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Infrastructure & CloudGrand dossier5 articlesPublié le

Virtualisation : Après les serveurs, les postes de travail pour réduire les coûts

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

La virtualisation des postes de travail VDI (Virtual Desktop Infrastructure) émerge doucement en France, quelques projets sont en cours de déploiement.... Il est encore aujourd'hui prématuré de mesurer l'impact réel de cette technologie.

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Article 1 sur 5

VDI : encore peu de projets..., mais Windows 7 en garant

Par La RédactionPublié le 6 avril 20114 min de lecture

Selon Morgan Stanley, le marché du VDI est certes encore au stade de technologie émergeante mais décolle fortement. L'estimation la plus probable aujourd'hui varie entre 3 et 4 millions de postes virtualisés en VDI dans le monde. En 2014, Morgan Stanley prévoit que ce chiffre passerait à plus de 46 millions.  Rappelons que la technologie VDI, terme inventé en 2006 par VMware consiste à ne plus installer ni système d'exploitation ni applications sur les postes de travail. Ils sont virtualisés, et déportés sur des serveurs. En soi, cette technologie n'est pas nouvelle et existait déjà à l'époque des mainframes. « On revient à ce que l'on a connu il y a 20-30 ans avec IBM mais on l'applique sur des équipements x86 » reconnait Philippe Breider, responsable développement chez VMware (en illustration principale).

D'un point de vue fonctionnel, la virtualisation du poste de travail de type VDI s'apparente, pour l'utilisateur à la virtualisation de la présentation (bureau distribué), très répandu par Citrix notamment, avec pour différence que les utilisateurs n'ont pas accès à l'ouverture d'une session ou d'un bureau partagé, mais bénéficie d'un système d'exploitation client complet. « Un bureau publié est plus dépouillé qu'un poste virtualisé en VDI » précise Christophe Corne, président du directoire de Systancia. Aujourd'hui, deux acteurs dominent ce marché,  VMware avec son offre View et Citrix avec XenDesktop (plus de 80% de parts de marché à eux deux selon Gartner).

D'autres acteurs sont également présents comme Microsoft Suite VDI, IBM Virtual Desktop ou encore les français Systancia Applidis Fusion4 et Neocoretech et sa solution NDV (Neocoretech Desktop Virtualisation) qui repose sur le KVM de Linux. «La solution Neocoretech se distingue par sa simplicité d'utilisation et son prix très accessible, une solution qui séduit les PME » tient à indiquer Sylvaine Dekeyrel, responsable marketing virtualisation chez Nec IT PS EMEA dont l'entreprise est partenaire de Neocoretech. IBM avec son offre VDI Virtual Desktop For Smart Business pour les PME s'inscrit également dans cette simplicité.  Pour IBM, les petites et moyennes entreprises n'ont pas toujours les compétences pour faire face à la complexité de la VDI.

Des clients encore rares... un démarrage en douceur

« En France, la technologie VDI démarre, les projets sont plutôt en phase de test ou de sites pilotes, l'année 2010 n'a pas tenu ses promesses en terme de réalisation de projets à cause de la crise, mais nous sommes optimistes pour 2011» indique Carla Coelho, responsable produits EMEA pour Wyse Technology. En France, quelques clients importants ont franchi le pas du VDI comme Agrica (déjà 550 postes), la CCI de Lyon (80 postes) ou encore la Chambre régionale du Languedoc Roussillon (voir partie 3 cas client). «Nous constatons une demande de plus en plus importante de la virtualisation des postes de travail VDI dans l'hexagone. Je ne peux pas vous citer les noms de nos clients mais nous avons parmi nos références, un grand groupe de distribution qui va migrer 7000 postes, je peux vous citer également le secteur public avec des grandes mairies mais aussi quelques grands comptes qui sévissent dans l'industrie et le BTP»  avoue Philippe Breider. De son côté, Neocoretech revendique 80 clients pour 4000 postes virtualisés, essentiellement des PME. Malgré cet optimisme ambiant, on le voit bien, sur le terrain les projets restent assez confidentiels.

Windows 7 : un impact fort sur le VDI ?

Mais les choses semblent bouger et Windows 7 pourrait être l'élément déclencheur à l'adoption massive de la virtualisation des postes de travail. En effet, la fin du support de Windows XP (programmé en 2014) oblige de nombreuses d'entreprises à envisager de mettre à niveau leur système d'exploitation. Partant de ce constat, les services informatiques prêtent davantage attention aux modèles de bureaux virtuels pour une remise à plat  complète de leurs postes de travail. « Windows 7 peut encourager l'adoption massive de la virtualisation des postes de travail, je vois déjà deux raisons, ce système d'exploitation est en ligne avec la nouvelle version du protocole RDP (Remote Desktop Protocol) et surtout, il a bien meilleur presse que Vista » commente Sylvaine Dekeyrel.

