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Infrastructure & CloudGrand dossier9 articlesPublié le

Décarbonation du numérique, enfin des actions concrètes

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

15 ans après la vague très médiatisée du Green IT - LMI avait un blog sur ce thème - la décarbonation liée au numérique s'engage pour de bon. Mais quel sera l'impact sur le long terme de toutes les mesures déjà prises par les acteurs que Le Monde Informatique relève dans cette enquête ? Difficile de le prédire d'autant qu'en parallèle, la croissance des usages et des données à venir s'annonce colossale. Aujourd'hui, face à l'urgence climatique, les choses bougent néanmoins ; les pouvoirs publics comme les acteurs de l'IT prennent de plus en plus part aux responsabilités. Précisons quand même que les services numériques génèrent 4,2 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe*. Partant de ce constat, il est certain que des réglementations plus contraignantes que celles d'aujourd'hui iront crescendo. Déjà, des travaux (référentiels, labels) portés par des consortiums voient le jour et offrent des bases de travail précieuses. À cela, les acteurs de l'IT ou encore les opérateurs de datacenters s'engagent, eux aussi, vers un numérique plus responsable. Quoi qu'il en soit, tous ces acteurs n'ont pas d'autres choix que de s'engager dans une approche plus vertueuse, car la prise de conscience de la société est telle qu'il ne faut plus faillir à cause d'une mauvaise réputation, fut-elle liée à l'environnement.

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Article 1 sur 9

Numérique responsable : réglementations, référentiels et outils, où en est-on ?

Par Benoît HuetPublié le 8 mars 20225 min de lecture

À l’heure où nous écrivons ces lignes, il n’existe pas en France d’obligations strictes pour réduire les émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) liées au numérique à l’exception de la loi AGEC relative à la lutte contre le gaspillage qui cible uniquement les services publics et qui les obligent à consacrer annuellement 20 % de leurs achats IT (ordinateurs, imprimantes, écrans, etc.) dans du matériel recyclé ou reconditionné. À cela s’ajoute la loi REEN (ou Chaize, nom du sénateur qui a déposé une proposition de loi le 12 octobre 2020) qui consiste à encadrer un peu plus l’obsolescence programmée, mais sans réelles mesures contraignantes. Sans être une réglementation d’engagement à réduire les émissions de GES, il faut aussi ajouter l’article 229-25 du code de l’environnement obligeant les entreprises de plus de 500 salariés, les collectivités de plus de 50 000 habitants et certains établissements publics (plus de 250 agents) et services de l’État à établir un bilan global de leurs émissions de gaz à effet de serre, un bilan qui prend bien sûr en compte le numérique. Et pour faire ce bilan, les entreprises s’alignent sur des publications et des méthodes très détaillées (Scope I, II et III, ISO 14069, etc.) portées surtout par l’ADEME, l’Association Bilan Carbone (ABC), le Cigref, etc.

Certaines sociétés, qui ne sont pas encore éligibles (moins de 500 salariés), le font aussi d’elles-mêmes surtout pour garantir et promouvoir leur réputation. Et pour cause, l’ensemble de la société civile a pris conscience de toutes ces interrogations et problématiques liées au réchauffement climatique. Par exemple, de plus en plus de consommateurs achètent des produits et des services en fonction de leur impact sur l’environnement et sont donc plus attentifs aux entreprises qui les commercialisent. De même, les RH font face à des candidats plus exigeants sur l’engagement de l’entreprise en termes d’environnement. Cette réputation, les entreprises la soignent et ne veulent plus passer pour des attentistes ou au pire pour des pollueurs.

Plein d’outils pour mesurer son bilan carbone…

Aujourd’hui, un certain nombre d’outils permettent de mesurer son bilan carbone, qu’ils soient liés au numérique comme Greenmetrics ou plus globaux comme la solution Sami. « Sur ce marché naissant, il existe de nombreuses plateformes accessibles en Saas, plus ou moins avancées », confirme par ailleurs Guillaume Colin, VP Carbone de Sami. La plateforme Sami permet de créer son bilan carbone en collectant et analysant une multitude d’informations (entre autres celles liées au numérique), mais propose aussi des recommandations pour améliorer ou compenser son bilan. Idem pour Greenmetrics qui est, en revanche, une plateforme SaaS exclusivement dédiée au numérique. Hormis ces plateformes dédiées, les entreprises peuvent très bien établir leur bilan carbone en s’aidant simplement d’un tableur Excel ou, pour celles qui en ont les moyens, en se faisant accompagner par un cabinet externe. Pour affiner la précision des calculs dans ces outils, parfois très aléatoires notamment dans les mesures liées à l’usage du cloud, ces plateformes, via des API et connecteurs, peuvent s’ouvrir à des logiciels tiers et/ou complétés à ceux des services providers qui produisent les propres données.

… plein d’organismes dédiés et un référentiel abouti

Dans son engagement proactif vers un numérique responsable, une entreprise peut également se rapprocher vers l’un des nombreux organismes (associations, fédérations, communautés, think-tank) qui existent en France comme Green IT, Alliance Green IT (AGIT qui publie entre autres le baromètre annuel Green IT), Numeum Planet Tech’Care (déjà 500 signataires de leur charte), INR (Institut Numérique Responsable qui, en partenariat avec l’agence Lucie, délivre le label NR de référence). Ces organismes publient donc des livres, des études, des guides…, organise des événements (ateliers, conférences, etc.) et mettent aussi à la disposition de leurs membres des outils, des méthodes et même un référentiel. En effet, le consortium constitué de LCIE CODDE Bureau Veritas, APL Data Center, DDemain et GreenIT.fr a élaboré, il y a peu, le premier référentiel, baptisé NegaOctet, destiné à calculer les impacts environnementaux du numérique tout au long du cycle de vie. « NegaOctet est une base de données complète, validée par l’ADEME, avec des mesures concrètes. Depuis cette base, vous pouvez par exemple consulter quels sont les équipements impliqués dans une simple action de recherche sur Internet et connaître leur consommation », explique Thomas Mesplede, chargé de mission au sein de l’AGIT qui soutient ce référentiel. NegaOctet vient d’ailleurs compléter d’autres référentiels RSE (responsabilité sociétale des entreprises alignées sur la norme 26000) comme EcoVadis. « Si la RSE agit au niveau organisationnel de l’entreprise (achats, R&D, relations clients-fournisseurs, etc.), le référentiel NegaOctet cible les produits et les services dans une logique quantitative. Une entreprise qui s’engage dans la décarbonation doit pouvoir quantifier et comparer. Et pour cela, utilisons le même outil, nous serons plus à même de fixer des seuils et des gradients », précise Marie-Elisabeth d’Ornano, responsable centre expertise ACV (Analyse du Cycle de Vie) – Ecoconception chez Bureau Veritas France.

