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La sauvegarde, une règle d'or pour lutter plus efficacement contre les attaques
Les coûts liés à la cybercriminalité explosent dans les entreprises. Dans le rapport 2020 du spécialiste de l’assurance Hiscox sur la gestion des cyber-risques, réalisé en collaboration avec le cabinet Forrester, l’impact financier pour les entreprises attaquées (dans huit pays concernés par l’étude) a presque été multiplié par six, pour s’établir à un coût médian de plus de 50 000€. Le total des pertes par les entreprises ciblées s’élève d’ailleurs à 1,6 milliard d’euros ; à titre de comparaison, l’année précédente, ce chiffre s’établissait à 1,1 milliard d’euros. Les pertes les plus importantes ont même été rapportées par une entreprise britannique de services financiers pour un total de 79,9 millions d’euros. Concernant la France, d’après l’étude, c’est le pays qui enregistre les plus faibles pertes liées aux cyber-événements toutefois près d’une entreprise sur cinq (18%) qui a subi une attaque a malgré tout versé une rançon.
Le principe des 3-2-1 toujours en vigueur
Pour éviter d’en arriver là, les entreprises doivent bien sûr adopter une politique rigoureuse de gestion des risques et mettre en place l’outillage nécessaire. Et, dans cette stratégie, la sauvegarde (associée à la restauration) des données reste l’une des meilleures pratiques pour lutter contre les ransomwares. Pour Stéphane Berthaud, directeur technique de Veeam France et Afrique, l’idéal est de réaliser trois copies : une en interne et deux copies sur deux sites externes différents (en garantissant aussi l’immuabilité d’une copie) et sur au moins deux médias différents. Comme le rappelle à juste titre Pascal Potier, vice-président software engineering et global services chez Atempo, si cette règle des 3-2-1, conseillée et portée par l’Anssi, est du bon sens, de nombreuses entreprises perçoivent encore la sauvegarde comme un coût et pas forcément nécessaire au fonctionnement normal de la production. Quel que soit le choix opéré par les entreprises, les logiciels de backup et de restauration autorisent aujourd’hui ces sauvegardes pluridimensionnelles, sur site, chez un prestataire ou dans les clouds qu’ils soient privés ou publics pour tous les environnements et architectures techniques. De leur côté, les services providers multiplient aussi les offres de service dédiées en les rendant plus prédictibles, plus performantes et peut-être plus abordables aujourd’hui.
Des freins, surtout liés aux mauvaises pratiques
Avec tous ces outils existants, les freins liés à la sauvegarde ne sont pas technologiques, mais méthodologiques. Selon le rapport publié par l’éditeur Acronis et intitulé Cyber Protection Week Report 2022, il subsiste surtout des lacunes dans les pratiques. Chiffres à l’appui puisqu’un tiers des responsables informatiques ne font que des sauvegardes hebdomadaires, tandis que 25 % font des sauvegardes mensuelles. Toujours selon cette étude, l'utilisation des meilleures pratiques de sauvegarde est même en baisse dans l'ensemble de l'entreprise - seulement 15 % des équipes informatiques des organisations y adhérant. Pour Thierry Souche, CTO chez OVHCloud, ce précédent constat est très variable d’une entreprise à l’autre : « Nous observons néanmoins une prise de conscience chez nos clients sur l’activation d’un DRP (Disaster Recovery Plan) notamment après l’incendie de Strasbourg chez [OVH]; nous concernant les pratiques sont plutôt en hausse. Il faut aussi du temps d’autant que les entreprises évoluent de plus en plus dans un environnement multi-cloud natif ».