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5G, WiFi 7 et spatial pour étendre les réseaux

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Avec la 5G professionnelle, l'Open-RAN, le WiFi 7 et les communications spatiales en orbite basse, les réseaux sans fil devraient progressivement monter en puissance dans les entreprises. Remplaceront-ils même les réseaux filaires existants dans certains cas ?

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Article 1 sur 5

Où en sommes-nous dans la 5G Pro ?

Par La RédactionPublié le 13 avril 20238 min de lecture

En 2023, l’usage du talkie-walkie et plus largement des réseaux privés traditionnels de type WiFi industriel, TETRA, TETRAPOL, UHF, DMR… est toujours d’actualité et largement répandu dans les aéroports, les sites industriels, la défense, etc. Toutefois, ces systèmes sont vieillissants et l’envie de migrer vers des technologies plus récentes se fait ressentir dans les entreprises concernées. En effet, la digitalisation des processus augmente de façon significative les besoins en bande passante et plus largement de connectivité. Pour y faire face, les technologies LTE et 5G représentent une alternative permettant d’opérer des réseaux privés professionnels. Pour la technologie 4G/LTE, c’est déjà la réalité. Et ça l’est aussi pour la 5G comme le rapporte Patrick Lagrange, chef de l’unité Fréquences et Technologies à l’Arcep : « Cette bande des 2,6 GHZ est aussi exploitée avec des capacités 5G après une mise à jour des équipements. Nous comptabilisons une trentaine de réseaux privés en 4G/5G en France dans cette bande de fréquence. » Citons notamment Arcelor sur son site de Dunkerque (en 4G toutefois lors de la visite de notre journaliste) ou encore Hub One. Filiale des Aéroports de Paris, cette dernière opère un réseau privé sur les aéroports parisiens (Roissy CDG, Orly et le Bourget). D’ailleurs, son client, le transporteur DHL Express, a choisi ce réseau mobile privé 4G/5G de Hub One installé au cœur de la zone cargo de Paris-Charles de Gaulle, le transporteur bénéficiant notamment de services voix Push To Talk, d’appels de groupes, de voix sur LTE, de la data haut débit en interne et à l’extérieur. Dernier exemple et non des moindres, celui de l’usine d’ASN (Alcatel Submarine Networks) située à Calais qui a fait appel à Free Pro et à Nokia (dont ASN est une filiale) pour créer un réseau privé en 5G sur 50 000 m² (couvrant 11 bâtiments). « Pour ce cas d’usage, deux bandes sont exploitées, 2,6 GHz en outdoor et 3,5 GHz en indoor. Plusieurs applications 5G sont d’ores et déjà opérationnelles sur le site comme la digitalisation des procédures de fabrication, la mesure de remplissage en temps réel des 130 cuves de stockage des câbles à fibre optique ou encore l’assistance à la maintenance à distance. Depuis que ce réseau privé 5G est activé, ce sont même 5 à 6 nouveaux cas d’usages qui sont découverts par semaine », constate d’ailleurs Edouard Castellant, directeur de l’activité entreprise pour Nokia France. 

Plus d’enthousiasme sur la bande des 3,8/4,2 GHz que sur la 26 GHz  

En parallèle à cette bande des 2,6 GHz, plusieurs expérimentations sont bien sûr menées sur d’autres spectres de fréquence dont les 3,8/4,2 GHz et les 26 GHz. Sur la bande 3,8/4,2 GHz, l’Arcep, par la voix de Pierre Lagrange, confirme avoir prolongé son guichet jusqu’au 31 décembre 2023. « C’est un spectre qui séduit mais qui n’est pas encore harmonisé au niveau européen, les travaux pourraient néanmoins se terminer à l’horizon 2024-2025. » De son côté, Gilles Brégant, directeur général de l’ANFR (Agence nationale des fréquences) confirme qu’il n’y a effectivement aucune raison pour que cette bande de fréquence ne décolle pas. D’ailleurs, une trentaine de projets de connectivité sont en cours sur cette bande dont celui d’Airbus qui teste la 5G dans le but d’assurer une continuité de service pour sa production en milieu industriel dit complexe, notamment dans des hangars dotés de grandes traverses métalliques denses.  