Focus sur le cycle de vie des équipements !

Selon Marie-Elisabeth d’Ornano, responsable du centre d’expertise ACV – Ecoconception chez Bureau Veritas France, l’impact carbone le plus important dans les services numériques provient des équipements utilisateurs (écrans, tablettes, PC portables/desktop, TV, smartphones), de l’ordre de 60 à 70 % (l’impact ressources pour ces équipements pouvant monter à plus de 85 %) contre 20 à 25 % pour les datacenters et 10 % environ pour les réseaux. Et dans le cycle de vie de ces équipements, c’est la phase de fabrication la plus déterminante. Cette dernière n’est pas si simple à aborder, car il n’existe pas un seul pays producteur de ces terminaux et périphériques, mais plusieurs avec des processus et des mix-énergétiques qui diffèrent d’un pays à l’autre. Selon le rapport européen « Le numérique en Europe : une approche des impacts environnementaux par l’analyse du cycle de vie », des actions telles que la mutualisation des équipements, l’allongement de leur durée de vie et la réduction de leur impact environnemental individuel constituent un levier important pour réduire globalement leurs impacts.

Article 2 sur 9

Loire-Atlantique déjà très fortement engagé vers un numérique responsable

Par Benoît HuetPublié le 8 mars 20223 min de lecture

Dès son arrivée il y a trois ans, Safia D’Ziri, directrice solutions numériques au Département de Loire-Atlantique, et ses équipes, ont mené un vaste plan d’actions pour moderniser l’T du département tout en s’engageant vers un numérique responsable. Gage de cet engagement, le département a adhéré à la charte Numérique Responsable portée par l’INR (Institut du Numérique Responsable). Ce plan se déroule suivant plusieurs volets. Déjà, la réduction de la consommation énergétique des datacenters qui s’est traduite par la migration des anciennes infrastructures vers des systèmes hyperconvergés ; cette étape aurait permis de gagner 50 % sur la consommation d’énergie selon Safia D’Ziri. Pour aller plus loin, le département, qui dispose de deux datacenters, a choisi d’en externaliser un chez l’opérateur Etix Everywhere, le PUE va ainsi passer de 2,2 (en interne) à 1,3 (chez Etix). Quant au deuxième datacenter, il sera réaménagé avec des équipements électriques et des systèmes de refroidissement modernes.

Communication et sensibilisation auprès des agents

Le deuxième volet de ce plan d’actions concerne surtout les usages et la sensibilisation auprès des agents du département. « Ce plan de sensibilisation, qui s’est déroulé en plusieurs temps, a impliqué tous les agents au travers de conférences, de quizz, de jeux, etc. Résultat : une vraie prise de conscience de nos collaborateurs et une forte adhésion de leur part », indique Safia D’Ziri, et d’ajouter : « Nous avons aussi établi un plan de communication auprès de nos agents avec diverses actions. Par exemple, un atelier, qui a rassemblé une quarantaine d’agents, a été organisé sur la thématique du nettoyage (suppression et archivage) des fichiers. Bilan de cette action en équivalence énergétique : une réduction d’une tonne de CO2. En parallèle, nous continuons à promouvoir les éco-gestes auprès de nos collaborateurs ». Au total, ce sont 22 tonnes équivalentes CO2 économisées pour 15 To de données supprimées suite à cette séance de nettoyage.

Augmenter la durabilité des équipements IT

Le département s’est aussi attaqué à sa politique d’équipements IT. Déjà, en poussant au maximum le cycle de vie des équipements IT : 10 ans pour les écrans, 5 ans pour les PC portables, 5 ans pour les smartphones, 8 ans pour les imprimantes multifonctions, etc. À cela, une rallonge de un à deux ans de plus sur certains équipements est parfois mise en œuvre. Résultat : le volume de déchets électroniques a baissé de plus de 50 % dans le département entre 2018 et 2020. « Nous allons aussi optimiser notre parc d’impression en passant d’un matériel pour 3 agents aujourd‘hui à 5 pour demain. De plus, nous avons diminué le nombre de terminaux pour certains managers en sélectionnant des modèles hybrides qui font à la fois office de tablettes et de PC portables, idem pour les smartphones qui intègrent deux emplacements SIM (pour un usage pro et perso) », ajoute Safia D’Ziri. Toutes ces actions auront sûrement un impact important sur le prochain bilan carbone à paraître dans quelques mois. Pour un bilan carbone global de la collectivité (81 000 Téq CO2/an en 2013), la part du numérique représente 1 050 Téq CO2/an (méthode ACV Screening – Iso 14040/14044).

