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Infrastructure & CloudGrand dossier5 articlesPublié le

Les infrastructures réseaux à l'heure de la convergence

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Les réseaux de stockage SAN (Storage Area Network) se préparent lentement à fusionner avec les infrastructures LAN (Local Area Network) même si aujourd'hui, peu d'entreprises dans l'Hexagone ont franchi le pas. Et pour cause, les sociétés qui ont massivement investi dans les SAN en Fibre Channel ne sont pas encore enclin à les migrer, à court et moyen terme, vers du tout Ethernet en utilisant le protocole FCoE (Fibre Channel Over Ethernet).

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Article 1 sur 5

Ethernet, le lien qui unifie le LAN et le SAN ?

Par La RédactionPublié le 7 octobre 20103 min de lecture

« Aujourd'hui, nous n'avons pas de demande de la part des entreprises de faire converger les réseaux de stockage SAN avec le LAN» indique Eric Lefresne, le dirigeant de Caliseo, un intégrateur lyonnais spécialisé dans les infrastructures et d'ajouter «Il faudra attendre quelques années, quand les standards, les outils d'administration et les méthodologies seront parfaitement définis et adoptés en masse par les équipementiers, j'estime alors que 50% de notre activité stockage concernera des projets de convergence ». Un avis que partage bon nombre de SSII et d'intégrateurs qui reconnaissent à l'unanimité que la convergence est inévitable pour des raisons de coûts, de simplification et d'administration.

« Quelques datacenters commencent à déployer des commutateurs FcOE mais cela reste encore assez confidentiel, cela dit, dans nos réunions d'informations, les entreprises sont attentives et restent à l'écoute sur les avancées en matière de convergence» note Etienne Didelot, consultant réseau chez Telindus dont le groupe vient de créer une Business Unit dédiée au stockage. Le lien de cette migration de masse est le protocole FCoE (Fiber Channel Over Ethernet). Comme son nom l'indique, le FCoE permet de transporter des données de type Fiber Channel dans des trames Ethernet de 10 Gbps (40 Gbps à moyen terme). Les communications reposent toujours sur des données Fiber Channel (contrairement à l'iSCSI qui utilise TCP/IP). Leur encapsulation dans des trames Ethernet permet de limiter les temps de latence et les ressources CPU.

Un « super Ethernet » pour le protocole FCoE

Toutefois, l'Ethernet utilisé dans le cadre du FCoE est une version spécifique baptisée Ethernet DCB (Data Center Bridging) fixée par le consortium IEEE. Ce « super Ethernet » comme le nomme Bruno Guiet, Ingénieur chez l'équipementier Brocade, corrige en partie les erreurs de l'actuel Ethernet comme la perte éventuelle de paquets et la livraison aléatoire de ces derniers en cas de surcharge réseau ce qui aboutit à des retransmissions et à des retards. « Dans un réseau de stockage, on touche à la donnée et nous devons la garantir aux clients, c'est donc une obligation d'avoir un réseau fiable et puissant comme l'est le SAN sous Fiber Channel» résume Bruno Guiet. Pour déployer du FCoE, il faudra migrer tous les commutateurs dans les entreprises vers des équipements certifiés DCB mais aussi les adaptateurs spécifiques dans les serveurs qui devront être labellisés CNA (Converged Network Adapter) et non plus HBA (Host Bus Adapter).Des coûts non négligeables à prendre en compte.

Cela dit, ce « super Ethernet » présente, selon Charles Ferland, Vice-Président EMEA de Blade Network technologies, toutes les fonctionnalités pour devenir le seul maillage de commutation nécessaire dans le Datacenter et le seul fil pour les données, le stockage et le clustering. «A l'avenir, l'Ethernet va absorber effectivement un flux d'informations (ndlr : VoIP, SAN, multimédia, etc.) de plus en plus important mais les entreprises demanderont des classes de services pour prioriser et garantir tous ces flux » confirme Xavier Poinsignon, chef de produit LAN to LAN et SAN to SAN chez Completel.