Quant à la bande millimétrique des 26 GHz, qui est harmonisée au niveau européen mais pas au niveau mondial, elle ne rencontre pas forcément un énorme enthousiasme par les acteurs comme le confirme Pierre Lagrange : « Sur cette bande des 26 GHz, nous sommes toujours en phase de réflexion. Même si des expérimentations - une quinzaine au total - sont en cours, l’écosystème n’est pas forcément disponible… ». Pour Gilles Brégant, cette bande est réellement efficace en termes de performances dans des environnements dépourvus d’obstacles artificiels et naturels. Dans le cas contraire, il faut multiplier les équipements (antennes, émetteurs, cellules). Edouard Castellant, directeur de l’activité entreprise pour Nokia France dont le groupe, en partenariat avec Orange, a mené un projet indoor dans la gare de Rennes, tempère : « Nous avons été surpris par les performances qui sont très bonnes en espace dégagé mais aussi avec des obstacles. Nous avions notamment des craintes par rapport aux effets d’atténuation liés aux objets environnants et au corps humain. La bande des 26 GHz peut s’avérer pertinente pour certains cas d’usage nécessitant du très haut débit et notamment en l’associant avec d’autres bandes de fréquences, nos équipements le permettent déjà. » 

Mode standalone : une vraie 5G grand public à usage professionnel  

Enfin, la 5G dite grand public à usage professionnel repose sur le mode standalone (SA) qui utilise le spectre des 3,5 GHz, la bande cœur de la 5G (dont les licences sont déjà attribuées) et qui s’affranchit enfin du cœur de réseau 4G contrairement à la 5G NSA. Cette 5G autorise aussi le Slicing lequel permet, rappelons-le, à un réseau d’être haché en morceaux virtuels personnalisés pour prendre en charge des cas d’usage spécifiques ou des utilisateurs différents. L’idée de cette 5G SA en mode pro est de faire coexister sur un même réseau des applications grand public et professionnelles. Là aussi, les tests autour de la 5G SA se multiplient, les grands opérateurs s’adossant à des équipementiers comme Bouygues Telecom avec Ericsson ou encore SFR, Free et Orange avec Nokia (Ericsson aussi pour Orange dans certains pays européens). Lors du dernier MWC à Barcelone, Orange a dévoilé les résultats de Pikeo, son réseau privé expérimental en mode 5G SA multicloud et natif cloud de bout en bout. Ce réseau qui repose sur une logique de conteneurisation peut être déployé de deux façons, soit sur une infrastructure Telco Cloud d’Orange sur site, gérée par Orange, en tirant parti de la distribution Kubernetes open source SUSE/Ranche, soit sur le cloud AWS ou via une architecture hybride d’AWS (cœur de réseau pouvant être intégralement déployé dans une région du cloud AWS, étendu à un AWS Outposts disposé à proximité de l’entreprise cliente sur les sites d’Orange). Ce test réalisé par Orange a mis en évidence qu’un réseau 5G de ce type peut être déployé automatiquement en moins d’une heure, mais aussi de montrer la maturité croissante des technologies Open RAN (voir partie Open RAN). 

D’une manière générale, l’engouement autour de la 5G est réel. Pour Edouard Castellant, la 5G apporte une vraie plateforme multiservices : « Ce que l’IP/MPLS a apporté au filaire en tant que plateforme multi-services, la 5G l’apporte sur les réseaux mobiles. » Et Pierre Lagrange de rebondir : « Il y a de nombreuses initiatives autour de la 5G professionnelle, la France n’est pas en retard par rapport aux autres pays européens, un besoin d’acculturation est toujours nécessaire. Au sein de l’Arcep, nous essayons de faire au mieux pour y répondre. » Gilles Brégant partage cet avis tout en pointant malgré tout en France un manque de leaders dans l’industrie et de constructeurs actifs comparés à d’autres pays dans le monde. Pour illustrer ses propos, faisons référence à la Corée du Sud, un pays qui possède plus de ressources notamment Samsung qui est à la fois un fabricant mondial majeur de smartphones mais aussi un équipementier 5G…  

