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VDI : encore peu de projets..., mais Windows 7 en garant
Selon Morgan Stanley, le marché du VDI est certes encore au stade de technologie émergeante mais décolle fortement. L'estimation la plus probable aujourd'hui varie entre 3 et 4 millions de postes virtualisés en VDI dans le monde. En 2014, Morgan Stanley prévoit que ce chiffre passerait à plus de 46 millions. Rappelons que la technologie VDI, terme inventé en 2006 par VMware consiste à ne plus installer ni système d'exploitation ni applications sur les postes de travail. Ils sont virtualisés, et déportés sur des serveurs. En soi, cette technologie n'est pas nouvelle et existait déjà à l'époque des mainframes. « On revient à ce que l'on a connu il y a 20-30 ans avec IBM mais on l'applique sur des équipements x86 » reconnait Philippe Breider, responsable développement chez VMware (en illustration principale).
D'un point de vue fonctionnel, la virtualisation du poste de travail de type VDI s'apparente, pour l'utilisateur à la virtualisation de la présentation (bureau distribué), très répandu par Citrix notamment, avec pour différence que les utilisateurs n'ont pas accès à l'ouverture d'une session ou d'un bureau partagé, mais bénéficie d'un système d'exploitation client complet. « Un bureau publié est plus dépouillé qu'un poste virtualisé en VDI » précise Christophe Corne, président du directoire de Systancia. Aujourd'hui, deux acteurs dominent ce marché, VMware avec son offre View et Citrix avec XenDesktop (plus de 80% de parts de marché à eux deux selon Gartner).
D'autres acteurs sont également présents comme Microsoft Suite VDI, IBM Virtual Desktop ou encore les français Systancia Applidis Fusion4 et Neocoretech et sa solution NDV (Neocoretech Desktop Virtualisation) qui repose sur le KVM de Linux. «La solution Neocoretech se distingue par sa simplicité d'utilisation et son prix très accessible, une solution qui séduit les PME » tient à indiquer Sylvaine Dekeyrel, responsable marketing virtualisation chez Nec IT PS EMEA dont l'entreprise est partenaire de Neocoretech. IBM avec son offre VDI Virtual Desktop For Smart Business pour les PME s'inscrit également dans cette simplicité. Pour IBM, les petites et moyennes entreprises n'ont pas toujours les compétences pour faire face à la complexité de la VDI.
Des clients encore rares... un démarrage en douceur
« En France, la technologie VDI démarre, les projets sont plutôt en phase de test ou de sites pilotes, l'année 2010 n'a pas tenu ses promesses en terme de réalisation de projets à cause de la crise, mais nous sommes optimistes pour 2011» indique Carla Coelho, responsable produits EMEA pour Wyse Technology. En France, quelques clients importants ont franchi le pas du VDI comme Agrica (déjà 550 postes), la CCI de Lyon (80 postes) ou encore la Chambre régionale du Languedoc Roussillon (voir partie 3 cas client). «Nous constatons une demande de plus en plus importante de la virtualisation des postes de travail VDI dans l'hexagone. Je ne peux pas vous citer les noms de nos clients mais nous avons parmi nos références, un grand groupe de distribution qui va migrer 7000 postes, je peux vous citer également le secteur public avec des grandes mairies mais aussi quelques grands comptes qui sévissent dans l'industrie et le BTP» avoue Philippe Breider. De son côté, Neocoretech revendique 80 clients pour 4000 postes virtualisés, essentiellement des PME. Malgré cet optimisme ambiant, on le voit bien, sur le terrain les projets restent assez confidentiels.
Windows 7 : un impact fort sur le VDI ?
Mais les choses semblent bouger et Windows 7 pourrait être l'élément déclencheur à l'adoption massive de la virtualisation des postes de travail. En effet, la fin du support de Windows XP (programmé en 2014) oblige de nombreuses d'entreprises à envisager de mettre à niveau leur système d'exploitation. Partant de ce constat, les services informatiques prêtent davantage attention aux modèles de bureaux virtuels pour une remise à plat complète de leurs postes de travail. « Windows 7 peut encourager l'adoption massive de la virtualisation des postes de travail, je vois déjà deux raisons, ce système d'exploitation est en ligne avec la nouvelle version du protocole RDP (Remote Desktop Protocol) et surtout, il a bien meilleur presse que Vista » commente Sylvaine Dekeyrel.
Pour Christophe Corne, Seven fait partie des éléments déclencheurs, tout comme l'est aussi le cycle de renouvellement des postes de travail en entreprise. Reste que les périodes de certification en entreprise sont très longues ce qui pourrait aussi expliquer l'émergence tardive de la technologie VDI. Enfin, l'utilisateur a aussi un rôle important puisqu'il est en contact direct avec sa machine. Pour Mathieu Bourreau, responsable marketing produits Windows chez Microsoft, la virtualisation du poste de travail, quelle que soit la technologie utilisée ne doit pas être synonyme de compromis. L'utilisateur a besoin d'un client riche.
Illustration principale : Philippe Breider, responsable développement chez VMware