Illustration : Etienne Didelot, consultant réseau chez Telindus

Article 2 sur 5

La redistribution des cartes dans le coeur du réseau

Par La RédactionPublié le 7 octobre 20104 min de lecture

« A l'instar de ce qui s'est passé dans le ToIP, nous assistons à la même chose dans la convergence des réseaux LAN et SAN où deux écoles s'affrontent, les défenseurs du SAN et ceux de l'Ethernet » résume Etienne Didelot, consultant réseau chez Telindus. Et d'ajouter « cette stratégie tournera surement à l'avantage de Cisco qui drive le marché comme il l'a fait dans la ToIP ». Chez Cisco, on ne cache pas les ambitions de conquérir ce juteux marché de la convergence tout en ménageant l'industrie. « On ne supprime pas le SAN sous Fiber Channel, à terme peut-être... » lâche avec tact Eric Debray, responsable des solutions Datacenter chez Cisco France. Le géant mondial énonce d'ailleurs les nombreux avantages du FCoE, moins de câble (un seul fil pour tout type de trafic), moins de commutateurs et de cartes, une réduction de la consommation électrique et une adoption facilitée de la virtualisation. « L'adoption du FCoE donnera davantage de flexibilité avec le cloud computing et la virtualisation, en autorisant une plus grande mobilité des serveurs virtuels sur des machines physiques. Aujourd'hui, seulement 30% des serveurs ont accès au SAN » explique Eric Debray. A ce titre, Cisco (avec sa gamme Nexus 5000), NetApp (avec les baies de stockage unifiées FAS) et VMware ont présenté, cet été, une solution certifiée FCoE de bout en bout dans l'environnement  virtualisé VMware vSphere.

Cisco admet qu'il faudra néanmoins un certain temps pour que les entreprises déploient en nombre des projets de convergence. « Quelques clients sont déjà conquis par le FCoE, c'est notamment le cas d'Agrica, un spécialiste en assurance pour le monde agricole » indique Eric Debray qui ajoute que ce sont plutôt les PME qui se montrent les plus intéressées par cette technologie.

Brocade, le défenseur du SAN

Le point de vue de Brocade sur la convergence et l'adoption du FCoE est différent. En effet, l'équipementier fortement implanté dans les SAN sous Fiber Channel, indique que les fondamentaux sont opposés entre un SAN et un LAN. D'un point de vue technologique déjà. Pour Bruno Guiet, le niveau de criticité n'est pas le même. « En cas de plantage, on ne redémarre pas de la même manière un LAN et un SAN, c'est beaucoup plus complexe dans un SAN car on touche à des données sensibles ». D'autre part, les débits maximales autorisés par le Fiber Channel, toujours selon l'ingénieur de chez Brocade, sont aujourd'hui de 8 Gbps et bientôt de 16 Gbps alors quel sera l'intérêt de déployer des commutateurs Ethernet DCB de 10 Gbps ? Enfin, un élément indépendant de la technologie est à prendre en compte, ce sont les équipes internes dans les services informatiques des entreprises qui ne sont pas les mêmes pour gérer un SAN et un LAN. « Je peux vous dire que les équipes du SAN ne sont pas prêtes à s'orienter vers le LAN » confirme Eric Lefresne. Eric Debray de Cisco partage également cet avis. Enfin, les défenseurs du SAN mettent en avant la chute des prix des équipements, soit 2 à 3 fois moins chers qu'il y a quatre ans. Le cabinet d'études Dell'Oro Group, dans son dernier rapport sur le Fiber Channel se place d'ailleurs plus en faveur des défenseurs du SAN à moyen terme. En effet, le cabinet indique une progression des ventes d'équipements Fiber Channel de 20% en 2010 et 2011 après une chute de 12% en 2009 en raison de la crise. Cette hausse s'explique par l'adoption du FC à 8Gbps. Pour Dell'Oro, la rupture se fera en 2014 où le FCoE sera massivement déployé. Le cabinet concurrent IDC estime, quant à lui que les ventes de FCoE dépasseront celles du FC fin 2012, et début 2013.

Qu'ils soient de fervents défenseurs ou non du SAN, tous les équipementiers se préparent à la convergence SAN/LAN, même Brocade qui a, ne l'oublions pas, racheté Foundry Networks, un spécialiste du LAN. Brocade dispose ainsi à son catalogue d'une gamme de commutateurs DCB 10Gbps dotés de ports FCoE baptisée Brocade 8000 revendue entre autres par HP et Oracle. De son côté, Cisco dispose de sa gamme Nexus 5000 et 7000, Blade Network Technologies de sa famille de commutateurs Rackswitch que l'on retrouve notamment chez IBM dans ses systèmes System x et BladeCenter, Dell et ses systèmes Equallogic ou encore EMC et ses Clariion CX4.

Illustration: Carte FCoE Brocade

Article 3 sur 5

L'iSCSI peut-il jouer le trouble-fête ?