Déjà un intérêt pour la 6G 

« Nous nous intéressons bien sûr à la 6G notamment sur la recherche de fréquences mais c’est encore assez artificiel. Ce qui est important à suivre, ce sont les releases du 3GPP, pour l’heure, ces dernières sont liées à la 5G (v18 à l’heure actuelle et bientôt v19) », affirme Gilles Brégant, directeur général de l’ANFR. En effet, la phase 1 de normalisation de la 6G devrait normalement être abordée dans la release 20 de la 3GPP à partir de 2026. Du côté des équipementiers, Huawei, Nokia ou encore Ericsson mènent déjà des expérimentations en laboratoire. Avant la 6G, Huawei parle déjà de la 5,5G ou 5G Advanced qui fait figure de transition entre la 5G et la 6G. Pour Huawei qui a présenté les opportunités autour de la 5,5G lors du dernier MWC (Mobile World Congress) à Barcelone, la 5,5G prendra en charge des technologies clés telles que le réaménagement du spectre et le multiplexage multimode des équipements. En termes de performances, les réseaux 5,5G seraient 10 fois plus rapides que les réseaux 5G et prendront en charge des centaines de milliards de connexions. Du côté de chez Nokia, les chercheurs des Nokia Bell Labs travaillent également sur la 6G comme le mentionne Edouard Castellant. « Avec la 6G, l’objectif est bien d’aller plus loin dans l’automatisation des réseaux, dans l’intégration de l’IA, dans l’autonomie et l’orchestration de l’ensemble des services et de tous les paramétrages associés, elle autorisera aussi une meilleure évolution des canaux de transmission. La 6G pourrait ouvrir à de nouveaux spectres de fréquences comme la bande des 7-15 GHz. Les premiers prototypes sont prévus à l’horizon 2027-2028 et les premiers services commerciaux en 2030. »   

Article 2 sur 5

L'Open RAN pour ouvrir et partager plus simplement des réseaux

Par La RédactionPublié le 13 avril 20234 min de lecture

Développer un réseau privé ouvert en Europe compatible avec la 4G/5G, c’est dans cette optique que les opérateurs Orange et Vodafone se sont récemment associés. Les premiers sites commerciaux, entrant dans le cadre de cet accord, devraient être déployés dès cette année dans une zone rurale de Roumanie, près de Bucarest ; puis s’étendre vers d’autres pays et régions européennes. Pour ce faire, les deux opérateurs s’appuient sur l’architecture Open RAN (Open Radio Access Network) soutenue par l’Alliance O-RAN dont les grands opérateurs européens font partie. En exploitant Open RAN, les opérateurs ne souhaitent plus forcément dépendre des principaux équipementiers d’où cette volonté de désagréger les équipements physiques et logiciels. En effet, l’Open RAN autorise la séparation des fonctions RAN des stations de base en quatre blocs distincts : les unités radio (RU), l'unité distribuée (DU), l'unité centralisée (CU) et le contrôleur intelligent RAN (RIC). En clair, l’Open RAN promet de virtualiser, de conteneuriser, et de programmer les éléments et composants radios du réseau cellulaire via des spécifications accessibles à tous. Open RAN ne supprime pas les antennes ainsi que les équipements radio fréquence qui émettent et reçoivent les ondes, elles restent bien physiques ; en revanche, les équipements de traitement du trafic et de la signalisation du réseau, eux, s’orientent vers une logique cloud et donc peuvent s’appuyer sur des capacités de calcul et de stockage standardisées par des PC et des serveurs dédiés associées à des fonctions logicielles fortement automatisées. 

Vers une profusion d’équipements 

Ainsi avec l'Open RAN, n’importe quel fournisseur peut accéder à cette technologie pour construire des composants à moindre coûts et des offres. Des start-ups comme Rapid-Space se créent, les géants du cloud comme AWS et Azure proposent déjà des services d’hébergement dédiés pour les opérateurs. Les grands groupes IT comme HPE, Lenovo, IBM, VMware ou encore Dell et Fujitsu montrent un intérêt croissant pour ce marché. En exemple, Dell et Fujitsu se sont associés dans la fourniture d’équipements Open RAN, Dell pour ses serveurs PowerEdge équipés d’une carte accélératrice Open RAN et Fujitsu pour ses unités radio. Autre exemple, D-Link qui a profité de sa présence au salon MWC pour dévoiler son offre de composants O-RAN (unités de distribution, centralisée et radio). « L’Open RAN autorise cette ouverture du standard et permet aux utilisateurs de choisir leurs équipements », réaffirme d’ailleurs Thierry Doualan, chef de produit chez D-Link France. 

