures
Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’orienter vers un cloud privé/hybride qu’il soit piloté en interne ou infogéré par un prestataire, l’objectif étant de transformer et de moderniser leur propre système d’information pour déployer plus rapidement des services et des solutions en SaaS par exemple. Selon une étude dirigée par IDG Connect à la demande d’Oracle, le cloud privé arrive aujourd’hui à maturité avec près de deux tiers (60%) des entreprises sondées affichant des niveaux d’adoption intermédiaires ou avancés. Ce chiffre devrait même passer à 82% en 2017. « C’est vrai, les clients qui arrivent chez nous le font d’abord dans le cadre d’un cloud privé/hybride, ils conservent souvent la maîtrise de leur infrastructure mais la modernisent avec l’aide de nos services et de nos compétences. En revanche, nous constatons que très peu d’entreprises vont vers le tout mutualisé, l’évolution est très lente », indique Joaquim Dos Santos, responsable R&D d’Ikoula. Selon l’étude mise en avant par Oracle, la maturité croissante du cloud privé signifie aussi que les entreprises, souvent aidées par leurs équipes et leurs prestataires, savent désormais comment déployer un cloud privé avec succès. C’est une combinaison de plusieurs éléments clés dont la mise en œuvre d’une gouvernance efficace, d’une standardisation informatique, d’une adaptation des équipements, d’une gestion rigoureuse des changements informatiques mais aussi du soutien de décideurs stratégiques comme les directions générales et les métiers. Prenons simplement l’exemple réussi d’une modernisation de SI avec un cloud privé, celui de l’Abbaye de Fontevraud située en Anjou. L’Abbaye de Fontevraud est gérée comme une PME d’une centaine de personnes par le Centre Culturel de l'Ouest (financé à 90% par la Région).
La virtualisation : le moteur d’une transformation réussie
Son directeur David Martin souhaite, en effet, de faire de l’Abbaye de Fontevraud un véritable pôle numérique en plus d’un site historique, d’un hôtel de luxe design et d’un restaurant gastronomique. « Le numérique n’est ici pas envisagé comme une simple affaire de technologie mais comme un ensemble d’outils résolument axé au service de nouveaux usages. » Et parmi ces nouveaux usages, l’Abbaye propose la diffusion de films promotionnels en streaming à ses visiteurs depuis un iPad ou via sa chaine de télévision Fontevraud TV accessible par son réseau IP TV. D’ailleurs, l’hôte se voit remettre un iPad à son arrivée pour accéder à tous les services hôteliers et découvrir l’Abbaye Royale et ses environs. Bien d’autres services sont et seront proposés comme la possibilité de réserver des places pour divers événements ou de commander d’autres services en ligne (billets, restauration, etc.). Pour se faire, il a donc fallu moderniser l’infrastructure de l’Abbaye. « Auparavant, l’Abbaye disposait d’une dizaine de serveurs et chaque serveur correspondait à un usage, comme la messagerie, le web, la gestion des fichiers, etc. Il était impossible avec l’ancienne infrastructure d’offrir ces nouveaux services. Aujourd’hui, les 10 serveurs traditionnels ont été remplacés par 5 à 6 serveurs standardisés en rack qui gèrent, pour le moment, une quinzaine de machines virtuelles. La virtualisation ouvre énormément d’opportunités. De plus, la refonte du cœur de réseau et l’apport de la fibre optique ont également eu un impact important sur la modernisation et l’agilité du SI », résume Hervé Sabiaux, responsable d’activité pour le cabinet Hervé Consultant (filiale du groupe Hervé spécialisé dans l’énergie, l’industrie et le numérique) qui gère l’IT interne de l’Abbaye.