Par La RédactionPublié le 7 octobre 20102 min de lecture

Selon IDC, les ventes mondiales d'équipements de stockage iSCSI se portent bien puisqu'elles ont progressé de 49% au premier trimestre 2010. L'iSCSI séduit d'abord les PME qui souhaitent investir dans un SAN de taille modeste à un prix attractif. En effet, les grands comptes qui sont déjà massivement équipés de SAN sous Fiber Channel, adoptent peu l'iSCSI. Dans le cas contraire, ils le font généralement pour un petit réseau de stockage complémentaire où la gestion de données est peu complexe comme le mail par exemple. En effet, l'iSCSI évolue principalement sur des liens Ethernet de 1 Gbps (l'équipement le plus installé en entreprise) d'où des débits réels relativement faibles de l'ordre de 500 Mbps comparés au 2,4 et 8 Gbps du Fiber Channel. Paradoxalement, le déploiement de commutateurs 10 Gbps en entreprise booste un peu plus l'adoption de l'ISCSI dans les sociétés car les performances sont meilleures (débit plus élevé, moins de perte de données et temps de latence plus faible). Bruno Guiet, ingénieur chez Brocade le reconnaît et avoue que le « 10G iSCSI » vient taquiner le SAN sous Fiber Channel. D'autre part, les problèmes liés à l'iSCSI (drivers, modification des serveurs, etc.) ont aujourd'hui disparu. Fort de ces constats, on comprend mieux aujourd'hui la progression des ventes des équipements iSCSI. Mieux encore, elle devrait perdurer surtout si le FCoE se fait encore attendre quelques années.

Coraid, une autre vision de la convergence

L'équipementier californien Coraid a une autre vision de la convergence et ne parie ni sur le FCoE, ni sur l'iSCSI, ni sur le Fiber Channel. En effet, la jeune entreprise basée à Redwood Shores dans la Silicon Valley fournit à son millier de clients des commutateurs et des baies de stockage SAN (gamme Etherdrive) qui fonctionnent via l'AoE (ATA over Ethernet) un protocole propriétaire à la marque et, qui utilisent donc les réseaux Ethernet. Coraid avance un certain nombre d'avantages à déployer sa technologie, des performances de 5 à 8 fois supérieures au FC et à l'iSCSI, un protocole bien plus fiable que le TCP/IP, des coûts presque deux fois moindre que le Fiber Channel et une gestion simplifiée de l'architecture. En début d'année 2010, Coraid a même obtenu 10 millions de dollars de la part d'Azure Capital Partners, un cabinet de business angels qui avait notamment investi dans VMware. Un acteur à prendre donc au sérieux, nous vous proposons un témoignage utilisateur à la fin du dossier.

Illustration : Baie de stockage Coraid EtherDrive

Article 4 sur 5

Interview : Jean-François Marie, consultant avant-vente pour la région Sud-Est chez NetApp

Par La RédactionPublié le 7 octobre 20102 min de lecture

Le Monde Informatique : Les entreprises montrent-elles un réel intérêt pour les solutions de convergence LAN/SAN ?

Oui, les entreprises expriment un réel intérêt, il y a déjà un certain nombre d'appels d'offres en cours avec de gros budgets. De mon point de vue, l'adoption du FCoE sera bien plus rapide que celle du Fiber Channel. Je vous rappelle que la première démonstration date de deux ans. La technologie est mature, le cycle d'adoption est uniquement lié au client. Les entreprises ont bien compris les gains financiers et technologiques que peuvent apporter le câble unique. En faisant circuler des flux TCP/IP et FCoE dans le même tuyau, on diminue le nombre de câble ce qui permet aussi de simplifier la virtualisation. Il est ainsi plus facile de faire du cloud computing avec de la réservation à  la demande, du provisionning, etc... Dans notre laboratoire basé à Raleigh, nous avons reconstitué une infrastructure similaire avec notre architecture de stockage unifié qui prend en charge tous les protocoles, on peut donc constater les gains immédiats.

Le fait qu'il y ait des équipes distinctes dans les entreprises dédiées au SAN et au LAN, cela pose-t-il un problème ?