Dans cette multiplication des offres, les opérateurs pourront faire aisément leur marché, c’est d’ailleurs le cas pour Orange et Vodafone qui travaillent justement à la sélection de fournisseurs pour construire leur réseau. A noter qu’Orange dispose d’un centre de test (Orange Gardens) situé à Châtillon, lequel est ouvert à l'écosystème Open RAN (start-up, intégrateurs, équipementiers, etc.) souhaitant tester le fonctionnement et l'interopérabilité de leurs composants avec ceux d'autres fournisseurs. « Nous concernant, nous allons solliciter Orange pour tester notre nouvelle gamme dédiée à l’Open RAN », indique Thierry Doualan.  A en croire nos interlocuteurs, l’Open RAN n’est plus un sujet passe-temps, l’intérêt croissant de l’industrie pour l’Open RAN est une réalité, le dernier Mobile World Congress (MWC), qui s’est tenu en février dernier à Barcelone, l’a clairement montré comme celui de l’année dernière d’ailleurs. L’écosystème semble prendre acte pour passer dès cette année du stade de l’observation à celui de l’expérimentation.  

Encore de nombreux défis à relever avant un déploiement à grande échelle 

Pour Soriant Perez, Sales Manager Outdoor Wireless chez l’équipementier CommScope, qui s’est récemment exprimée dans une tribune, l’Open RAN suscite un vif intérêt mais il reste de nombreux défis restant à relever dont la sécurité. En effet, n’oublions pas qu’Open RAN ouvre la voie à une multitude de fournisseurs, ce qui n’est pas sans conséquences éventuelles en termes de sécurité en vue d’une responsabilité diffuse des différents éléments du réseau imbriqués. La maintenance de ces multiples équipements est aussi un élément à prendre en compte d’où l’intérêt de disposer d’équipes bien formées pour agir sur cette diversité de composants d’autant plus que la gestion de base d’une station 5G est compliquée. Ensuite, l’interopérabilité doit être absolument assurée avec les équipements existants et à venir mais surtout avec les systèmes historiques, d’autant que les travaux Open RAN sont menés à partir de la 4G. De plus, les expérimentations actuelles ne préfigurent pas encore des performances futures lors d’une mise à l’échelle grandeur nature, notamment en termes de latence et de montée en charge. De même, l’impact de cette technologie pourrait amener les opérateurs à revoir leurs outils liés à l’analytique et à l’orchestration.  

 

 

Article 3 sur 5

Rapid.Space mise sur le vRAN et le cloudless

Par La RédactionPublié le 13 avril 20233 min de lecture

Bien connu pour ses activités dans Nexedi (ERP) et son engagement dans le monde open source, Jean-Paul Smets a également lancé en 2020 Rapid.Space, un équipementier spécialisé dans la fourniture de solutions vRAN et edge. Pour cause de réglementation, le lancement de la 5G privée patine en France malgré des expérimentations – plus ou moins réussies - un peu partout dans l’hexagone (le vélodrome de Saint-Quentin avec Nokia ou l’usine d’ArcelorMittal à Dunkerque avec Ericsson). Mais la vraie valeur ajoutée de Rapid.Space réside dans son approche vRAN (Virtual Radio Access Network) de la 5G, avec une plateforme logiciel exploitant l’initiative SimpleRAN avec le concours d’Amarisoft, pour animer son offre Open Radio Station (ORS).

Grâce à l’approche vRAN, où les fonctions de mise en réseau sont décorrélées du matériel sur lequel il fonctionne, tout comme les plans de contrôle et de données sont également séparés dans le cadre de la virtualisation, il n’est plus nécessaire d’utiliser des ASIC propriétaires pour déployer des RAN, hier chasse gardée des acteurs historiques des télécoms (Ericsson, Huawei, Nokia, Samsung et ZTE). L’écosystème radio a considérablement évolué avec des fournisseurs vRAN comme Asocs, Airspan, Altiostar, Casa Systems, Cisco, Ericsson, Intel, Qualcomm, Nokia, Paralell Wireless, Radisys, Samsung Networks ou encore VMware, sans oublier Amarisoft. Grand absent de cette liste, Huawei qui a décidé de ne pas s’engager dans le vRAN ou l’Open RAN (Open Radio Access Networks promu par le gouvernement américain) pour des questions « de sécurité, de standardisation et de performances ». Exploiter des composants informatiques bon marché pilotés par des logiciels sophistiqués afin de remplacer les puces dédiées et les modems radio propriétaires dans les stations de base a complètement chamboulé le marché des télécoms. Et Rapid.Space compte bien profiter de cette nouvelle donne pour percer sur le marché de la 5G et de l’edge avec ses solutions EdgePod.