Pour Christophe Corne, Seven fait partie des éléments déclencheurs, tout comme l'est aussi le cycle de renouvellement des postes de travail en entreprise. Reste que les périodes de certification en entreprise sont très longues ce qui pourrait aussi expliquer l'émergence tardive de la technologie VDI. Enfin, l'utilisateur a aussi un rôle important puisqu'il est en contact direct avec sa machine. Pour Mathieu Bourreau, responsable marketing produits Windows chez Microsoft, la virtualisation du poste de travail, quelle que soit la technologie utilisée ne doit pas être synonyme de compromis. L'utilisateur a besoin d'un client riche.

Illustration principale : Philippe Breider, responsable développement chez VMware

Article 2 sur 5

VDI : moins de maintenance, des coûts d'administration réduits mais plus d'investissements...

Par La RédactionPublié le 6 avril 20114 min de lecture

« Le VDI est une technologie de virtualisation qui répond à des besoins spécifiques avec un accès sécurisé. Pour des besoins moins critiques, les entreprises sont plus enclins à adopter des solutions de bureau publié accessible directement depuis un PC» précise Guillaume Le Tyrant responsable marketing chez Citrix (voir illustration principale). Un avis que partage Olivier Petit, chef de produit serveurs chez HP qui met aussi en avant la simplicité dans la gestion des postes de travail (moins d'inventaires, une mise à jour globale et plus par poste, etc.) avec le VDI et les gains réalisés sur la consommation d'énergie. Autre avantage : la réduction des coûts sur les postes de travail. «Un PC s'amortit en moyenne sur 3 à 4 ans alors qu'un client léger peut s'amortir sur sept ans, sa durée de vie est incontestablement plus élevée » note Philippe Breider, responsable développement chez VMware.

Gains sur la maintenance et l'administration

Avec le VDI, les spécialistes relèvent aussi des bénéfices sur les coûts d'exploitation (Opex). « Les économies réalisées en termes de maintenance, d'exploitation et d'administration sont perceptibles, de l'ordre de 30 à 50% » reconnaît Jean Pierre Perdu, consultant transformation IT chez Sogeti. C'est surtout valable pour les grandes entreprises qui comptent plusieurs milliers de postes sur plusieurs sites. «Selon nos calculs, la virtualisation de postes de travail engendre un gain de 50% sur les coûts d'administration de parc. Quant au coût de support par utilisateur, il est divisé par deux » rapporte Guillaume Le Tyrant de Citrix.

Le VDI facilite aussi la reprise d'activité en cas de crash et donne aussi plus de flexibilité aux entreprises qui peuvent réduire ou augmenter les postes utilisateurs suivant leur niveau d'activité. Reste pour les fournisseurs à convaincre les décideurs IT en orientant le discours vers l'Opex qui couvrent tous les aspects des coûts d'exploitation (maintenance, administration etc.) car ces mêmes décideurs IT capitalisent le plus souvent sur le Capex (dépenses d'investissement).

Un investissement important en termes de stockage et de serveurs ?

L'investissement est d'ailleurs considéré comme l'un des freins à l'adoption du VDI. En effet, le coût d'une infrastructure VDI est relativement élevé. « Son déploiement réclame des achats de serveurs et surtout des capacités de stockage importantes» souligne Thierry Koehrlen, co-fondateur de Ulteo, un spécialiste de la virtualisation des applications en Open Source. Selon l'intégrateur Avanade, ses clients sont nombreux à ne pas franchir l'étape du VDI car ils considèrent que cela leur couterait plus cher que le poste de travail classique, dont le prix est aujourd'hui relativement faible. « Dans le choix d'une infrastructure VDI, il faut bien comprendre qu'en moyenne un serveur virtualisé gère 25 postes clients, imaginez l'investissement pour une grande structure de 20 000 postes, c'est l'achat de 1 000 serveurs, sans compter le stockage» indique Ronald Bainey, directeur technique d'Avanade qui préfère recommander dans certains cas la vitualisation des applications.