Article 3 sur 9

Des acteurs IT plus responsables sur les questions environnementales

Par Benoît HuetPublié le 8 mars 20224 min de lecture

Les grands acteurs de l’IT se fixent des objectifs ambitieux en termes de réduction de leur empreinte carbone et s’en donnent aujourd’hui les moyens. C’est le cas de Microsoft ou de VMware qui s’engagent à atteindre, d’ici à 2030, le stade de neutralité carbone au niveau de leurs opérations et de leur chaîne d’approvisionnement, mais aussi de Lenovo qui veut réduire ses émissions GES (Gaz à Effet de Serre) de 50 %. Dans cette continuité, Oracle s’est fixé d’atteindre 100 % d'énergie renouvelable pour toutes les régions Cloud de son offre OCI (Oracle Cloud Infrastructure) d'ici à 2025. Pour atteindre leurs objectifs, tous ces acteurs agissent sur plusieurs scopes, leurs usines de production et leurs bureaux déjà en les rendant plus économes et autonomes. Par exemple, des panneaux solaires ont été installés sur le campus de Lenovo en Caroline du Nord, réduisant significativement son empreinte carbone. « Notre volonté est aussi de maîtriser nos achats d’énergie, 90 % de notre électricité est verte aujourd’hui. De même, nous avons augmenté de 18 % le transport de nos marchandises vers l’Europe par le train », donne aussi en exemple Giuseppe Condorelli, account manager public sector, Energy chez Lenovo ISG. Lenovo agit aussi sur la production de ses serveurs et PC en introduisant par exemple des procédés comme la soudure basse température qui lui a permis d’économiser 4,7 tonnes de CO2, mais aussi en augmentant la durabilité de ses machines, en réduisant le packaging et même le scotch pour sceller les cartons, ou encore en privilégiant de plus en plus des matériaux recyclés. Oracle indique même avoir collecté pendant son exercice fiscal 2020 plus de 1100 tonnes de matériels à remplacer (dont 99,6 % ont été réutilisés ou recyclés) et même d’avoir réduit, depuis 2015, de 25 % par mètre carré la quantité de déchets envoyés à la décharge dans les bâtiments qu'il possède.

Le grand retour des systèmes refroidis par l’eau

Au-delà de ces annonces à grande échelle, ces acteurs s’engagent aussi à réduire l’empreinte carbone des datacenters de leurs clients. Par exemple, la SNCF a pu réduire son impact carbone significativement en migrant son ERP PeopleSoft dans l’offre OCI d’Oracle hébergée dans un datacenter vertueux, un impact qui a été validé par Bureau Veritas lequel agit comme tiers de confiance pour Oracle. « On parle de 40 % d’amélioration », assure même Christophe Negrier, country manager d’Oracle France. Bien sûr, ces acteurs travaillent avec tout l’écosystème qui intervient dans la conception du datacenter, mais ils développent aussi, pour certains, des technologies qui ont un impact direct sur la réduction de la consommation d’énergie de leurs machines. C’est le cas de Lenovo qui intègre un système de refroidissement par eau (Neptune) dans sa gamme de serveurs, par exemple pour les ThinkSystem SD650 V2. À noter que Dreamworks, le créateur du film d’animation Shrek, a déployé une solution direct water cooling de Lenovo pour refroidir son infrastructure HPC. « Nous avons réussi à réduire leur consommation de 25 %, tout cela dans leur datacenter existant », précise d’ailleurs Giuseppe Condorelli. Le refroidissement par l’eau, HPE l’exploite aussi dans ses systèmes HPC (gamme Apollo) via sa technologie baptisée DLC (refroidissement liquide direct). Le constructeur n’exclut d’ailleurs pas d’intégrer cette technologie dans la gamme serveurs Synergy plutôt destinée aux traditionnels datacenters. Certains acteurs adoptent même un dispositif de refroidissement liquide par immersion, Schneider Electric avait dévoilé, en 2020, un rack intégrant ce procédé immersif ; Microsoft aussi en plongeant les serveurs dans un liquide à 50 °C. En soi, la démocratisation du refroidissement liquide date d’une décennie ; dès 2012, IBM avait équipé le Centre Leibniz de supercalcul (LRZ) d’un supercalculateur refroidi par l'eau chaude. Et même bien avant les années 2000, les mainframes d’IBM étaient déjà refroidis par l’eau.

2 questions à François Stérin, directeur de l'industrie chez OVHcloud

Vous privilégiez l’économie circulaire en construisant vos propres serveurs, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Nous assemblons nos propres serveurs, environ 100 000 par an, sur nos deux sites à Croix (70 à 80 % de la production) dans le Nord et au Canada à proximité de Montréal. Nous proposons également des serveurs de seconde main pour des usages qui ne réclament pas forcément les technologies les plus récentes. Nous réutilisons du matériel autant que possible, c’est important, car la partie équipements possède un très fort impact carbone (au niveau du scope 3). Nous testons 100 % des composants, si les processeurs ont des durées de vie plus longues, ce n’est pas forcément le cas des disques durs qui sont parfois plus difficiles à recycler par rapport aux utilisations intensives actuelles.

Comment refroidissez-vous vos serveurs dans vos datacenters ?

Depuis 2003, nous exploitons le refroidissement par l’eau. Dans nos datacenters, il n’y a pas de climatisation, pas d’allée chaude ni froide. De ce fait, nous pouvons installer nos centres de données dans n’importe quel type de bâtiments existants, des friches industrielles par exemple. Nous testons aussi actuellement le refroidissement par l’immersion totale. En procédant ainsi, notre PUE ne dépasse pas les 1,3. Sur toutes nos actions, nous prenons les devants sur cette question liée à la sobriété numérique. La prise de conscience est bien là, nos clients, dans leurs appels d’offres, sont plus exigeants, la partie « environnement » pèse parfois jusqu’à 25 % dans leurs critères de sélection.