Serveurs avec cartes radio Amarisoft ou Olimex

Le fournisseur français a annoncé au dernier MWC des serveurs dédiés avec radio baptisés EdgePod, reposant sur trois bases matériels pour répondre à différents besoins : vRAN 5G en Asie d'un côté, et workspace et SaaS (ERP par exemple) en local de l'autre. Si les trois boitiers exploitent le même châssis au format 1U (28cm), le premier accueille une puce chinoise Hygon, qui reprend sous licence AMD le design du processeur Ryzen de première génération. Disponible immédiatement, ce boitier vendu 450€ HT avec un abonnement mensuel de 40€, est capable d'assurer un déploiement vRAN 5G avec une carte PCI Amarisoft ou de faire tourner un ERP en mode cloudless. Plus performant, le second boitier EdgePod est cette fois animé par un processeur AMD Ryzen avec plus de coeurs, mais soumis aux restrictions du département d'État américain. Jean-Paul Smet nous assure que "c'est l'équivalent en edge d'un VPS Rapide.Space à 20 coeurs Intel". Enfin, le dernier modèle repose sur une puce NXP (ARM) - et des cartes Olimex -, c'est donc l'équipement le moins puissant pour "les marchés européens qui veulent consommer moins d'énergie tout en restant adapté à des applications industrielles ou qui consomment peu de CPU". Le dirigeant précise : "les applications orientées sur les entrées/sorties comme le webmeeting, l'email, certains espaces collaboratifs". Précisons que ces deux modèles sont attendus un peu plus tard dans l'année (en avril ou mai 2023).

Précisons que Rapid.Space assure le bon fonctionnement de ses trois plateformes, avec son système de gestion SlapOS, reposant sur une base Debbian et un package logiciel spécialement compilé pour chaque architecture cible. Parmi les premiers clients EdgePod en Europe, Jean-Paum Smets cite Netfame, qui va proposer une suite bureautique distribuée en mode edge baptisée WorkEdge, pour toutes les entreprises et les organisations qui désirent proposer un espace de travail collaboratif sécurisé. Le dirigeant compte bien convaincre d'autres éditeurs de solutions SaaS désirant ajouter une offre edge à leur catalogue.

Article 4 sur 5

Le WiFi monte en puissance

Par La RédactionPublié le 13 avril 20234 min de lecture

Et si l’avenir du LAN passait enfin par le sans-fil avec l’arrivée du WiFi 7 ? Sur le papier, les spécificités du WiFi 7 cochent toutes les cases : débit supérieur, moins de latence et d'interférences, plus de stabilité et de densité et meilleure couverture. Certes, la priorité des services IT n’est pas au remplacement du LAN existant de l’entreprise mais sur des nouveaux projets ou de nouvelles réhabilitations à venir, et dès la disponibilité commerciale des équipements compatibles WiFi 7 l’année prochaine, la question de créer un réseau WLAN en WiFi 7 mérite d’être posée. Bien sûr, on ne parle pas ici des centres de données où l’Ethernet, qui fête ses 50 ans cette année, est bien ancré - grâce à une progression des interfaces 800G ou même de 1 Tb/s déjà prévu d’ici à cinq-six ans - , mais plutôt des environnements de type Edge par exemple ou encore des smart-cities. « De mon point de vue, le WiFi 7 ne remplacera pas le réseau filaire mais sur des cas d’usage liés à l’IoT par exemple, il représente une vraie alternative », souligne d’ailleurs Thierry Doualan, chef de produit chez D-Link France. Et de confirmer : « N’oublions pas que pour profiter pleinement des performances du WiFi 7 sur une installation déjà existante, il faut aussi repenser le cœur de réseau. L’intérêt se portera donc vers des nouveaux projets… »  