De son côté, Neocoretech met en avant sa solution VDI NDV (Neocoretech Desktop Virtualisation) qui limite le nombre de réplication des images  et de ce fait réduit les besoins de stockage. «En terme d'investissement, nous sommes très proches d'un PC standard puisque notre solution revient à 400/500€ par poste en incluant les licences, les clients légers et les serveurs pour l'infrastructure, nous garantissons un ROI sur un an » détaille Wilfrid Albersdorfer, président de Neocoretech. Si les besoins de stockage peuvent faire débat suivant la technologie VDI adoptée et la taille de l'entreprise, une chose est sûre, il n'y a pas de gains sur les licences. Les entreprises devront s'acquitter d'autant de licences qu'il existe de postes de travail connectés à un environnement virtuel dans le système d'information.

Quelques freins techniques subsistent

D'un point de vue technologique,  le VDI est toujours pénalisé par un certain nombre de défauts comme la gestion des périphériques USB dont certains fabricants ne respectent pas toujours les préconisations de la norme. De même, la vidéo bidirectionnelle (utilisée par les systèmes de visioconférence ou le multimédia en général) pose des problèmes de synchronisation. A ce titre, certains protocoles comme RemoteFX ou Spice de Red Hat tentent de répondre à cette difficulté. Par exemple, Spice  est conçu pour optimiser les performances en adaptant automatiquement la qualité graphique à la bande passante réseau disponible.

«Au-delà de l'aspect graphique et vidéo, c'est tout le réseau qui doit être de qualité irréprochable pour un bon fonctionnement VDI»
confirme Thomas Lee, directeur de la division serveurs chez HP. Enfin, l'impression est souvent un point oublié lors d'un projet de VDI. « Le système d'impression dans les entreprises est complexe, Il y a des cas ou le driver ne fonctionne pas tout simplement. Il est donc important d'utiliser des drivers universels» résume Christophe Corne. Une impression centralisée est, à ce titre, la solution idéale pour un déploiement VDI.

Illustration principale : Guillaume Le Tyrant responsable marketing chez Citrix

Article 3 sur 5

La virtualisation d'applications : deux approches pour un complément au VDI

Par La RédactionPublié le 6 avril 20112 min de lecture

«Avant de virtualiser les postes de travail, les entreprises commencent souvent par virtualiser les applications » reconnaît Guillaume Le Tyrant, responsable marketing chez Citrix. Un avis que partage Avanade dont l'intégrateur mentionne que la virtualisation des applications doit être le premier chantier dans la virtualisation des postes de travail. Selon une enquête réalisée par le cabinet d'études ITIC (Information Technology Intelligence Corp.) en 2010 sur plus de 800 entreprises internationales, la virtualisation d'applications serait en progression de 15% en un an.

La virtualisation des applications consiste à ne pas installer physiquement les applications sur le poste de travail. L'application est fournie par un serveur spécifique qui met à votre disposition cette application ainsi que son environnement qui lui est propre. « Il y a deux approches dans la virtualisation des applications, l'application publiée et l'isolation de l'application » détaille Mathieu Bourreau, responsable marketing produit Windows chez Microsoft. La technique de l'application publiée permet de virtualiser, de centraliser et de gérer les applications au sein du datacenter, pour ensuite les délivrer instantanément aux utilisateurs sous forme de service. Autrement dit, l'utilisateur peut accéder à ses applications de n'importe où et à tout moment par un simple navigateur internet ou par client installé sur son poste de travail. Cette méthode est surtout portée par Citrix et Ulteo (solution OVD).

Quant au deuxième procédé initié par VMware (ThinApp) et Microsoft (App-V), la virtualisation d'applications par isolation ou par "bulle applicative", elle consiste en l'installation par streaming d'une application directement sur le poste de travail. L'installation se fait d'une manière totalement isolée et indépendante par rapport au système d'exploitation. L'objectif de ces deux méthodes est de mieux gérer les cycles de vie des applications. Il existe quelques différences, si la technique de l'application publiée se distingue par sa simplicité, la technique de l'isolation des applications, quant à elle, permet de limiter le nombre de masters et de résoudre les problèmes d'incompatibilité entre une application et un système d'exploitation.

Crédit illustration : Microsoft

Article 4 sur 5

Les tablettes et les smartphones rattrapés par la virtualisation

Par La RédactionPublié le 6 avril 20112 min de lecture

« Nous avons de plus en plus de demande de la part des entreprises pour des accès en virtualisation depuis des appareils nomades, notamment autour de l'iPad » admet Wilfrid Albersdorfer, président de Neocoretech. Avec l'explosion des équipements mobiles, il est important de prendre en compte la virtualisation de ces équipements afin que l'utilisateur puisse retrouver son environnement de travail quel que soit le terminal (smartphone, tablette ou PC portable). «C'est la liberté d'action pour les entreprises » explique Jean-Pierre Perdu, consultant transformation IT chez Sogeti qui considère que des efforts restent à réaliser dans la gestion du mode déconnecté de ces terminaux surtout pour des multinationales.