Article 4 sur 9

Comment amener les datacenters vers plus de sobriété énergétique

Par Benoît HuetPublié le 8 mars 20225 min de lecture

En visitant le datacenter Thésée implanté depuis près d’un an à Aubergenville dans les Yvelines, notre rédaction a pu se rendre compte des efforts fournis par les opérateurs pour réduire la consommation énergétique de leurs locaux. Free cooling, système adiabatique, haute densité électrique, etc., tout est fait pour afficher le meilleur indice PUE (Power Usage Effectiveness), ce fameux indicateur qui mesure l'efficacité énergétique d'un datacenter. Selon Régis Castagné, directeur général de Equinix France, le PUE moyen est de 1,45 pour l’ensemble des datacenters en France. À noter qu’il est bien plus élevé, PUE supérieur à 2, si l’on inclut tous les types de datacenters, même ceux des entreprises. Et pour les meilleurs d’entre eux, le PUE ne dépasse pas les 1,2. Et il sera difficile de faire mieux ; en s’approchant des 1, le bénéfice sera de plus en plus faible. Quels sont aujourd’hui les datacenters les plus économes ? Parmi ceux qui sont donnés avec un PUE de 1,2, citons Thésée Datacenter dont le refroidissement est assuré en free cooling avec des équipements électriques pilotés par l’IA. Autre exemple, le datacenter d’Interxion situé sur le port de Marseille. En effet, l’opérateur a réussi à réduire son PUE initial de 1,6 à 1,2 en migrant son système de free cooling vers une solution de river cooling en exploitant les eaux souterraines. Dernier exemple, le datacenter d’Equinix à Bordeaux, opérationnel depuis cet été, il affiche un PUE de 1,2, là aussi, en exploitant la technologie free cooling.

La promesse d’une énergie verte

La réduction de la consommation d’énergie n’est pas le seul levier d’une approche vertueuse d’un datacenter. Un autre argument des opérateurs de centres de données est de garantir l’usage d’une électricité verte. « Chez Equinix, tous nos datacenters en France exploitent des énergies renouvelables », précise, à ce titre, Régis Castagné. À en croire nos interlocuteurs, cette électricité verte fait aussi gage de responsabilité et d’acceptabilité auprès des entreprises clientes, lesquelles sont de plus en plus informées sur ces questions environnementales. « Les sociétés que nous rencontrons aujourd’hui viennent avec des objectifs vertueux, il y a une vraie prise de conscience sur ces questions », souligne Régis Castagné. Par technologies vertes, les énergies solaires, hydroélectriques et surtout éoliennes sont souvent mises en avant par les opérateurs, d’autres moyens sont également explorés comme la biomasse. À ce titre, l’opérateur télécoms Adista prévoit de construire un datacenter dans l’est de la France alimenté en biogaz en valorisant les déchets verts agricoles (méthanisation) ; pour ce faire, Adista a contractualisé avec la startup Datafarm Energy. Selon Patrice Bélie, président d’Adista, l’investissement serait de 3 M€ rien que pour le datacenter avec un fonctionnement en production fin 2022 si tout se passe bien. Enfin, la voie de l’hydrogène est également avancée pour fournir de l’énergie aux centres de données Il y a un an, Atos et HDF Energy qui développe des centrales électro-hydrogènes de grande capacité, se sont associés pour développer un système pour alimenter des datacenters avec de l’hydrogène généré par des énergies renouvelables.

Vers une construction éco-responsable

Tout comme ils le font avec leurs fournisseurs d’énergie, les opérateurs de datacenters sont de plus en plus exigeants avec les autres fournisseurs, notamment dans la fourniture des équipements électriques (générateurs, onduleurs, etc.) et même dans la construction des bâtiments. Réduire l’empreinte carbone liée à la construction fait aussi partie de leur cahier des charges. « En adoptant une approche modulaire (ndlr : montage en lego) pour édifier notre bâtiment à Bordeaux, nous avons diminué de 30 % notre empreinte carbone liée à la construction », donne en exemple Régis Castagné. Et d’ajouter : « L’image du datacenter a beaucoup changé, nous sommes sur des surfaces assez planes, de plus en plus végétalisées, c’est ce que Equinix a réalisé pour son datacenter situé à Francfort, des murs et un toit entièrement végétalisés. » Chez Interxion, prendre en considération toute la chaîne de valeur est aussi une priorité. « En 2020, Interxion France a formalisé son bilan carbone sur son scope de responsabilité directe (neutralité carbone atteinte pour les scopes 1 et 2) et s’est engagé dans la contribution à la neutralité carbone. En 2021, nous avons réalisé une démarche volontaire de quantification de l’empreinte carbone de notre chaîne de valeur, autrement appelée scope 3. Pour ce faire, nous nous sommes appuyés sur le cabinet de conseil Ekodev qui a utilisé la méthodologie Bilan Carbone ADEME. Cette démarche nous a permis de questionner nos fournisseurs d’équipements en leur demandant de nous communiquer leur Product Environnemental Profiles (PEP ou EPD). Nous avons également étudié l’empreinte carbone de la construction en travaillant avec Bouygues Energies et Services sur l’empreinte carbone de la construction de notre nouveau datacenter à Marseille MRS4 », explique Linda Lescuyer, directrice Energie d'Interxion.

Les datacenters se muent de plus en plus en chaufferie !

À quoi sert aujourd’hui la chaleur générée par les datacenters existants ? À rien pour la majorité d’entre-eux aujourd’hui, ou plutôt à chauffer l’atmosphère. Cela dit, ne soyons pas médisants, les choses évoluent et la valorisation de ces calories émises participe de plus en plus aux engagements des opérateurs dans leur approche plus écologique de leurs datacenters. Sur le terrain, les exemples se multiplient. Certains datacenters de Equinix chauffent, sans contrepartie, la piscine de la ville de Saint-Denis ou un centre de logistique situé à Pantin. Autres exemples, celui de l’université de Bourgogne-UB qui chauffe ses locaux à partir des calories générées par son propre centre de données, ou encore OVH Cloud qui chauffe également ses propres bureaux à Roubaix situés à proximité d’une partie de ses datacenters. Bref, des exemples de ce type, il en existe un certain nombre et les projets devraient, dès 2022, se multiplier. Et pour cause, les pouvoirs publics (Assemblée Nationale et Sénat) ont voté un amendement à destination de ces faiseurs de datacenters qui les obligent à réaliser une étude sur les coûts et les avantages de la récupération de chaleur fatale s’ils veulent bénéficier de tarifs d’électricité réduits. En pratique, d’un point de vue économique et énergétique, cette valorisation des calories est rentable si le centre de données concerné est situé à proximité de l’infrastructure (serre agricole, centre aquatique, immeuble, etc.) qu’il va chauffer. Quid des datacenters isolés surtout lorsque l’on sait que la chaleur émise est finalement peu élevée (50°C). De plus, la chaleur générée se fait toute l’année, qu’en fait-on au printemps et en été ? Dans ces deux cas, la rentabilité d’une installation qui nécessite de nombreux équipements intermédiaires se pose.