Une disponibilité en 2024/2025 

La transition entre le WiFi 6/6 E et le WiFi 7 pourrait s’effectuer progressivement dès sa standardisation à partir de la fin de l’année 2023, voire début 2024. Techniquement, le WiFi 7 offre donc de meilleures performances (46 Gbps contre 9,6 Gbps pour le WiFi 6) en exploitant, en plus des bandes de fréquences des 2,5 et 5 GHz, celle des 6 GHz approuvée il y a presque deux ans par l’Europe et qui est actuellement utilisée par le WiFi 6E (E pour extended ou étendu). De plus, le WiFi 7 introduit une bande passante plus large de 320 MHz et la technologie MLO (Multi-Link Operation), ce qui permet de livrer des débits théoriques supérieurs à ceux du WiFi 6 et du WiFi 5. Dans le détail, ce canal des 320 MHz (limité à 160 pour le WiFi 6/6E) permet de supporter un trafic plus important notamment lors de connexions simultanées dans des zones denses. De manière générale, plus le canal est large, plus il peut transmettre de données.  

Des technologies novatrices 

Quant à la technologie MLO, elle autorise justement la connexion simultanée sur plusieurs bandes, ce qui évite les goulets d’étranglement tout en assurant la fiabilité des connexions. Autre amélioration du WiFi 7, c’est la modulation d'amplitude en quadrature QAM qui atteint les 4096 pour 12 bits de données (contre 1024 pour le WiFi 6 et ses 10 bits de données), se traduisant par une meilleure densité des données et donc une augmentation d’environ 20 % du débit. A l’instar de la technologie WiFi 6, le WiFi 7 intègre la technologie MU-MIMO mais augmente le nombre de flux de données à 16 (contre 8 pour le WiFi 6) ; pour être plus précis, le WiFi 7 prend en charge la technologie CMU-MIMO, le C signifiant Clustered, ainsi les 16 flux de données peuvent être fournis par plusieurs points d’accès en même temps pour une meilleure couverture et plus de stabilité. D’autre part, le WiFi 7 inaugure une méthode d'allocation d'unité de ressources (RU) plus flexible, c’est-à-dire qu’il peut attribuer plusieurs RU aux nœuds pour améliorer l'utilisation des ressources contrairement au WiFi 6 pour lequel l’utilisateur ne bénéficie que d’une seule RU. Comme toute nouvelle norme sans fil, pour profiter du WiFi 7, il faudra disposer d’un cœur de réseau adapté et d’appareils compatibles ; sans cette condition, inutile de passer au WiFi 7. Des investissements donc conséquents en perspective… 

Article 5 sur 5

L'eldorado des communications spatiales

Par La RédactionPublié le 13 avril 20235 min de lecture

« Avez-vous déjà testé un Zoom ou un Facetime en voiture ou dans le train ? C’est compliqué…, notre mission chez Stellar Télécommunications est justement d’y remédier, de casser les silos entre la mobilité, le spatial et les télécoms », a lancé Damien Garot, dirigeant de cette start-up bordelaise lors d’une table ronde organisée par l’ANFR (Agence nationale des fréquences) le 9 mars dernier. Hormis les moyens de transports, il existe énormément d’endroits où la 4G/5G n’est pas et ne sera pas accessible. Dans ces conditions, les communications spatiales peuvent représenter un complément stratégique au réseau cellulaire. Pour Jean-Hubert Lenotte, directeur de la stratégie chez Eutelsat dont le groupe reprend la constellation OneWeb en orbite basse (concurrent de Starlink), le marché des communications spatiales, pour l’heure microsco pique, est amené à exploser. Le dirigeant parle même d’eldorado notamment sur les constellations de satellites en orbite basse (LEO), là où sont déjà présents Iridium (avec son système de téléphonie), le très médiatisé Starlink de Space-X avec des services d’accès à l’Internet déjà opérationnels en France et son concurrent OneWeb dont les premiers services sont prévus dès cette année. A ces acteurs, ajoutons Amazon avec son projet Kuiper sans oublier Iris², la future constellation européenne ultra sécurisée voulue par l’Union Européenne. Rappelons que l’orbite basse a cet avantage de proposer des très faibles latences étant donné que les satellites qui y circulent sont plus proches de la terre. De plus, les satellites LEO sont moins chers à fabriquer et à lancer que ceux positionnés en orbite géostationnaire. Selon Jean-Hubert Lenotte, qui intervenait aussi lors de cette table ronde, les opérateurs s’intéressent de plus en plus aux communications spatiales en orbite basse. Citons notamment Orange pour la France qui s’est récemment associé avec Eutelsat/OneWeb pour proposer des offres Internet en complément de ses offres 4G et 5G et de ses offres satellites en géostationnaire (via sa filiale NordNet).  

