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SD-WAN : un secteur désormais en phase d'industrialisation
« Depuis le rachat de Viptela, chez Cisco, nous déployons massivement des solutions SD-WAN via nos partenaires intégrateurs et opérateurs ; Cisco a déjà conquis environ 20 000 clients dans le monde », se réjouit Christophe Perrin, Head of SD-WAN and SD-Campus Sales and Technical Operations chez Cisco pour l’Europe du sud. Fini l’époque des PoC, Cisco, VMware, SilverPeak, Versa ou Fortinet, pour ne citer que ces quelques leaders du secteur mentionnés par le cabinet d’études Dell’Oro, tous peuvent partager la réalisation de projets en production ; Fortinet a par exemple conquis Lyreco, un groupe distributeur français de fournitures de bureaux https://www.lemondeinformatique.fr/les-dossiers/lire-lyreco-gagne-en-maturite-avec-le-sd-wan-1020.html ou encore Cisco qui a équipé une trentaine de sites en SD-WAN du groupe industriel Polypore International, spécialisé dans la conception de membranes microporeuses pour la fabrication de batteries. Pour IDC, le marché du SD-WAN devrait se rapprocher des 6 milliards de dollars en 2023 contre 1,4 en 2018. Pour Frédéric Kunegel, Senior Director EMEA et Country Manager France de Riverbed, trois types de fournisseurs de solutions SD-WAN existent sur le marché : ceux qui viennent du monde du routage comme Nuage Networks ou Cisco/Viptela, ceux qui accompagnent la migration vers le cloud comme Silverpeak et Riverbed, enfin, ceux issus de la sécurité comme Fortinet ou Barracuda Networks. Aujourd’hui, ce secteur du SD-WAN s’est fortement rationnalisé, les pure-players ont quasiment tous été rachetés, le dernier en date étant CloudGenix par Palo Alto Networks (voir focus ci-dessous).
Bien identifier les besoins
L’élément déclencheur d’un projet SD-WAN est varié, si de nombreuses entreprises ont par exemple opté pour le SD-WAN afin de garantir une meilleure disponibilité et latence de leurs applications SaaS comme Office 365 ou Salesforce, d’autres comme Ingenico souhaitaient aussi réduire les coûts de leurs liens MPLS. « L’objectif était effectivement de diminuer nos coûts liés au MPLS, nous avons donc déployé sur tous nos sites le SD-WAN de Silver Peak, lequel est managé par un infogéreur. Nous effectuons de la classification des applications en utilisant tous nos liens disponibles et les différents SLA. Deux ans après le déploiement, nous obtenons même une meilleure qualité que le MPLS. Le plus important est de multiplier les liens, sur certains sites, nous en comptons trois voire quatre », a déclaré Aymen Chebli, consultant en charge du projet SD-WAN chez Ingenico lors de l’événement du CDRT (Club des Dirigeants Réseaux et Télécoms) sur le SD-WAN qui s’est tenu à Paris le 6 février dernier. Derrière un projet SD-WAN, il y a aussi la volonté pour l’entreprise de reprendre le contrôle sur le réseau WAN comme le reconnaît Ramyan Selvam, Systems Engineer chez Juniper Networks, en proposant une interface intuitive. Reste qu’un projet SD-WAN nécessite selon les intégrateurs une phase d’étude rigoureuse. « Tout déploiement SD-WAN nécessite un audit préalable pour en garantir le succès », souligne Selim Ben Hamouda, responsable du marketing Fixed Data and Security chez Bouygues Telecom Entreprises. De son côté, Laurent Dauphin, consultant avant-vente chez Axians, l’a confirmé lors de l’événement CDRT en insistant sur l’importance de la phase d’ingénierie, car ce type de projet est, selon ses dires, structurant. Un avis que partage aussi David Remaud, responsable développement d’activités chez Apixit.