Article 5 sur 9

Le logiciel, moteur dans cette stratégie de décarbonation

Par Benoît HuetPublié le 8 mars 20223 min de lecture

Pour Fabrice Mazars, consultant stratégie IT chez VMware, c’est le logiciel, associé à l’IA, qui sera le vecteur principal de cette réduction de l’empreinte carbone des entreprises. Pour illustrer ses propos, le porte-parole de VMware donne en exemple une grande entreprise cliente de VMware qui a su réduire significativement son bilan carbone en modernisant son infrastructure virtualisée vieillissante dans un cloud privé doté des dernières applications de VMware. « En exploitant entre autres nos solutions de virtualisation vSphere, vSan et NSX et la couche de gouvernance vCloud Suite, cette entreprise est passée de 1100 KW par an et par machine virtuelle à 150 KW. » De même, toujours selon Fabrice Mazars, la gestion intelligente des ressources dans les clouds (privé et public) qu’apporte VMware CloudHealth permet des économies sur les coûts (incluant l’énergie) de l’ordre de 20 à 30 %. Cette gestion des ressources, HPE la mène également avec son offre Ilo (Integrated Lights-Out). Avec Ilo, l’administrateur peut effectivement réaliser de la désallocation dynamique des processeurs, des disques; des mémoires, et même de grappes de serveurs. De plus, mais cette fois-ci depuis la plateforme GreenLake, HPE est capable de monitorer tous les KPI qui correspondent à des variables d’utilisation comme le nombre de processeurs utilisés, la consommation d’eau et d’électricité employée. « Nous donnons en temps réel l’empreinte carbone à un instant T », constate Pascal Lecoq, worldwide director, Hybrid IT Datacenter Technology Services chez HPE. De son côté, Lenovo met en avant son offre XClarity Energy Manager qui permet de gérer et de contrôler la consommation électrique du datecenter, sans oublier son offre TruScale basée sur le paiement à la consommation énergétique.

Toujours plus loin dans cette chaîne de valeur avec le logiciel !

Hors du datacenter, le logiciel joue aussi un rôle central dans la réduction de l’empreinte carbone des salariés, aidé en cela par la crise sanitaire et le télétravail. « Avec notre solution Workspace qui assure la continuité de travail du collaborateur à son domicile, nos services RH ont pu aussi constater un gain significatif sur la réduction des émissions de carbone au sein même de notre entreprise. Ainsi, un employé travaillant à son domicile consomme deux fois moins de carbone qu’un employé au bureau, moins de transport ou encore moins de charges annexes (ndlr : la nounou qui vient garder les enfants) », explique Fabrice Mazars.

Enfin, certains acteurs comme HPE vont très loin dans cette analyse de la chaîne de valeur, au niveau de la maintenance par exemple pour éviter trop de déplacements et de transports des techniciens. « Nous avons mis en place des systèmes d’intervention à distance VRG (Visual Remote Guidance) qui guident le technicien ou l’utilisateur, lui-même équipé d’un casque VR, sans le besoin de déplacer un ingénieur su site », explique Pascal Lecoq. HPE est aussi engagé dans la réduction de l’empreinte carbone sur la construction même des datacenters et de leur design. À ce titre, en avril dernier, HPE (bénéficiant aussi du label TCO) a rendu public des brevets rattachés à la conception des datacenters tout comme l’ont fait Microsoft et Facebook.

Article 6 sur 9

Misez sur l'occasion

Par Benoît HuetPublié le 8 mars 20223 min de lecture

À l’instar de ce que fait Back Market sur le marché grand public en proposant des smartphones et des tablettes reconditionnés, de plus en plus d’acteurs (de Eurodeal, Rzillient à ATF Gaïa en passant par certains partenaires de constructeurs) commercialisent des équipements de seconde main pour le btob ; PC portables, serveurs, stations de travail et autres périphériques (écrans, imprimantes, etc.) ont ainsi le droit à cette seconde vie. Les décideurs IT sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à allonger la durée de vie de leurs équipements de 3 à 5 ans, voire plus. Mais cette seconde main est très liée à l’applicatif utilisé. Comme le rappelle très justement Tamsir Fayer, VP CMO de Softcorner, c’est bien le logiciel qui drive l’obsolescence du matériel. Un simple constat l’illustre encore aujourd’hui : plus de 50 % des PC professionnels ne seraient pas compatibles avec Windows 11. À l’heure où l’on parle d’écologie et de réduction des gaz à effet de serre, la pilule est plus difficile à avaler d’être toujours obligé d’investir dans des PC neufs pour migrer vers un nouvel OS. D’autant que les entreprises n’ont pas forcément le choix, car la durée de vie de l’OS en question est elle-même programmée par les éditeurs, par exemple

Du matériel, mais aussi du logiciel de seconde main

Comme pour les matériels, les entreprises peuvent donc se tourner vers des logiciels de seconde main. « Les logiciels représentent environ un tiers des coûts IT annuels sachant que 30 % des licences achetées ne sont jamais utilisées », relève Tamsir Fayer, et d’ajouter : « C’est dans ce contexte que la place de marché des logiciels d’occasion SoftCorner a été créée. En l’utilisant, les entreprises prolongent non seulement la durée de vie de leurs postes, mais elles peuvent aussi économiser jusqu’à 80 % sur les coûts de licences. » À noter que la création de SoftCorner en 2014 correspond, à deux ans près, à l’arrêt de la cour de justice de l’Union Européenne du 3 juillet 2012 (suite à l’affaire du distributeur allemand de licences d’occasion UsedSoft contre Oracle) qui stipulait, en résumé, que les éditeurs ne pouvaient pas s’opposer à l’achat de licences logicielles d’occasion, ainsi tout nouvel acquéreur de ces licences en devient de fait le propriétaire légitime.