Clairement, ça peut être un frein à ne pas négliger dans l'adoption de solutions de convergence. Nous essayons lors de nos réunions de combiner les équipes du SAN et du LAN et d'élargir ainsi le champ des discussions. Toutefois, nous ne sommes pas non plus à la place de nos clients. Ce problème interne, s'il y a, se résoudra dans tous les cas... Encore une fois, on n'impose pas et on n'oppose pas une technologie à une autre, c'est le principe même de notre offre de stockage unifié. Notre travail est avant tout un travail d'évangélisation... Si les entreprises veulent du Fiber Channel , on va les suivre, c'est la même chose pour le FCoE et l'iSCSI...Toutes les fonctions sont disponibles.

À propos de l'iSCSI, les études montrent un regain d'intérêt pour ce protocole, le constatez-vous ?

Oui depuis l'arrivée des switchs Ethernet 10 Gbps, l'iSCSI séduit de nouveau, les performances sont meilleures. Si vous avez un client qui a investi dans l'Ethernet et qui maîtrise le protocole TCP/IP, on va rester sur du SAN iSCSI. Pourquoi changer surtout si celui-ci suffit à répondre à certains besoins dans les entreprises qui ne demandent pas forcément de la très haute disponibilité.

Article 5 sur 5

Témoignage utilisateur : Microfilms stocke ses services vidéo avec Coraid

Par La RédactionPublié le 7 octobre 20103 min de lecture

Encore peu connu sur le marché français, Coraid propose des solutions de stockage réseau originales reposant sur un protocole propriétaire de la marque : l'AoE ou ATA over Ethernet.Ce dernier permet aux baies de stockage Serial ATA de communiquer sur des réseaux Ethernet. Il ne repose pas sur le protocole TCP/IP et les paquets sont envoyés vers d'autres appareils sans utiliser d'adresse IP. D'où un gain très important en performance même si en cas d'erreur ou de collision de paquets, il est nécessaire de les renvoyer. Coraid  propose une plate-forme de stockage EtherDrive permettant aux utilisateurs d'assembler des architectures SAN pour moins de 500 € par téraoctet .

Grâce au concours d'Alyseo et de son directeur technique Yacine Kheddache, nous avons rencontré une entreprise qui utilise une solution Coraid pour stocker des flux vidéos. Installée à Bagnolet, Microfilms organise des conférences de presse pour les sorties de films, conçoit et loue du matériel vidéo (notamment des caméras 3D) et propose un service de VOD à destination d'un public professionnel. C'est cette dernière activité qui consomme le plus de ressources de stockage. Jeremy Dierx, consultant informatique chez Microfilms, a supervisé la refonte du système de stockage et des services web de la société. « Nous avions un serveur en Raid 6 sous Linux avec 8 To et nous étions à la recherche d'une solution SAN pour réallouer nos serveurs sur d'autres besoins. Le SAN nous semblait la meilleure solution pour travailler en mode bloc. Au cours de nos recherches, nous avons découvert la solution AoE proposée par Coraid qui semblait parfaitement s'intégrer à notre réseau ».  Représentant de Coraid en France, Alyseo a réalisé un audit  pour valider le projet de Jeremy Dierx. « Coraid est une solution bien adaptée aux gros besoins en performance avec des commutateurs 10 gigabits » souligne Yacine Kheddache directeur technique d'Alyseo. « La brique de Coraid s'adaptait bien à notre plate-forme et nous sommes passés très rapidement sur une solution EtherDrive SRX 3200 C2 de 16 To (deux fois 8 To en Raid 6) » poursuit Jérèmy Dierx . « Le prix du système Coraid était également particulièrement compétitif avec un total de 15 à 16 000 € pour le projet  contre beaucoup plus pour une solution alternative reposant sur des équipements NetApp ou Dell Equalogic.  Nous avons également choisi Coraid pour le côté Open Source. Le protocole AoE a pu être intégré au noyau Linux de nos serveurs. Et l'intégration est possible sur toutes les distributions Linux, nous ne sommes pas verrouillés avec un fournisseur ».

À l'avenir, Jeremy Drierx ne prévoit pas d'amélioration majeure. « Nous avons installé le système et depuis nous l'avons oublié. Il fonctionne sans problème et nous avons encore un peu de marge au niveau des performances pour accompagner le développement de notre activité. Après les chaines de TV, une pige des radios est envisagée. Il n'y a pas encore d'interface web pour piloter le système, nous passons par des commandes en ligne, mais une appliance Coraid bientôt disponible devrait permettre d'obtenir une vue globale de la solution ».  Pour conclure, Jeremy Drierx nous explique que le prochain investissement sera sûrement un service de réplication hébergé chez un partenaire pour se prémunir contre les risques d'incendie.