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Après la crise, les projets redémarrent...vers les directions métiers
«Il faut reconnaître qu'en 2009, de nombreuses entreprises ont retardé voir annulé leurs projets. Mais, depuis le début de l'année 2010, on constate un réel regain d'intérêt sur la mise en place d'applications de BI... » indique Alexandre Schneider, le dirigeant de l'éditeur Prelytis spécialisé dans les solutions décisionnelles. Un avis que partage le cabinet Forrester qui, dans sa dernière étude (*) mentionne une reprise des projets même si la France reste encore un peu à la traîne. En effet, seulement 27% des grandes et moyennes entreprises françaises interrogées par le cabinet ont mis en place une solution de BI contre 54% de l'ensemble des entreprises occidentales. D'autre part 18% des sociétés de l'hexagone envisagent de mettre en place un projet de BI d'ici six mois à un an contre 25% de leurs homologues anglophones.
Vers des offres verticalisées
Pour Gartner qui évoque la Business Intelligence comme une technologie clé d'ici à 2012, les solutions décisionnelles ne concerneront plus seulement les spécialistes (les directions informatiques) en entreprise mais de plus en plus les directions métiers (RH, marketing, logistique, force de vente, etc...). Ainsi, 40% du budget consacré à la BI iront à ces directions dans les deux ans. En effet, les directions métiers pilotent de plus en plus les analyses et les initiatives de gestion des performances, souvent en s'appuyant sur des tableurs pour créer des tableaux de bord. Elles vont donc forcément accroître leurs investissements dans les applications analytiques, en y incluant les outils en temps réel de type CPM/EPM (gestion et optimisation de la performance), les fonctions d'analyse marketing en ligne, ainsi que l'analyse prédictive. « La Business Intelligence se verticalise, c'est une tendance forte en 2010, surtout vers les directions des ressources humaines mais aussi vers la logistique» constate pour sa part Reda Gomery, directeur de l'agence BI au sein de la SSII Micropole Univers. Fort de ce constat, l'intégration de la BI dans les applications de type PGI (progiciel de gestion intégré) et GRC (gestion de la relation client) est devenue incontournable. «Ce segment du marché croît deux fois plus rapidement que celui du marché des applications décisionnelles indépendantes (ndlr : fonctionnant à partir d'un entrepôt de données) » reconnaît Tom Cahill, vice-président Europe de Jaspersoft. Si les petits éditeurs (Tilbury pour l'agroalimentaire, Kxen pour les ventes, Clarity Systems FSR pour la finance, etc..) s'y sont déjà engouffrés, surtout dans les moyennes entreprises. Les grands éditeurs (IBM-Cognos avec par exemple Workforce Performance Talent Analytics destiné aux responsables RH, Teradata avec Map pour la logistique ou encore Microsoft et ses composants métiers avec SQL Server) emboitent le pas et proposent aussi de telles solutions tout en continuant à commercialiser leurs applications « classiques ».
Des méthodologies agiles pour les relations DSI-métiers
La mise en place de projets BI verticalisés ne peut se faire sans avoir défini préalablement une stratégie décisionnelle globale au sein de l'entreprise. Pour se faire, Nigel Rayner, vice-président recherche chez Gartner relève que les directions métiers doivent impérativement collaborer avec les DSI pour le bon déroulement de la mise en place d'une telle solution. Il mentionne ainsi que s'il n'existe pas de communication entre les équipes, son déploiement va inexorablement à l'échec, ce qui est assez fréquent. Le meilleur moyen est donc de faire adhérer les équipes, et de les impliquer dès le démarrage du projet. De ce fait, les méthodologies utilisées se veulent agiles (création de groupes) et itératives (gestion du cycle de vie du projet), pour coller au plus près de la demande client. « La collaboration pour la mise en place d'un tel projet est nécessaire pour que le cycle de réalisation soit le plus rapide » confirme Alexandre Schneider. C'est aussi une responsabilité importante pour les intégrateurs et les SSII qui sont en première ligne pour le déploiement de telles solutions.
La répartition des coûts financiers de ces applications en question
« L'étude sur les aspects financiers est indispensable lors de la mise en place d'un projet de BI » note Reda Gomery. En effet, les applications métiers représentent un coût financier non négligeable pour les entreprises. Ces dernières réclament de la part des éditeurs et de leurs partenaires de justifier le retour sur investissement d'une telle solution et surtout de démontrer que sa mise en place est un générateur de chiffres d'affaires. D'autre part, se pose le problème dans les entreprises de la répartition du financement de l'application entre la DSI et les métiers. Si le lancement d'un projet BI concerne l'ensemble de l'entreprise, les coûts dans un premier temps sont souvent supportés par la direction informatique. L'implication financière des métiers est nécessaire et, doit se faire soit en les incitant à prendre part directement au budget du projet BI sous la forme d'un partenariat, soit en leur refacturant la solution mise en place pour eux sous la forme d'un contrat. La plupart des entreprises privilégie le partenariat. Par exemple chez GDF-Suez, c'est la direction informatique qui a financé les fondations du datawarehouse et de la plateforme BI, ce sont ensuite les métiers qui ont participé au financement des projets décisionnels en se basant sur la plateforme.
*(Rapport Forrester 2010 sur la BI à partir d'un panel de plus de 900 décideurs nord-américains et européens)