Un marché temporaire menacé par le Saas ?

Pour Tamsir Fayer, la place de marché SoftCorner est fréquentée par tout type de profils d’entreprises (de la PME au grand compte) dans tous les secteurs d’activité avec des niveaux de maturité numérique qui diffèrent. Certaines organisations voient ainsi la licence d’occasion comme une transition en attendant une inévitable migration vers le Saas. D’autres, déçues du cloud pour des raisons de coûts essentiellement, reviennent vers le on premise en investissant dans des licences d’occasion. Aujourd’hui, l’activité de SoftCorner est plutôt florissante (100 M€ de valeur de licences à vendre), la place de marché profite aussi du contexte actuel et des réglementations gouvernementales comme le bannissement d’Office 365 des ministères ou encore de la loi Chaize du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte du numérique en France, notamment la lutte contre l’obsolescence matérielle et logicielle. Reste à savoir, à quelle date définitive le Saas pourrait mettre fin au marché du logiciel d’occasion !

Article 7 sur 9 · Contenu Partenaire

5 critères essentiels pour choisir un fournisseur de cloud éco-responsable

Proposé par OVHcloud et VMwarePublié le 8 mars 20224 min de lecture

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Si un cloud à zéro émission reste une chimère – du fait des émissions résiduelles liées à la consommation électrique, la fabrication des serveurs ou encore les infrastructures réseau – définir une feuille de route pour diminuer les émissions incompressibles en faisant appel à des prestataires éco-responsables peut avoir un impact significatif sur l’empreinte carbone.

Pour faire le choix d’un fournisseur éco-responsable, des indicateurs tels que le PUE, le WUE, les normes ISO50001 et ISO14001, ou le taux d’énergies renouvelables, sont révélateurs de la maturité industrielle sur le plan environnemental. Passons en revue 5 critères essentiels à prendre en compte.

#1 Le bilan carbone, premier point à considérer

La réduction des émissions commence par l’identification des sources les plus importantes liées à son activité. Tout fournisseur de cloud engagé dans une démarche écoresponsable doit avoir réalisé son Bilan de Gaz à Effet de Serre (BEGES). Commencez par vous assurer que le bilan carbone de votre potentiel fournisseur est bien public et qu’il a pris en compte la segmentation scope 1 (gaz à effet de serre émis directement par l'entreprise), scope 2 (émissions indirectes et liées à l'énergie) et scope 3 (émissions indirectes). Il faut attacher une importance toute particulière au Scope 3, qui inclut la fabrication des équipements et dont l’impact est considérable.

#2 Le PUE, indicateur de l’efficacité énergétique du datacenter

Calculé en divisant le total de l’énergie consommée par le datacenter par le total de l’énergie utilisée par les équipements informatiques (serveurs, stockage, réseau), le Power Usage Effectiveness (PUE) est un indicateur universellement reconnu. S’il n’est pas suffisant pour juger de la démarche éco-responsable d’un fournisseur de cloud, il donne déjà une bonne idée du niveau d’implication. « Un opérateur qui connaît son PUE et le communique se situe déjà au-dessus du lot » nous a confié Tristan Vuillier, Program Manager Sustainability chez OVH. Le PUE moyen en Europe a été estimé à 1,75 par la commission européenne en 2018, c’est-à-dire qu’un watt de ressources consommées nécessite 1,75 watt à l’entrée du datacenter. « Plus le PUE se rapproche de 1, moins il y aura d’énergie gâchée sur les systèmes annexes tels que le refroidissement, l’éclairage, la sécurité… » précise Tristan Vuillier.

#3 Le WUE, pour aller plus loin dans l’évaluation de l’impact environnemental

Le WUE (Water usage effectiveness) mesure le rapport entre l’eau utilisée par le datacenter – principalement pour les tours de refroidissement – et l’électricité fournie au matériel informatique. Selon un rapport du département américain de l’Energie (US Department of Energy) , le WUE d’un datacenter moyen est de 1,8 litre pour 1 kWh. Pour Tristan Vuillier, « un bon WUE est inférieur à 1 litre voire 0,5 litre par kilowatt/heure. Combinée au PUE, le WUE donne une image assez complète de l’efficacité d’un datacenter » précise le Program Manager.

#4 Le CUE pour obtenir une donnée fiable sur la qualité de l’énergie

Le CUE (Carbon Usage Effectiveness) est utile pour les DSI qui souhaitent déterminer le volume de gaz à effet de serre généré par les équipements informatiques des datacenters. Cet indicateur est révélateur de la source d’énergie primaire utilisée pour alimenter les serveurs. « Exprimé en kilogrammes de C02 par kilowatt/heure, le CUE est l’équivalent d’un mix énergétique et amène à s’interroger sur la localisation des données et l’empreinte de cette localisation du point de vue environnemental » commente Tristan Vuillier.

#5 La politique de réutilisation des composants

Sur l’intégralité de son cycle de vie, la plus large part de l’empreinte environnementale d’un serveur est liée à la fabrication de ses composants. « Un cloud provider qui recycle, répare, allonge la durée de vie de ses serveurs peut significativement réduire l’empreinte environnementale de ses services » explique Tristan Vuillier. Dans le même ordre idée, il est important d’observer l’usage que fait le cloud provider de son matériel. Des serveurs de dernière génération sont-ils mobilisés pour de simples hébergements de site web ? Ou le fournisseur fait-il appel à des serveurs moins performants pour répondre à des cas d’usage peu exigeants ? « C’est aussi en mettant en place ce type d’approche qu’un cloud provider peut allonger la durée de vie de son matériel », conclut Tristan Vuillier.