Tous les spécialistes de la virtualisation que nous avons interrogé prennent plus ou moins en charge les terminaux mobiles. Pour Ronald Bainey, directeur technique d'Avanade, la technique de l'application publiée de Citrix est la meilleure solution pour les appareils nomades. Citrix gère ces applications nativement via un Receiver (client universel Citrix) disponible pour Windows, Mac, Unix/Linux, WebOS, Android, iOS, RIM, ChromeOS, Symbian, Dos, OS/2... Citrix adapte le service délivré aux capacités spécifiques du périphérique,  comme la prise en compte du tactile, l'adaptation ergonomique de l'OS ou des applications en fonction de la taille de l'écran par exemple. «Cela évite de se retrouver avec un bureau Windows sur un iPhone ce qui, bien que techniquement possible, reste discutable  d'un point de vue ergonomique» note Guillaume Le Tyrant de Citrix.

Quant à  Wyse, l'entreprise a récemment lancé le Wyse Pocket Cloud, une application qui garantit l'accès à son bureau virtuel depuis un Iphone ou un smartphone sous Android. Enfin, Vmware, de son côté indique que la prise en compte de ces équipements est au coeur de leur stratégie. Cela s'est traduit par la sortie d'un client View pour iPad et bientôt d'un client pour Android. Vmware poursuit aussi sa vision autour du produit Horizon permettant d'ouvrir les identités d'entreprise au Cloud Computing et d'intégrer de nouvelles méthodes de provisionnement et d'administration des applications et des données, en fonction de l'utilisateur et non plus du périphérique ou du système d'exploitation sous-jacent.

Article 5 sur 5

Cas client : Le Conseil Régional de Languedoc Roussillon virtualise plus de 3 000 postes en VDI

Par La RédactionPublié le 6 avril 20112 min de lecture

« Nous avions déjà mis en place 2 000 postes de travail virtualisés l'année dernière dans les lycées notamment dans les centres de documentation et d'information, dans les internats et dans certaines salles de classe» indique Michel Massol, chef du service accompagnement éducatif à la direction de l'éducation du Conseil Régional. Dans cette continuité, ce sont au total près de 3300 postes déjà virtualisés avec la solution XenDesktop de Citrix et le CR prévoit d'en installer bien davantage.

Le CR a choisi Citrix en raison de son expérience en matière de virtualisation et la richesse fonctionnelle de sa solution XenDesktop 4. La prestation a été réalisée et est infogérée par le Groupe RDI. Le choix de remplacer les postes de travail classiques par des clients légers HP 5145 et HP 5325 sous Windows XP est une évidence pour le CR. En effet, avec les ordinateurs classiques, le CR a rencontré des problèmes de vol mais surtout des difficultés pour maintenir le parc. « Les élèves avaient tendance à installer divers programmes qui polluaient les disques durs,  il fallait régulièrement les nettoyer ou les formater, sans parler de la prolifération des virus » résume Michel Masson.

De la VDI pour pallier à l'absence de support

Mais surtout le CR et les pouvoirs publics en général n'ont pas de service de maintenance dédié. Ce sont surtout les passionnés comme les employés ou les professeurs qui s'occupent de la maintenance à leurs heures disponibles. Hormis la maintenance, un autre avantage a déterminé le choix du VDI, c'est le coût. «Nous obtenons un gain de 20% dans l'adoption du VDI par rapport à une architecture classique et ce, en comptant les investissements dans la location de serveurs et les licences. De plus, nous avons réduit notre consommation électrique» rapporte Michel Masson.

Le VDI a aussi permis d'améliorer la sécurité (moins de virus, vérification des accès, etc.). Enfin, les élèves retrouvent le même environnement de travail de n'importe quel poste où ils se connectent. Ils obtiennent aussi une meilleure connectivité à l'Internet. En revanche, deux points restent à améliorer : la qualité du réseau local (commutateurs vieillissants) et l'impression qui, selon Michel Masson doit être centralisée avec le VDI.

Fiche récapitulative cas client

Client : CR de Languedoc Roussillon
Prestataire : le Groupe RDI
Projet : Virtualisation de 1300 postes en VDI

Solution technique retenue: Citrix XenDesktop 4 et clients légers HP 5145 et HP 5325
Durée du projet : 5 semaines
Budget : 400 000 €