Les clefs pour un SI agile
Pour Joaquim Dos Santos, responsable R&D d’Ikoula, cette modernisation et cette agilité sont deux éléments clefs d’un cloud privé performant pour adresser de nouveaux usages. « Pour atteindre cette agilité, il faut combattre tous les blocages lorsque l’on cherche à grandir, à réduire ou à consolider son infrastructure. Prenons l’exemple de la gestion de stockage que l’on cite souvent, il ne suffit pas d’acheter uniquement des nouveaux équipements pour gérer l’explosion de la volumétrie, il faut aussi des solutions d’optimisation. L’agilité qui doit se répandre jusqu’au poste de travail est d’aller contre ces blocages et de pouvoir augmenter sa capacité de ressources intelligemment. De notre point de vue, cela se traduit par la mise en place d’un concept qui distribue de la virtualisation à tous les niveaux du compute au réseau en passant par le stockage. Chez Ikoula, nous avons commencé à migrer vers cette approche — nos offres clouds sont déjà prêtes — afin d’obtenir une infrastructure globale fortement automatisée et contrôlée par des systèmes centraux programmables. En quelque sorte, nous déplaçons la configuration vers la programmation en utilisant des logiciels adaptés pour orchestrer l’ensemble. » Un avis que partage en grande partie Phillipe Rullaud, directeur des ventes serveurs chez HP Enterprise Group et d’ajouter : « Afin de rendre le système d‘information plus flexible et agile aux nouveaux usages, nous avons même lancé des solutions adaptées d’hyper-convergence, les HP ConvergedSystem 200-HC StoreVirtual System destinées aux entreprises de taille moyenne (PME et ETI) qui permettent de configurer un datacenter en moins de 15 minutes. » (Voir encadré).
L’importance du stockage et des accès
De son côté, Nicolas Boittin, président de l’opérateur Bretagne Télécom, pointe également deux éléments clefs qui pénalisent souvent le manque d’efficacité du système d’information des entreprises, c’est la gestion du stockage et la bande passante. « Nous constatons que le point faible des infrastructures dans les PME concerne souvent la partie stockage, elles disposent d’équipements vieillissants et trop hétérogènes et donc impossible à gérer de façon centralisée, les solutions étant le plus souvent propriétaires. D’autre part, les entreprises ne doivent pas négliger la bande passante, entre les faibles débits que leur proposent certains providers et des coupures intempestives pour d’autres (ndlr : redondances douteuses), cela n’aide pas à disposer d’une infrastructure efficace et agile. »
ARM pour briser le monopole d'Intel dans les serveurs ?
Le monde des serveurs est clairement dominé par les processeurs x86 d’Intel, mais depuis quelques mois se dessine un léger engouement autour des processeurs ARM 64 bits. En effet, la bataille de l’efficacité énergétique est le nerf de la guerre dans les datacenters et l’utilisation d’équipements basse consommation permet donc clairement de réduire cette facture énergétique. C’est dans cet axe que les processeurs ARM 64 bits souhaitent faire la différence car ils sont très économes en énergie. Les constructeurs pourraient surtout profiter de l’efficience énergétique des dernières puces d’ARM pour concevoir des microserveurs, lesquels pourraient à terme équiper certains datacenters. HP, par exemple, propose depuis la fin de l’année 2014 une gamme de serveurs baptisée Moonshot capable d’accueillir différentes architectures processeurs - x86 ou ARM - en fonction des charges de travail à traiter.
Les clients qui veulent, par exemple, faire tourner des applications web de mise en cache ou gérer des charges de travail haute performance nécessitant un débit élevé, peuvent désormais acheter un serveur Moonshot intégrant la puce SoC ARM X-Gene d'Applied Micro. D'autres fournisseurs, comme Dell par exemple, proposent aussi des serveurs à base de puce ARM 64 bits à certains de ses clients. Enfin, l’hébergeur Online.net, une filiale d'Iliad, exploite sur une plateforme serveur équipée de processeurs ARM. L'offre d'Online.net, baptisée Online Labs'C1, repose sur des mini-cartes serveurs C1 désignées en interne. Équipées d'une à quatre puces ARMv7 - 32 bits donc - fournies par Marvell, ces mini-lames arrivent avec 2 Go de RAM, un petit SSD (juste pour démarrer l'OS) et une interface Ethernet Gigabit.