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« Le modèle industriel d'OVHcloud est une réponse aux défis environnementaux actuels » Tristan Vuillier

Proposé par OVHcloud et VMwarePublié le 8 mars 20225 min de lecture

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OVHcloud vise le NetZero d’ici à 2030. Sur quelle stratégie repose cet objectif ?

T.V : La première étape de cet objectif est de définir une stratégie de diminution des émissions compressibles, tous scopes confondus. C’est ce qui va diminuer les impacts environnementaux du cloud. Pour les émissions restantes, une stratégie de capture carbone permet de contribuer à l’augmentation des puits de carbone, de manière complémentaire. La stratégie d’OVHcloud repose essentiellement sur deux axes. Tout d’abord réduire les émissions compressibles au maximum, par des contrats d’achats d’électricité renouvelable, l’allongement de la durée de vie des serveurs, les leviers d’optimisation sur le refroidissement ou la virtualisation. Et dans le même temps contribuer au financement de projets de contribution carbone ambitieux, avec des partenaires locaux de référence, pour toutes les émissions résiduelles.

OVHcloud est notamment fier de faire partie de l'initiative VMware Zero Carbon Committed. Cette dernière vise à réduire l'empreinte carbone émise par les datacenters grâce à une utilisation efficace et productive des infrastructures informatiques et des énergies renouvelables. Dans le cadre de cette initiative, OVHcloud est clairement identifié comme un partenaire fiable en matière de développement durable, avec des objectifs de décarbonisation alignés.

Une autre facette de notre stratégie repose sur l’optimisation de la chaîne électrique. Qu’il s’agisse d’onduleurs ou autres transformateurs, nous cherchons systématiquement les équipements les plus efficaces possible, quitte à revoir le prix d’achat à la hausse. Cette volonté forte d’accentuer nos efforts pour réduire les impacts environnementaux nous a également conduit à effectuer une analyse du cycle de vie de nos services. C’est le seul moyen que nous avons trouvé pour contourner le manque de données en provenance de nos partenaires. Nous avons ainsi travaillé avec le référentiel Negaoctet afin de mieux estimer l’impact environnemental de chacun des composants de nos serveurs mais également du datacenter, de la chaine de froid, jusqu’au service délivré… Nous ne sommes pas encore tout à fait en mesure de communiquer l’impact environnemental précis de chacun de nos services, mais nous travaillons activement sur cet objectif depuis plus d’un an.

« La volonté d’accentuer nos efforts pour réduire les impacts environnementaux nous a conduit à effectuer une analyse du cycle de vie de nos services »

En quoi l’approche écoresponsable d’OVHcloud se distingue-t-elle des autres acteurs sur le marché du cloud ?

T.V : L’approche d’OVHcloud est intégrée et prend en compte l’ensemble des impacts environnementaux de l’activité (scopes 1, 2 et 3 du bilan GES). Associée à un modèle industriel vertueux, elle apporte une réponse ambitieuse au défi climatique.

OVHcloud se distingue par la maîtrise de son réseau, sa fabrication, l’assemblement de ses serveurs. Nous assemblons nos serveurs, utilisons des bâtiments qui ont déjà eu plusieurs vies, et nous entretenons également des relations solides avec nos partenaires. Nous travaillons notamment avec nos fournisseurs pour réduire le packaging des différents composants que nous achetons, mais aussi pour connaître plus précisément l’empreinte environnementale de chacun de ces composants (product carbon footprint). Nous assemblons ensuite ces composants avec pour philosophie de concevoir les serveurs les plus épurés possible : carte mère, alimentation, disques durs, RAM et processeur, et pour finir, notre système de refroidissement à eau. Plus récemment, nous avons engagé une démarche pour réduire l’impact des emballages. Entre nos sites de production et les datacenters, nous évitons dans la mesure du possible de réemballer, en nous appuyant sur des emballages en carton réutilisables pour transporter nos baies de serveurs depuis les usines de production vers les centres de données, afin de réduire l’utilisation de film plastique.

Par ailleurs, nous nous engageons dans des projets locaux d’upcylcing pour valoriser au mieux nos déchets et leur donner une seconde vie. Par exemple, notre site de Croix est en partenariat avec une entreprise d’insertion pour valoriser la totalité de la mousse de calage reçue avec les composants pour du réemploi sur le territoire de la métropole lilloise.

Le serveur est donc lui-même une pièce maîtresse de votre politique environnementale ?

T.V : Tout à fait. Concevoir nos propres serveurs en maîtrisant l’ensemble de la chaîne de production est pour nous un gage de réutilisation vertueuse des composants et de leur renouvellement régulier. Nous déterminons leur cycle de vie, correspondant à un cycle de réutilisation pour des serveurs de 2ème et 3ème vie, puis à du reconditionnement, de la réparation ou du recyclage. Ce cercle vertueux nous permet également de remplacer au fur-et-à mesure les anciens parcs de chacune des gammes par des versions moins énergivores. Ce sont autant de leviers d’action pour améliorer notre performance énergétique globale.

Nous disposons de deux usines d’assemblage au Québec et en France, à proximité de nos principaux centres de données. Au sein de ces chaînes nous réalisons l’assemblage mais également le désassemblage des composants. Notre chaine logistique répond également à une logique circulaire intelligente. Tous les trajets de nos transporteurs entre nos centres de données sont optimisés pour limiter les déplacements inutiles.

Par ailleurs, la conception de nos datacenters répond à une démarche modulaire : nous optimisons l’espace, la densité, avec des baies qui prennent en compte le watercooling et dont le design est assez différent de nos concurrents, sans double plancher. Nous pouvons installer nos serveurs directement sur une dalle de béton… Enfin la gestion de l’eau et de la climatisation occupe une place essentielle dans notre approche.

