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ASP : JD Edwards abandonne l'hébergement de ses applications
JD Edwards sort du marché de l'hébergement applicatif par la petite porte. L'éditeur américain du PGI OneWorld (ci-contre, la photo de son PDG Edward McVaney) a décidé de ne plus héberger lui-même ses produits phares et sa division JDe.sourcing a été discrètement renommée Application Service Provider (ASP) Solutions.
Les clients qui louaient en ligne les modules de OneWorld directement auprès de JD Edwards devront désormais faire appel à la vingtaine de partenaires ASP de l'éditeur, aux rangs desquels Arthur Andersen, Deloitte & Touche, IBM Global Services et Steria. L'aventure JDe.Sourcing aura duré à peine un an et a été mouvementée : dès le mois de mai 2000, JD Edwards démentait des rumeurs de son retrait du marché des ASP.
Avec cette décision, prise en octobre mais seulement publiée aujourd'hui, JD Edwards compte se recentrer sur son activité d'éditeur classique. Un retour aux sources nécessaire pour une société qui prévoit, sur son premier trimestre fiscal (clos le 31 janvier dernier), un chiffre d'affaires de 208 à 218 M$, inférieur de 6 à 10 % à celui du premier trimestre 2000, des ventes de licences stagnantes à 84 M$ et des pertes de l'ordre de 1 à 2 cents par action.
L'abandon de l'hébergement direct de ses applications par JD Edwards illustre le flottement sur le marché des ASP. Celui-ci était pourtant promis au plus beau des avenirs en 1999 et début 2000. Le Gartner Group envisageait un chiffre d'affaires mondial de 22,7 Md$ en 2003 et Forrester Research était encore plus dithyrambique en prédisant un marché de 21,2 Md$ dès l'an prochain. Seul AMR Research s'était montré plus circonspect : 4,7 Md$ en 2004. Le cabinet d'études, situé à Boston, réitère ses doutes sur la solidité du secteur des ASP : en 2002, 40 % des fournisseurs d'applications hébergées auront fait faillite ou auront été rachetés. Un chiffre qui passe à 60 % en tenant compte de l'ensemble des acteurs du marché des ASP (hébergeurs, fournisseurs de services à valeur ajoutée, opérateurs réseaux...).
Des perspectives qui paraissent sensées au regard des expériences malheureuses des grands éditeurs. Depuis la fin 2000, les mauvaises nouvelles s'accumulent, Microsoft a publiquement reconnu qu'Office Online, son service de location en ligne d'Office 2000 était un échec http://www.weblmi.com/daily/2000/1127/aspok.htm. Toutefois, l'éditeur de Redmond ne désarme pas et envisage toujours un système d'abonnement pour Office XP http://www.weblmi.com/daily/2000/1114/abokroffice10.htm, le successeur d'Office 2000... De son côté, Oracle a d'abord tenté de louer lui-même en ligne ses applications dans le cadre du programme Business Online, avant de se résigner à faire appel à des partenaires http://www.weblmi.com/daily/2000/0801/asp.htm. Lundi dernier, lors de la conférence Oracle Apps World, Mark Jarvis, vice-président marketing de l'éditeur, qualifiait l'expérience de Business Online de "cauchemar. Il faut adapter les applications au système d'hébergement, les clients demandent à voir sur quelles machines elles sont déployés... Nous avons découvert qu'Oracle devait être responsable de tout. Si un de nos routeurs tombe en panne, c'est l'horreur. Nous devons nous en préoccuper alors que nous ne sommes même pas concernés..."
Des propos à méditer, tant pour les fournisseurs de services applicatifs que pour les entreprises tentées par la location en ligne de logiciels.