Course pour le spectre spatial 

Toutefois, dans cette bataille des communications spatiales, Didier Le Boulc’h, VP stratégie & télécom chez Thales Alenia Space, estime qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde, les premiers arrivés seront les premiers servis car les spectres de fréquences ne sont pas infinis. Un point que confirme Gilles Brégant, directeur général de l’ANFR : « Pour gérer une constellation à haute disponibilité, les fréquences ne sont pas non plus très nombreuses. » De nouvelles bandes de fréquences sont-elles envisageables, l’UIT (Union internationale des télécommunications) et les régulateurs locaux devront affiner leur stratégie tout en faisant respecter les fréquences. Aujourd’hui, sont surtout exploités les bandes de fréquences Ku, Ka et Q/V pour le haut débit ainsi que les bandes L/S pour les communications directes avec les terminaux. De même, au niveau local, à quel opérateur doit-on accorder des fréquences ? A celui qui respecte l’ITU et les régulateurs locaux... A noter que Starlink s’est vu attribuer par l’Arcep une nouvelle autorisation de deux bandes de fréquences après que la première autorisation soit annulée par le Conseil de l’Etat. Une chose est sûre, à en croire les intervenants de la table ronde, aujourd’hui la stratégie très coûteuse de Starlink sera payante dans les années à venir quitte à écraser littéralement le marché. Enfin, avec toutes ces communications spatiales, le grand défi sera aussi de les harmoniser et les rendre interopérables. Il n’existe pas de cadre défini pour l’heure. Lors de cette table ronde, Renaud Vogeleisen-Delpech, Head of Airbus Defense & Space Frequency Management chez Airbus Defence and Space, se montrait plutôt optimiste en estimant que les réseaux communiqueront entre eux mais aussi, via des protocoles, avec la 5G et la future 6G à venir.  

Qui va lancer les satellites européens ?

La souveraineté des communications spatiales européennes passe aussi par des fusées ou lanceurs capables de mettre en orbite leurs satellites, mais force est de constater que nous sommes dans le creux de la vague à en croire les différents interlocuteurs présents lors de la table ronde organisée par l’ANFR (Agence nationale des fréquences) le 9 mars dernier. En effet, Ariane n’est pas au mieux de sa forme avec ses retards sur son programme Ariane 6 et son échec sur son lanceur léger italien Vega-C dû à une pièce défectueuse fabriquée en Ukraine, un pays en guerre, alors que cette pièce était auparavant fournie par ArianeGroup. Les fabricants de satellites ne pourront pas non plus se tourner vers le Japon dont la fusée H3 s’est autodétruite début mars, quant à la fusée russe Soyouz (qui a déjà lancé de nombreux satellites OneWeb), l’invasion en Ukraine a stoppé net son exploitation. En attendant Space X a multiplié les lancements en 2022 des satellites Starlink mais aussi ceux désormais du britannique OneWeb (40 satellites déjà lancés par SpaceX en décembre 2022), et va poursuivre dans son élan en 2023 avec ses Falcon 9, tout comme la Chine avec ses fusées Long Marche 5 qui multiplie aussi, de son côté, les lancements de ses propres satellites. Cela dit, les européens n’ont pas dit leur dernier mot, des startups s’engagent aussi à créer des lanceurs concurrents de Space X comme Isar Aerospace, une entreprise allemande qui prévoit un vol inaugural de sa fusée Spectrum dès cette année, comme le français MaiaSpace, filiale d’ArianeGroup qui planche également sur un lanceur réutilisable ou encore comme les startups Latitude et HyPrSpace, toutes deux également françaises, qui prévoit des lancements de leurs fusées respectives Zéphyr et OB1-MK1/MK2 en 2024 et 2026.