Les polémiques autour de la température au sein des centres de données sont-elles justifiées selon vous ?

T.V : La manière de gérer le refroidissement au sein du datacenter a un impact environnemental très important, il faut y prêter une grande attention. Cela dit, les débats sur la température idéale au sein des centres de données ne sont pas toujours justifiés. Descendre la température à 20° n’est pas utile et peut même représenter un gâchis. Ne perdons pas de vue que ce qui fatigue un composant est la variation de température.

« Les débats sur la température idéale au sein des centres de données ne sont pas toujours justifiés »

Au sein des datacenters OVHcloud, le fait de conserver une température stable nous permet d’éviter tout problème sans avoir besoin de refroidir outre mesure. Implémenté depuis 2003, notre système de refroidissement à eau « watercooling », permet de se passer de climatisation et de récupérer l’essentiel des calories au plus proche de leur lieu d’apparition (le processeur). Au fil des ans, nous n’avons cessé d’améliorer nos systèmes de watercooling, notamment grâce à des systèmes de « free-cooling » permettant de réduire le circuit d’air et de stabiliser la température au sein du datacenter.

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Avis d'expert - 4 pistes pour limiter l'empreinte environnementale de votre système d'information

Proposé par OVHcloud et VMwarePublié le 8 mars 20224 min de lecture

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Passer au cloud : oui, mais quel cloud ?

Si la migration vers le cloud se justifie par de multiples raisons (pour ses fonctionnalités, sa flexibilité, sa simplicité ou son prix), la responsabilité environnementale en est une majeure. Migrer dans le cloud une petite installation privée vers un centre de données de grande ampleur géré avec une approche industrielle va naturellement dans le sens d’une réduction de la consommation énergétique. Dans la majorité des cas, la taille non critique des petits datacenters On-Premises ne justifie pas un investissement massif afin de mettre en œuvre une politique d’efficience énergétique comme le fait OVHcloud.

Si l’intérêt écologique du passage au cloud ne fait donc pas de doute, reste à savoir vers quel modèle se diriger. De prime abord, on a tendance à penser que le cloud public – de par la mutualisation des ressources – est plus vertueux que le cloud privé. Le passage de serveurs bare metal vers le cloud public peut certes diminuer l’impact environnemental mais « attention à la manière dont les applicatifs ont été développés » met en garde Germain Masse. « La primeur accordée au cloud public en matière d’efficience énergétique ne se justifie réellement que si les applications ont été développées de manière à être scalables ». Une approche que beaucoup de DSI souhaitent initier mais qui n’est pas encore généralisée du fait des coûts importants engendrés par le re-développement des couches applicatives.

« La primeur accordée au cloud public en matière d’efficience énergétique ne se justifie réellement que si les applications ont été développées de manière à être scalables »

Par ailleurs, « il ne faut pas perdre de vue que pour de nombreux cas d’usage, le bare metal reste pertinent et vertueux d’un point de vue environnemental » rappelle le spécialiste. « Dès lors qu’il est utilisé au maximum de ses ressources et 100% du temps, le bare metal est un bon choix. Par exemple pour des projets impliquant du calcul scientifique ou des rendus graphiques, dès lors qu’on ne recherche pas un résultat en temps réel. »

Equipements informatiques et applications

Une strate au dessus du datacenter se trouvent les actifs qui ont aujourd’hui le plus d’impact environnemental, à savoir les équipements informatiques. « Tout l’enjeu est d’augmenter leur durée de vie », résume Germain Masse. Ce qui nécessite de mieux exploiter les ressources et notamment de faire appel à la virtualisation, un élément clé pour contrôler les dépenses énergétiques en limitant le nombre de terminaux et en augmentant le taux d’occupation des serveurs allumés… Garder des serveurs dormants dans son datacenter est le pire des scénarios puisque l’impact lié à sa fabrication n’est pas du tout compensé.

« L’allongement de la durée de vie des équipement informatiques est un enjeu crucial dans la quête d’un SI écoresponsable »

Optimiser la gestion des logiciels dans l’entreprise

Les besoins des logiciels – en termes de mémoire, puissance processeur, espace disque –conditionnent la durée d’utilisation du matériel informatique. En recherchant des outils alternatifs plus légers et répondants aux besoins réels des utilisateurs, la DSI va dans le sens d’un allongement de la durée de vie du matériel. Une réalité qui amène aussi à s’interroger sur les choix en matière de gouvernance des applications et données. Dans le contexte actuel, leur multiplication entraine mécaniquement une augmentation des équipements matériels qui assurent les performances et la disponiblité. S’interroger sur la pertinence de hauts niveaux de disponibilité pour certaines applications ou du nombre de copies de données maintenues en ligne est donc un bon début.

L’impact du code sur la consommation énergétique

« Il va de soi qu’un code performant s’exécute plus rapidement pour des ressources identiques » explique Germain Masse. « En tant qu’algorithmicien, le développeur a un rôle important à jouer dans la qualité du code qu’il délivre. Mais il a une autre casquette d’architecte et d’assembleur de briques. » Très souvent, le développeur gagne à s’appuyer sur des briques applicatives ou des services SaaS ou PaaS. « Mais le choix de ces briques applicatives nous semble parfois peu éclairé en termes environnemental mais aussi en termes de performances » regrette le spécialiste. Du fait d’une plus grande disponibilité des ressources « à la demande », les développeurs qui se retrouvent confrontés à des choix de frameworks ou de langage ont tendance à se laisser porter par les impératifs de go to market et perdent l’habitude de mesurer les performances. « Mais ne noircissons pas le tableau » conclut Germain Masse. « Dans cette quête de recherche environnementale, la finance n’est jamais bien loin… et un code peu performant est aussi coûteux ».